Charte européenne des langues régionales : Hollande nourrit la guerre contre le français

par Laurent Herblay
samedi 6 juin 2015

Bien sûr, c’était une de ses promesses de campagne. Il y a 18 mois, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé sa ratification, mais François Hollande avait préféré se concentrer sur l’économie. Lundi, dans une lettre à un député breton, il a relancé la ratification de la charte européenne des langues régionales.

 
Nouveau délire européen
 
En 1992, les euros béats nous avaient vendu le principe de subsidiarité, selon lequel l’UE serait sensée gérer les domaines dont elle s’occuperait mieux que les Etats. Déjà, on peut contester cela car en général, l’UE est juge et partie. Et surtout, pourquoi donc l’UE se mêle des langues régionales parlées dans les pays membres ? Chaque pays a une culture différente et un rapport différent à la question régionale. Et, comme le notait Laurent de Boissieu, « le Conseil constitutionnel a(vait) donc logiquement jugé qu’une telle reconnaissance de minorités linguistiques porterait ‘atteinte aux principes d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français  ». Ceci impose au gouvernement de passer par la lourde procédure d’un Congrès pour faire une loi constitutionnelle.
 
Comme le note Laurent de Boissieu « en réalité, cette charte a pour objet de permettre la reconnaissance de minorités (ou ‘groupes’ de locuteurs à l’intérieur des ‘territoires’ dans lesquels ces langues régionales sont pratiquées) jouissant de droits collectifs, notamment le ‘droit imprescriptible’ de pratiquer une langue régionale minoritaire non seulement dans la ‘vie privée’ (ce qui est bien entendu le cas actuellement) mais également dans la ‘vie publique’, c’est-à-dire dans les relations avec les administrations et les services publics  ». Cette charte porte en elle une possible et scandaleuse remise en question du fait que le français soit notre seule et unique langue officielle. Et que dire de l’énoncé hallucinant, caricatural et ridicule du projet de loi qui sous-entend une forme de persécution totalement imaginaire !
 
Le français attaqué sur tous les fronts
 
Alors même que le niveau des élèves en français diminue, le gouvernement trouve le moyen de promouvoir parallèlement l’apprentissage des langues régionales, à travers cette charte européenne, qui leur donnerait des droits dont elles n’ont pas besoin, et la promotion toujours grandissante des langues étrangères, anglais en tête. En clair, la majorité déshabille le français pour habiller le breton, le basque, l’anglais et le chinois. En effet, le gouvernement veut promouvoir l’apprentissage de l’anglais dès le primaire, son projet contesté de réforme du collège introduit l’apprentissage de deux langues étrangères dès la 5ème au lieu de la 4ème et il avait également étendu les possibilités de cours en anglais avec le projet Fioraso. On peut aussi rappeler que la Banque de France ne se soucie plus de publier en français…
 
On retrouve avec cette charte, la traditionnelle alliance entre cette europe et les régions pour affaiblir les Etats-nations qui lui font encore de la résistance. Cette remise en question est d’autant plus importante que l’Europe est secouée par une vague de régionalismes menaçant l’unité nationale, en Espagne et en Grande-Bretagne notamment et que rien n’est fait pour empêcher la progression de l’anglais comme lingua franca de l’espace européen. Il est révoltant que l’UE fasse une telle propagande contre les langues officielles des Etats qui la composent. Il est difficile de ne pas y voir un nouveau moyen d’affaiblir les Etats-nations dont la langue est un des piliers. Le gouvernement ferait bien de concentrer ses efforts sur l’apprentissage de notre langue commune à tous, le français et réduire l’invasion de l’anglais.
 

Sur la question linguistique, en maltraitant le français, abandonné pour promouvoir langues régionales et étrangères, le gouvernement se fait le parti de l’étranger. Pourtant, la nation, c’est notre identité, notre famille et notre solidarité. Car ce faisant, il semble chercher à la dissoudre petit à petit.


Lire l'article complet, et les commentaires