Juncker est-il aussi fou qu’Hitler ? Non mais l’Occident va sur sa fin. L’Europe est dans l’impasse

par Bernard Dugué
jeudi 27 novembre 2014

L’Europe se sait plus d’où elle vient et où elle va. C’est ce que laisse entendre le pape François lors de son allocution aux dirigeants européens. Le regard de François est plus aiguisé que celui d’un autre François, celui qui hante l’Elysée et qui pratique le déni de réalité. La presse parle de Valérie, Nabila, Rachida et se complaît dans les polémiques. A défaut d’instruire les Français, cela les divertit ; ça évite de penser à la mort.

Les choses plus importantes se passent du côté de l’économie. Depuis 25 ans, la chute du mur, le néo-capitalisme décomplexé avance. On remarque la tendance de plusieurs courbes qui se suivent, notamment dans les pays européens et surtout en France. Les bénéficiaires de l’aide alimentaire ne cessent d’augmenter. Le chômage aussi, déjà élevé en 1990, avec une tendance haussière bien qu’il y ait eu quelques baisses conjoncturelles qui sont des fluctuations et non des tendances. Si le chômage est élevé, on ne peut plus invoquer une conjoncture. Le problème est structurel. La pauvreté a aussi une cause structurelle depuis 25 ans. Cette même période a vu les hauts revenus augmenter régulièrement, avec des fluctuations conjoncturelle mais une évolution moyenne vers le haut. Le nombre de grandes fortunes ne cesse d’augmenter et cela aussi est structurel. Le travail est de moins en moins rémunéré et cela aussi est structurel. La classe politique ne change pas et c’est aussi un donné structurel.

Comment s’en sortir ? En créant de la dette pour financer le modèle social dans un contexte, structurel, où la tendance est à la baisse des revenus du travail. C’est ce que font les dirigeants européens depuis quelques décennies. Cette politique économique va dans le mur. Que fait Jean-Claude Juncker ? Il propose de créer une banque d’investissement européenne qui empruntera pour de gros investissements. Oui mais le problème c’est de savoir qui va rembourser. Aux dettes souveraines va s’ajouter une dette européenne. Et bien évidemment il faudra lever des impôts supplémentaires pour rembourser sans oublier le poids sur les générations futures. La structure du système qui le conduit dans l’impasse est donc accentuée. Ce qui ne rend que plus certaine l’impasse. Nous voilà piégés par l’obsession de la croissance. Le plan Juncker n’est qu’une transposition à l’échelle européenne du grand plan de Sarkozy décidé après la crise de 2008. On a vu le résultat. Comment le plan Juncker pourrait-il marcher ?

Dans un système vertueux, les investissements d’aujourd’hui produisent la croissance de demain et les emplois d’après-demain. Dans le système de la dette, les investissements d’aujourd’hui produisent demain une baisse artificielle et temporaire du chômage alors que par le biais de la ponction fiscale future, ces investissements produisent les chômeurs d’après-demain. Un scénario à la japonaise est bien ancré en Europe, il est devenu structurel. On ne résout pas un problème structurel par des mesures conjoncturelles. Dans cette structure, il y a aussi l’opinion publique et son déficit d’instruction et d’éducation. On sert du indignez-vous au lieu d’inciter au instruisez-vous !

Ce marasme structurel incite à se taire, à ne plus analyser le monde car cette tâche s’avère inutile. La structure est trop puissante pour être changée. Elle dispose des médias de masse qui façonnent les manières de voir les choses avec une distorsion servant de leurre pour masquer les acteurs privilégiés de ce monde. Elle ne peut que perdurer ou alors s’effondrer lentement alors qu’elle s’effondra rapidement après l’épisode allemand de 1933. Le reich techno-économique ne peut pas marcher. Telle est l’Europe à l’ère de la fin de la technique qui n’en finit pas. Rien ne sert de maudire le monde, il vaut mieux le bénir. Prions pour que les gens s’instruisent et ouvrent leur cœur, leur esprit, et s’efforcent vers l’intelligence.


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