Premier bilan du gouvernement

par POlivier
jeudi 7 février 2013

Une fois n’est pas coutume, parlons politique. Dans la conscience générale, lorsqu’on parle d’écologie, on évoque forcément la gauche, voire, l’extrême gauche, voire, l’écolo-bobo. Seulement, depuis bientôt un an, nous sommes dans un gouvernement dit de gauche, alors, l’écologie va mieux ? Désolé de vous réveiller en plein rêve, mais, pas du tout. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est pire, c’était déjà assez effroyable avant, mais ce n’est pas du tout mieux, en un an, de nombreuses mesures prouvent, une fois de plus, que l’écologie est apolitique : que ce soit de gauche ou de droit, elle est bafouée, voire, violée et salie de façon récurrente.

Pour commencer, le gouvernement de gauche avait, pour embrigader les écolos, promis la fermeture de la plus veille centrale nucléaire de France, Fessenheim. Un joli discours bien mis en avant pour prouver l’aspect écolo du gouvernement, qui n’est en réalité qu’un tour de passe passe de bas étage, puisqu’en même temps, on parle d’ouvrir une nouvelle centrale, dit de 3ème génération. Et puis, même si la fermeture est pour le moment encore prévu, la date a été « fixée » a dans 4 ans au mieux, sans oublier que le délégué à la fermeture de la centrale n’a toujours pas pu pointer le bout de son nez là bas… Et tout ceci, sans parler de la logique même de cette consommation effrénée à l’énergie, qui n’est qu’une voie sans issue : la fermeture de Fessenheim n’a jamais remis en cause la consommation d’un point de vue globale, et donc, d’un point de vue écologique, cette décision est nulle ou quasi nulle : tant que la consommation ne baissera pas et/ou que les énergies utilisées ne seront pas durables, on pourra fermer autant de centrales qu’on voudra, ça ne changera pas grand chose au fond du problème.

 

Puis vint la meilleure mesure qu’on ait eu depuis des années, venant de la Ministre (avec un M majuscule pour le coup) de l’écologie Nicole Bricq, celle de suspendre tout les permis de forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane, qu’elle juge polluantes et destructeurs de la faune et de la flore, à raison, en évoquant au même moment le code minier « inadapté et obsolète » ainsi que « permis exclusif de recherches à un consortium privé sans contrepartie suffisante pour l'intérêt national », prouvant ainsi non seulement son attachement aux intérêt nationaux, ce qui est suffisamment rare pour le souligner, mais aussi et surtout son souci de réellement protéger l’environnement, ce qui, théoriquement, est le but de tout Ministre de l’écologie… Mais cette vision des choses si écologiste ne fut pas vu d’un bon œil, et sa bonne vision des choses lui valu son éviction du ministère. Eh oui ! Mauvaise pioche pour le gouvernement, il venait de mettre une personne compétente à un poste sensible ! Mince alors, vite, la remplacer par une personne plus docile, qui, depuis, n’a absolument rien fait. C’est mieux comme ça…

 

Mais les mauvais coups ne s’arrêtèrent pas là, bien au contraire, et parions que ce n’est qu’un début.

Bien sûr, sur le sujet de la chasse, rien n’a été fait, les accidents se multiplient une fois encore, avec toujours ce silence assourdissant (oui, c’est une blague) de la part des médias, qui préfèrent faire la une des journaux quand un requin tue une personne, avec une dizaine de tués par an (tués, et non pas dévorés comme on veut nous le faire croire), quand, dans la même période, plusieurs dizaines de gens se font tuer par des chasseurs irresponsables, et sans parler des nombreux blessés. D’ailleurs, sur ce point, merci à l’Aspas de vouloir faire bouger les choses, en ayant porté plainte contre le ministère de l’écologie, qui depuis 20 ans n’a strictement rien fait ni même tenté pour enrayer ce problème qui, malgré la baisse du nombre de chasseurs, ne diminue pas…

 

Ah oui, d’ailleurs, on ne vous l’avait pas dit ? Mais le premier « sinistre » est un fervent admirateur de la corrida, tellement que son conseiller a bien pris en compte la demande des pro corridas de faire interdire les manifestations aux abords des corridas…Pour quelle raison ? On ne nous l’explique pas, par contre on nous précise que les manifestations ne seront pas interdites, non ! Juste qu’elles devront se faire ailleurs. Un peu comme si les grèves des fonctionnaires seraient autorisées uniquement en dehors des heures de travail. Pas un pet du côté de la presse, tout juste des articles allant dans le sens de la mesure, qui semble alors, en lisant ces articles, totalement logique…

 

Mais attendez ! Ce n’est pas fini ! N’oublions pas le projet de l’aéroport de Notre dame des Landes, ou l’on vous a fait croire que le gouvernement allait être conciliant et envoyer des négociateurs pour que tout le monde trouve une issue pacifique, vous vous méprenez : la répression est de plus en plus forte, et on a bien l’impression, depuis le début, que l’Etat préfère écraser la manifestation pour aller au bout de SON avis sans jamais le remettre en question. N’est ce pas la définition d’un état totalitaire ? Chuuuuut….

