Deux écoliers en retenue pour n’avoir pas voulu prier Allah

par Blaise
lundi 7 juillet 2008

Deux élèves anglais ont été gardés en retenue. Ces deux garnements de 11 à 12 ans avaient refusé de se couvrir la tête et de prier Allah au cours d’une séance de travaux pratiques sur les religions.

En conséquence, ils ont été "collés", et une jeune fille, qui ne récitait pas correctement la prière, "dans une autre langue", a été réprimandée elle aussi... (Les jeunes gens ne sont plus ce qu’ils étaient ! Ils n’écoutent plus rien...)
S’agit-il d’un simple fait-divers ? Peut-être. Mais la suite paraît plus intrigante encore... à travers les réactions des parents, outrés à juste titre.
Ce cours d’éducation sur les croyances religieuses commençait selon les parents par un court métrage sur l’islam, à la suite duquel le professeur a demandé aux élèves de mettre une "coiffure islamique" (cela semblait aussi inclure le port du foulard islamique) et de s’agenouiller pour prier Allah.
Par la suite, les deux garçons sont gardés en retenue suite à leur refus de s’exécuter, et les autres élèves privés de récréation. Les parents, scandalisés, s’en ouvrent à la presse, notamment auprès du Daily Mail, qui relate l’affaire, avant que d’autres journaux ne viennent relayer l’information.
Dans leurs explications les parents ont tout l’air de s’excuser de leurs récriminations et commencent par se justifier. "Je comprends, commence un parent", qu’ils doivent connaître les religions", avant d’ajouter que, dans le cas présent, cela va trop loin... Un autre parent se dit surpris, les enfants ne sont pas musulmans et ont été réprimandés, "ce n’est pas bien", estime-t-il, avant de s’énerver car ils étaient aussi accusés d’avoir "manqué de respect"... Ce parent avait bien pris soin auparavant de déclarer n’avoir aucun problème sur l’idée que "les enfants doivent connaître les autres religions".

Un grand-père intervient lui aussi et commence par se dire non raciste, il a un vieil ami de trente ans, indien, et serait même allé à un mariage musulman ! Il remarque, ensuite, que, si des musulmans étaient contraints d’aller à l’église pour la communion, ce serait tout simplement la guerre...
Enfin une autre mère relate comment sa fille a été réprimandée, ne faisant pas bien la prière, pour la première fois et dans une autre langue. Le lecteur s’en doute certainement, cette brave mère de famille, avant de livrer son témoignage, indique n’avoir rien contre le fait que sa fille apprenne à connaître d’autres religions, "un minimum d’information ne faisant pas de mal"...
Pourquoi toutes ces explications ? C’est pourtant une évidence, le professeur est allé trop loin, les explications préalables des parents, se disant non-racistes, imaginant la réaction d’un musulman à leur place, témoignent bien d’une ambiance générale, pour des personnes toujours soupçonnées d’être racistes, même concernant une religion dans laquelle, pourtant, se retrouvent toutes les composantes de la société, issues de chaque continent (1).
Pour le directeur adjoint de l’établissement britannique, il est "honteux" que les parents se soient mis en relation avec la presse avant de s’adresser à lui.
L’enseignement des différentes croyances religieuses figure dans le programme scolaire, sur la diversité, il ajoutera que, bien sûr, il faut agir avec un certain sens de la sensibilité ("We accept that such teaching is to be conducted with some sense of sensitivity"). L’enseignant concerné n’a pas encore fait connaître sa version suite aux plaintes des parents.
Mais le personnel de l’établissement est actuellement absent pour cause de vacances scolaires, et donc, inch Allah, on en saura plus à son retour...
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1- Tout cela me permet de rebondir sur l’article de Paul Villach, suite à son très intéressant article, concernant l’anti-racisme, dont tout l’objet reposait sur la définition à donner au mot "manipulation" utilisé malencontreusement, selon lui, dans mon article sur un reportage néerlandais, qui tendait à égarer le spectateur en simulant une scène de "racisme", ou plutôt de "discrimination" de la société néerlandaise à l’égard des femmes voilées.
Je n’avais pas non plus utilisé le mot "anti-racisme" par hasard, comme l’observatoire de l’OCI dans son rapport (le premier et le seul sur l’islamophobie), lequel envisage de promouvoir dans le monde médiatique une bonne vision de l’islam, pour lutter contre "l’islamophobie". Je tâcherai de revenir un jour sur ce rapport, passé curieusement inaperçu. Il est vrai qu’il assimile aussi les émeutes des banlieues françaises de novembre 2005, à une réaction à l’islamophobie de la société française.

L’antiracisme est aujourd’hui un concept qui, à l’égal du "vivre-ensemble", recouvre différents aspects de la société. Ici les enfants sont accusés de "manquer de respect" et les parents, avant de protester, jugent bon de bien signifier auparavant ne pas être racistes... au cas où, ceci au sujet de la diversité. Si l’anti-racisme fonctionne si bien, c’est qu’il est ici admis que le "racisme" (dans un sens plus large) est une mauvaise chose, mais le concept ne fonctionnerait pas par exemple en Egypte, par rapport aux Coptes.)

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