Les 5 territoires européens nominés pour un futur indépendant sont ...

par ABCD
vendredi 7 mars 2014

   L'invasion russe en Crimée, soulève la question du statut futur de la province autonome ukrainienne : sera-t-elle indépendante ? Sera-t-elle rattachée à la Russie ? Restera-t-elle ukrainienne ?

  Alors que les Européens proclamaient unanimement l'intangibilité des frontières méridiennes du continent africain au lendemain de la décolonisation, on observe au contraire en Europe une fragmentation du territoire, s'organisant de plus en plus autour de micro-Etats. La chute de l'URSS en 1991 et la dislocation de la Yougoslavie en 1999 ont été les moteurs de cet éclatement des territoires, modifiant considérablement les frontières européennes, et ouvrant la voie à l’affirmation de l'Etat-nation.

   Qu'en est-il de la fragmentation européenne aujourd'hui ? Beaucoup de territoires, plus ou moins sérieusement, souhaitent et proclament tour à tour leur indépendance. Voici une liste non exhaustive des 5 candidats les plus « sérieux » à l'indépendance. 

En Yougoslavie, les tensions s'attisent en 1980, à la mort du dictateur communiste Tito. La répartition du pouvoir entre les provinces de l'ex Yougoslavie pose le problème du différentiel économique entre les riches au nord (Slovènes et Croates) et les provinces moins développées du sud.

Dès 1991, la Croatie, la Slovénie déclarent leur indépendance. Vient ensuite la Macédoine puis la Bosnie-Herzégovine en 1992 au terme d'une guerre qui prend fin avec les accords de Dayton et l'intervention de l'OTAN contre les Serbes en 1995.

Les États se constituent alors en nations, où les différentes ethnies, un temps communément appelées les "slaves du sud'' (yougoslaves) s'affirment et se rassemblent à l'intérieur de nouvelles frontières. En 2006, ce sont les Monténégrins, qui les derniers, obtiennent de l'ONU leur reconnaissance en tant qu’État indépendant.

Les Kosovars espèrent bien être les prochains sur la liste à se détacher du bloc serbe. L'indépendance du Kosovo a été proclamée unilatéralement en 2008, mais n'est pas encore reconnue par la Serbie, ni par la majorité des membres de l'ONU où règne un climat de guerre froide. En effet reconnue de manière générale par les pays d'Occident, la Russie fait pression et apporte son soutien ainsi que celui de ses alliés à la Serbie empêchant ainsi le vote de l'ONU de basculer en faveur du peuple Kosovar.

La situation aujourd'hui entre le Kosovo et la Serbie semble s'être pacifiée, le Kosovo jouit d'une forte autonomie qui devrait à terme constituer le Kosovo en un État indépendant.

L’Écosse est rattachée en 1707 à la monarchie britannique, elle jouit cependant d'une grande autonomie depuis 1998, avec un parlement et un gouvernement propre.

Le Scottish National Party (SNP) appuyé par l'emblématique Sean Conery milite pour que l’Écosse retrouve son indépendance. Sortir de la tutelle britannique paraissait utopique pour beaucoup mais la découverte d'importantes réserves de Pétrole au large des eaux territoriales écossaises change la donne, car elles offrent la perspective d'une Écosse indépendante et viable économiquement, qui pourrait devenir l'un des pays les plus riches du monde.

Ainsi le SNP d'Alex Salmond signe l'accord d’Édimbourg avec David Cameroun. Il prévoit pour septembre 2014 la mise en place d'un nouveau référendum en Écosse (deux ont déjà été tenus en 1979 et 1997), avec comme question de fond leur indépendance.

On imagine mal cependant le Royaume-Uni laisser les Écossais se désolidariser de la dette publique et partir avec l'ensemble des réserves pétrolières.

Les pressions se multiplient sur Édimbourg, menacé d'isolement : l'Angleterre en cas de divorce prévient qu'elle ne partagera pas la livre sterling, de son côté l'UE de Manuel Barroso précise que le rattachement à l'UE sera très difficile voire impossible.

A l'annonce du référendum, un vent de liberté a soufflé sur l’Écosse, les sondages montraient le "oui" largement gagnant, mais depuis peu le "non" est passé devant. L'issu du référendum est encore incertaine, mais l'indépendance promise semble s'éloigner de plus en plus.

Bien que la situation semble aujourd'hui apaisée, la rupture à Chypre demeure réelle, et cela même si l’île est entrée dans l'UE en 2004.

C'est au moment de la décolonisation anglaise que les tensions entre les musulmans proches de la Turquie et les Orthodoxes proches de la Grèce s’exacerbent. En 1974 appuyés par la Turquie, les musulmans chypriotes sont appelés à se rassembler au nord de la ligne verte, constituant alors un État non reconnu, la République turque de Chypre du nord. Au moment de l'entrée de la Chypre dans l'UE, l'ONU de Koffi Annan propose un plan de réconciliation, visant à accorder l'autonomie (et non l'indépendance) de la partie nord de l’île, fonctionnant alors sur la base d'un système fédéral. Le plan, soumis au référendum est accepté par la partie nord de l’île, mais refusé par la partie sud à 75% .

L’île est donc toujours séparée en deux, et bien que officiellement intégrée entièrement à l'UE, la partie nord est exclue de l'espace Schengen.

Le Caucase est une des régions les plus composites aux monde avec plus d'une dizaine d'ethnies et de religions différentes. Ces ethnies subissent encore les conséquences de la politique stalinienne qui visait à l'insertion de minorités pour contrebalancer le poids des ethnies éponymes. Ces minorités étaient dotés d'une forme d'autonomie territoriale. Un temps rassemblées dans l'ancienne province soviet de la Transcaucasie, l’éclatement du bloc soviétique en 1991 attise les revendications territoriales ou les aspirations indépendantistes.

La Tchétchénie et le Daguestan

Tenue d'un main de fer par Poutine les républiques de Tchétchénie et du Daguestan ne semblent pouvoir s'unir derrière un véritable projet nationaliste. La contestation du régime de Moscou passe désormais par la voie du terrorisme et de la radicalisation des mouvements islamistes.

Haut-Karabagh, Ossétie du sud et Abkhazie

Dans les pays du Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan), la situation semble plus propice, le Haut-Karabagh région annexée à l'Azerbaïdjan mais peuplée essentiellement d'Arméniens lutte pour son indépendance ou son rattachement à l'Arménie. Le chemin pour une reconnaissance officielle à l'ONU semble particulièrement long et difficile mais pas encore impossible, notamment lorsqu'il s'agit pour l'Occident de se faire des alliés dans le voisinage russe. A l'inverse l'indépendance de l'Ossétie du sud et de l’Abkhazie est appuyée par la Russie et ses alliés pour affaiblir la Géorgie jugée bien trop proche de l'Occident.

Comme l’Écosse, la Catalogne souffre de l'autorité castillane et manifeste depuis longtemps son envie de faire sécession. Le tumultueux et nationaliste chef de la région catalane, Arthur Mas prévoit la tenue d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne en novembre 2014. Rejeté catégoriquement par Mariano Rajoy, celui-ci est jugé anticonstitutionnel. Pour les catalans, l'indépendance permettrait de protéger leur économie des ingérences de Madrid, mais également leur culture.

La Catalogne comme État indépendant semble néanmoins encore utopique, Madrid se montre très ferme sur la question et refuse catégoriquement de toucher aux frontières du royaume d'Espagne.


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