 

Continuons ce petit tour d’horizon par une petite escapade dans les enclos… Oui, les enclos des loups, parce que ça vient de sortir, mais les loups viennent de recevoir leurs zones d’exclusion, des zones ou ils pourront être abattus gratuitement, enfin, on tente d’enrober cette décision avec des jolis mots, mais c’est bien de ça dont il s’agit : ne plus avoir de contrainte pour tuer les loups, et pour ce faire, on hésite pas à contourner la loi (rappelons quand même que les loups sont censés être protégés) pour le tuer sans autre raison qu’il ait foulé un lieu « sensible »… Reste à apprendre à lire aux loups, ces zones étant une véritable aberration à tout point de vue, qui ne prennent aucunement en compte le loup mais uniquement l’éleveur et ses élevages : on va droit à des massacres.

 

Et la visite continue, avec, autre sujet dit sensible du à une poignée de fanatiques, l’ours ! On le sentait venir, mais il n’y aura toujours pas de réintroduction d’ours dans les Pyrénées dans un futur proche, et parions sur le lointain aussi. On continue donc dans le maintien d’une minuscule population juste pour attirer les touristes et faire croire à un « pays de l’ours », et tant pis si la population qui a « été multipliée » par cinq (de 5 au départ, plus les réintroductions, au final, la population s’est à peine hissée, mais jouons avec les chiffres, c’est tellement rigolo de manipuler les gens) est de plus en plus consanguine…

 

On termine ce petit tour de même pas un an –il s’en est passé des choses négatives contre l’environnement dis donc- avec le plan loup, tant attendu, sorti ce mardi 5 février. Bilan ?

On commence par le positif, puisque le loup reste une espèce à protéger… Je dirais bien que c’est plus logique qu’autre chose, vu qu’avec la haine qui émane autour des quelques meutes existantes, le loup pourrait bien re-disparaître en moins d’un an, si il n’était pas protégé. L’autre bonne nouvelle, c’est que les déjà fameuses zones d’exclusions ont été remises en cause… Bon, c’est bien joli, mais ça ne les supprime pas pour autant, il va falloir attendre pour voir la suite.

On passe au négatif ? Je vous préviens, la liste y est plus longue… Ce plan va donc faciliter les procédures administratives permettant aux éleveurs de pratiquer des tirs et simplifier les indemnisations après des attaques ; le nombre de « prélèvements » (appelons cela des tueries, c’est le bon terme) pourra être ajusté selon les situations, et j’ai bien peur que ces ajustements ne seront que systématiquement revus à la hausse, en rapport non pas au nombre d’attaques, mais plutôt par rapport à la popularité du gouvernement… Si les éleveurs gueulent un peu trop, hop là, on leur offre 2-3 loups en pâture. Enfin, je spécule mais ce n’est pas encore effectif, on verra bien, mais je ne me fais pas d’illusion.

 

L’autre blague (qui n’est pas du tout drôle) concerne le nouveau but du plan loup : éduquer le loup. Késaco ? Eh bien, au lieu de tuer, on va tenter d’attraper le loup pour lui faire peur. Pourcentage de réussite : 0%. C’est un peu comme si on voulait éduquer les poissons en les pêchant : on essaye depuis des millénaires, sans succès, c’est qu’ils doivent être stupides… Ou tout simplement, c’est qu’ils le font pour leur survie ? Le loup comme le poisson comme tout animal (dont nous même, si si, arrêtez de croire qu’on est à part) sont des opportunistes : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Si vous avez faim et que vous trouver une pomme, allez vous vraiment aller jusqu’au marché du coin en acheter une ou plutôt en cueillir une sur le pommier d’à côté, quitte à prendre ce qui nous vous appartient pas ? C’est la même chose pour le loup.

Au lieu de tenter vainement d’éduquer les loups, l’Etat ferait mieux d’éduquer nos enfants, et arrêter de les lobotomiser avec « débats » sur le mariage gay et autre « sensibilisation à la nature » par des chasseurs, mais ceci sont d’autres sujets « sensibles ».

 

Bref, un bilan qu’on pourra dire catastrophique si l’on était défaitiste, moi, je dirais simplement que ce bilan va dans la continuité des choses, ce qui n’est pas vraiment mieux.

A quand le véritable renouveau de la société, basée sur le durable et le respect ?


Lire l'article complet, et les commentaires