Suivez leur panache blanc …

par C’est Nabum
lundi 9 juillet 2012

Plus d'une tour dans leur crack !

Vidéo : ici 

Mon dieu que je suis belle, monumentale et empanachée au milieu de la vallée. Sur la rive, à des lieux à la ronde, on ne voit que moi. Mon panache blanc d'abord, ce grand nuage de vapeur qui monte dans le ciel, ce signal qui mêle l'activité des hommes aux éléments tranquilles. Mes tours ensuite, plus hautes, plus fortes, plus menaçantes que celles des châteaux d'ici. Je veille désormais à la place des guerriers d'alors, j'assure la sécurité des peuples sous ma protection placide.

Je suis à deux pas d'une rivière, j'y prends l'eau qui deviendra vapeur, je me sers pour abreuver ma soif et transformer le feu de mes artères en volutes placides. J'ai besoin d'un petit barrage, d'une retenue d'eau pour prévenir les défaillances de l'onde. Je suis pourtant bonne fille, je prévois toujours un petit passage pour que le poisson franchisse ce joli pas !

Si vous ne savez où me trouver, un immense réseau de fils haut perchés, de pylônes qui se dressent fièrement dans les plaines alentours vous montrera mon chemin. Un petit bourdonnement attestera à tous de mon activité magique. Et que vous remontez la ligne, c'est vers moi, la source de tous ces réseaux, que vous convergerez enfin !

Si c'est du ciel que vous me cherchez, de grosses boules multicolores vous préviendront de ma présence. Prenez garde cependant à ne point me survoler, je suis un peu sourcilleuse, je souhaite préserver mon espace intérieur. J'ai d'ailleurs autour de moi de solides barrières, un réseau hérissés de fils barbelés, de lignes électrifiées. Il faut me mettre à l'abri des visiteurs importuns, des jaloux et des bien mal intentionnés …

Pour montrer à tous que je suis fréquentable et que ce qu'on peut dire de moi n'est que rumeur malveillante, des caméras sont pointées sur moi, pour montrer au monde que je suis paisible dame souriante et fort avenante. Si j'avais quelque chose à cacher, pensez-vous que je serais ainsi filmée sous toutes les coutures ?

J'ai encore bien des preuves de ma tranquille quiétude. Regardez ces troupeaux de moutons qui paissent à l'ombre de mes tours. Si vous aviez encore un soupçon, suivez bien le guide, je vous conduirais alors dans des serres laborieuses que je chauffe d'une eau bienfaitrice. Des fruits savoureux sortent de ces lieux, nul tracas ne doit désormais vous éloigner de moi ! Enfin, pour dissiper vos derniers doutes, observez ces poissons gigantesques qui croissent et se multiplient dans le fleuve à mes pieds !

Regardez encore ces foules immenses de curieux ébahis. Ils viennent m'admirer et certains, à l'esprit vif et à la curiosité aiguisée, demandent à être informés de mes activités. C'est alors avec bienveillance que des hommes de mes entrailles fourniront en toute objectivité, des informations sincères, des documents estampillés maison. C'est vous dire comme tout ceci donne des garanties !

Maintenant pénétrez dans le secret des lieux, aller au cœur de mes entrailles serait fission impossible. Je suis pudique et aime à m'entourer du secret. Je n'aime pas qu'on vienne me surveiller de trop près. Je ne veux rien vous cacher, tout simplement vous mettre à l'abri d'une défaillance si improbable qu'elle se saurait advenir. Pourtant, j'ai besoin de cette précaution excessive pour préserver des secrets technologiques que le Monde entier m'envie.

Voilà, vous savez tout ou presque. Je suis à votre service, vous éclaire et vous chauffe, vous irradie d'une énergie bienfaitrice, vous préserve du besoin et des menaces énergétiques venues d'ailleurs lointains. Je n'ai qu'un petit défaut, je ne sais que faire de mes déchets. J'en fais don aux générations futures, ils trouveront certainement remèdes pour rendre inoffensif ce qui pour longtemps encore, ne l'est toujours pas. Mais rassurez-vous, mes amis cherchent sa faille ?, un jour ou l'autre, ils trouveront.

Dans des pays lointains, des sœurs ont connu de très gros problèmes. C'est qu'elles n'avaient pas, les pauvrettes, les mêmes chevaliers servants. En France, c'est sans nul doute, ici que je suis le plus en sureté. Rien n'est à redouter de moi. Ne venez plus m'importuner ou je pourrais pour de bon me fâcher. Vous devriez savoir que j'ai la colère terrible et mes réactions sont si violentes que nul n'en survivrait.

Allons je m'emporte bien inutilement. Je suis ici chez moi. Personne ne reviendra jamais remettre en doute ce que je vous affirme du haut de mes turbines. Croyez bien que rien ni personne ne viendra me mettre des bâtons dans les roues. Même le Président, devant moi s'incline. Je vous suis indispensable, il n'y a pas à y revenir ! Ni débat, ni moratoire ou c'est moi qui vous en fera voir !

Nucléairement mienne.


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