Fin de l’Europe ou début d’un grand rêve ?

par Jean-Paul Foscarvel
lundi 28 juin 2010

Une crise économique se transforme par la volonté des gouvernements en attaque systémique antisociale, pour aller où ?

L’ensemble des gouvernements européens se trouve confronté à une problème majeur de soutenance de la politique économique.
 
Suite à la crise des années 2008, due à des anticipations erronées, un emballement des crédits, et un retournement du marché de l’immobilier, les banques se sont trouvé en sérieuse difficulté, et ont été secourues par les Etats, sans que ceux-ci dans la plupart des cas n’entrent dans leur capital.
 
Aujourd’hui, ces mêmes Etats se retrouvent eux-mêmes en difficulté par la dette créée, et se retournent vers les banques, qui leur demandent des politiques drastiques d’économie, soumettant la population à des conditions de vie et de travail nettement dégradées.
 
Les politiques de réductions sortent toutes plus ou moins au même moment, avec des éléments très similaires :
Ces mesures touchent d’abord les plus pauvres, les plus démunis, et laissent intactes les fortunes des plus riches. Ces mesures font suite à la menace de baisse des côtes des Etats par des organismes privés anglo-saxons.
 
C’est-à-dire que le système financier impose aux Etats, à partir de la crise dont il est responsable, des mesures anti-sociales extrêmes. Certains Etats étant eux-même en tête sur ces aspects là : l’Allemagne de Merkel et la Grande Bretagne de Cameron.
 
On ne peut y voir un hasard. C’est l’Allemagne qui a imposé à l’Europe l’impossibilité de prêt direct entre la BCE et les Etats, laissant le contrôle final des budgets au secteur privé. On en voit bien la conséquence. Celui-ci non seulement s’enrichit de la dette des Etats, alors qu’il a auparavant été aidé par eux, mais en plus, il a un levier pour imposer une politique anti-sociale très dure, sans laquelle la note d’un pays risque de s’abaisser.
 
En Europe, désormais, la politique des Etats n’est plus décidée par les peuples, par ses dirigeants, mais par les banquiers, directement.
 
Pour lutter face à cela, les peuples utilisent leur arme habituelle, ils descendent dans la rue. Pays par pays, de façon non cohérente.
 
Et cela ne change rien : les banquiers n’ont que faire de la populace. Les gouvernements obéissent. Le gouvernement italien, face au million de protestants, a déclaré que c’était comme manifester contre la pluie.
 
Ces mesures draconiennes ne changeront pas les déficits, tout le monde le sait. Au contraire, elles créeront des conditions de récession qui ne feront qu’accroître le problème. La Chine et les USA critiquent l’Europe à ce propos : chacun veut que l’autre relance l’économie, tandis qu’il diminue lui son déficit.
 
La crise va donc s’amplifier, les notes dégringoler, les dettes s’alourdir, pour l’ensemble des Etats européens, mais aussi les USA.
 
Mais le pire est devant nous.
 
Soit une banqueroute généralisée a lieu, avec des défauts de paiement en cascades, soit une solution inattendue peut "sauver" les Etats.
 
La Grèce fait encore office d’avant-garde, qui commence à envisager sérieusement de vendre des îles aux entreprises. C’est-à-dire que pour se sauver momentanément du marasme économique, un Etat envisage sérieusement de vendre son territoire.
 
Allons plus loin. Car cela sera de courte durée.
 
Donc le pouvoir n’appartient plus aux dirigeants des Etats, mais aux dirigeants des consortium.
 
L’Etape ultime serait l’achat par les consortium des Etats eux-mêmes, avec un budget, mais aussi un règlement intérieur, décidé par eux, sans que la population, désormais employée, n’ait quelque mot à dire.
 
La fin définitive de toute démocratie, le remplacement du citoyen par l’employé, le subalterne, qui n’a rien à dire sinon il perd ses subsides.
 
La promesse de Dante réalisée : l’enfer pour les gueux, le paradis absolu pour les dorés.
 
Le rêve caché de Bildelberg  ?
 

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