L’Europe contre les citoyens ?

par Carmel
lundi 11 mars 2013

En pleine crise économique, le continent européen et l'occident tout entier se retrouvent face à une problématique commune. Dans cette tourmente inextricable, le monde à part des institutions européennes devise pour 500 millions d'individus. Parlement, Commission et Conseil semblent pourtant hors de portée d'un grand nombre de citoyens. Ce n'est pourtant pas l'attrait ni l'intérêt pour la chose qui fait défaut.

Qu'on soit europsceptique, europhobe ou europhile, l'Europe fait partie du quotidien. Et c'est pour cela que tout un chacun peut et doit s'en faire une opinion. 

Quatre années d'austérité imposées par la Troïka (BCE, Commission, FMI) sont révolues quand, en octobre 2012, le FMI, dans un rapport dirigé par Olivier Blanchard : « Avoue s'être trompé sur les effets de l'austérité » ! Le citoyen grecque ou espagnol devrait être en accord pour une fois. Si tant est que cette nouvelle eut été relayée. Sacré hiatus que tout un chacun peut constater et peut être déplorer. Le fait est : du haut de leurs tour d'ivoire, 23.000 fonctionnaires internationaux travaillent directement on non pour l'Union Européenne. Et c'est un grande famille...
 
Quels rapports l'Europe d'aujourd'hui entretient-elle avec ses citoyens ? Cette association d'Etats se revendique démocratique et transparente. Et amène pour preuve : le 1er avril 2012 est entré en vigueur l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) permettant à un millions de citoyens venant d'au moins un quart des pays membres de proposer un projet de loi à la Commission Européenne. Cette mesure devrait permettre une plus grande implication du peuple bien que la commission dispose d'un pouvoir discrétionnaire, voilà un moyen civique à ne pas négliger pour ceux qui veulent faire entendre leur voix. 
 
A l'opposé, AlterUE, une coalition de 160 ONG dessine dans son rapport annuel une bulle de Bruxelles, un monde élitiste où les accords sont majoritairement passé en dehors du regard public. 
Mais à côté d'une telle avancée instaurée par le Traité de Lisbonne, certaines déclarations de nos dirigeants persistent à résonner. En 2011, peu avant sa présidence du Conseil Italien, Mario Monti affirme en marge d'une réunion que ce qu'il « apprécie dans l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, c'est qu'elle est à l'abri des aléas de l'humeur de l'électorat et éloignée des contraintes électorales ». Il est vrai que ce projet ambitieux a une vocation : s'occuper de tout et de tout le monde. De l'infiniment petit comme dans le démesuré. L'Europe poursuit une politique du mouvement dans laquelle la volonté populaire ne semble plus si souveraine. Pour preuve, les référendums ignorés des peuples Irlandais et Français. 
 
Martin Pigeon, membre d'une WatchDog (associations qui scrutent les dérives de l'appareil européen) Corporate Europe Observatory concède qu'« il n'y a plus de séparation entre le technique et le politique, la démocratie a cédé le pas à la technocratie ». De l'édiction de règles à la mise en place de surveillance en passant par toute sorte d'évaluations, les pouvoirs entre les mains de ces hommes qui participent de l'Europe et de la mondialisation sont considérables -et ils le savent. 
Avant de s'éteindre en 2008, Samuel Huntington, spécialiste des relation internationales à posé la question de savoir si dans les pays industrialisés d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie, les mêmes formes de démocratie politiques qui ont fonctionné doivent perdurer ?
 
Mais la finalité ne serait-elle pas là ? Dans le consensus qui semble s'être développé dans les divers cénacles internationaux. La démocratie tend-elle à évincer son démos ? -Christophe Deloire, directeur de reporter sans frontière (et co-auteur d'un livre -légèrement teinté pour mieux vendre qui reste une pure enquête journalistique dans les places fortes de la construction européenne : Circus Politicus) parle d'une volonté de mettre en place un système où l'électeur a de moins en moins sa place. 
C'est à chacun en participant à la construction de son pays et de l'Europe d'y répondre aujourd'hui. L'enjeu résonne bien au delà de nos seules frontières européennes, mais qui l'entend réellement ?

Carmel

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