Pourquoi faut-il sauver le ver de terre ?

par Christophe G
dimanche 29 avril 2018

J'en conviens, la question pourrait être risible face aux grands enjeux économiques mondiaux ; sauf que le projet de sauvetage est bien économique et agronomique avant d'être écologique ; sauf que le ver de terre est en voie d'extinction dans beaucoup de sols cultivées.

Le ver de terre est au cœur
de la TRANSITION écologique !

Eh oui, l'avenir de nos générations futures repose aujourd'hui sur cette bestiole qui vit dans la terre et qui représente la première biomasse animale terrestre. Mais comme le ver de terre est le premier marqueur de la bonne santé des sols, son absence indique clairement que les sols sont malades. Et un sol en mauvaise santé et à l'image d'un sein à sec, il n'est plus nourricier. Entendez, nos enfants vont souffrir de la faim.

En effet, outre d'avoir de l'eau potable à disposition, le minimum vital du bien-être réclame d’avoir le ventre plein. Rien de pire que de l'entendre crier famine. Mais comme 95 % de notre alimentation dépend des sols, et que les sols disparaissent avec les vers de terre sous les effets de l’érosion, une érosion amplifiée par l’absence de vers de terre... nul besoin d’un dessin pour saisir que nous leur préparons un dessein funeste.

Alors pourquoi le ver de terre est-il au cœur de l’alimentation de demain ? Parce qu'il possède un pouvoir !

Le POUVOIR du ver de terre

Et un pourvoir qu'il est le seul à posséder. Pas un pouvoir surnaturel, mais celui de labourer en permanence les sols pour les garder jeunes, frais, aérés, dynamiques, fertiles. Raison pour laquelle on le désigne comme la colonne vertébrale des sols, l'ossature de la fertilité.

Mais attention, pas tous les vers de terre, seulement quelques espèces à l’image du ver de terre commun, ce gros lombric terrestre qui vit dans un terrier vertical entre argile et air libre. Et son pouvoir ne s’arrête pas là puisqu’il court-circuite le cycle de l’azote et du phosphore, ses urines étant directement assimilables par les plantes.

Souvenons-nous que dans un sol non vivant, les plantes sont incapables de pousser toutes seules pour une raison toute bête. D'abord, comme le ver de terre, la plante ne mange pas de la terre, et encore moins des cailloux. Ensuite, parce que c’est la vie souterraine qui crée la fertilité. Et pour une plante, un sol infertile est comme un ventre vide. Et la seule alternative à l’infertilité est la chimie. En agriculture chimique, on appelle ça cultiver sans tenir compte du sol, c'est la culture hors sol.

Le pétrole et la chimie,
les seules ALTERNATIOVES au ver de terre.

Mais comme la chimie tue la biodiversité et en premier la vie du sol, c'est une voie qui ne présente aucun avenir glorieux, sauf pour les actionnaires des multinationales. Une aubaine pour ces gens-là, puisque l'avantage de la chimie est de réclamer toujours plus de chimie. Raison pour laquelle la consommation de pesticides et d'engrais chimiques n'a cessé d'augmenter ces 50 dernières années.

Mais la dé-fertilisation des sols a aussi entraîné une surconsommation de pétrole ces 50 dernières années. Et comme le brûlage des énergies fossiles pour faire de l'énergie alimentaire est le moteur du bouleversement climatique, on a franchement du mal à comprendre pourquoi on s’obstine dans cette direction.

Le ver de terre est le CERVEAU de
l'agriculture durable.

À pas de loup, on commence à comprendre que le pesticide n'est pas l'avenir de l'Homme, enfin de l'humain. En revanche, le ver de terre est aujourd’hui unanimement reconnu comme l’auxiliaire le plus précieux pour une agriculture durable et économe en énergie. D’abord, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, ensuite parce qu'il marche à l'énergie musculaire, l'énergie la moins polluante ; et enfin parce qu'il économise le fer de la charrue.

Le grand OUBLIÉ de l'histoire agricole

Pendant longtemps, le ver de terre a été victime de l’ignorance et des préjugés au point d’être considéré comme un ennemi des cultures. Vous me direz que l’araignée n’a pas connu un meilleur sort alors qu’elle est un auxiliaire aussi précieux que l’abeille. Mais vu la maltraitance encore infligée à l'abeille alors que sa fonction écologique est incontestable, on peut craindre le pire pour le ver de terre, à savoir qu'il reste cloîtré dans les oubliettes de l'histoire.

L'EFFONDREMENT

L’avenir d'une humanité radieuse repose donc sur ces infatigables laboureurs qui rajeunissent en permanence les sols nourriciers. Mais voilà, depuis 50 ans, les populations s’effondrent au point d’être passées dans certaines régions française de grandes cultures de 2 tonnes de poids vifs à 50 kg ! Et l’effondrement continue, accentué par l’industrialisation de l’agriculture.

Sauver le ver de terre,
l’un des premiers marqueurs de la biodiversité

Dans le cadre de l'appel à projets du ministère de la Transition écologique, je porte ce projet sauvetage. Et il est soumis à un vote citoyen jusqu’au 11 mai prochain. Et même s'il est en 3eme position des projets préférés des Français à ce stade de l'élection, ce n'est pas le projet préféré du ministère...

Un paradoxe pour ce projet militant vise à informer les futurs et les jeunes agriculteurs du potentiel économique qu'ils ont sous les pieds. Aussi, pour faire vivre la voie du ver de terre, rien de plus simple : enregistrez vous sans oublier de valider votre adresse mail, puis cliquez sur Je vote pour.

Christophe G.
du Jardin-vivant.

 


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