Les dessous du TAFTA révèlent la nocivité de l’UE

par Laurent Herblay
vendredi 6 mai 2016

Malheureusement, ce n’est pas surprise, tant le monstre européen préfère ses dogmes ultralibéraux et la défense des intérêts des multinationales depuis sa création et la défense de peuples européens trop divers et loin de leur bulle. Mais les révélations de la semaine démontrent une nouvelle fois tous les travers de cette construction européenne dans la négociation avec les Etats-Unis.

 
Le vampire enfin exposé à la lumière du jour ?
 
Il faut remercier Greenpeace pour cette œuvre de salut public que représente la révélation des documents de la négociation sur le traité transatlantique, dit traité TAFTA. Marianne explique comment ces révélations pourraient faire basculer le débat public, comme pour l’AMI dans les années 1990, selon la stratégie dite de Dracula, théorisée par une présidente d’honneur d’ATTAC, pour qui, « si on expose le vampire à la lumière du jour, il ne le supporte pas, il crève  » ! Depuis plus de trois ans, je contribue à la critique de ce traité, en soulignant qu’il représente une grave menace pour notre démocratie, ou, avec l’appui du livre de Danièle Favari, comment mener la guerre des mots sur ce sujet. Et on voit bien que le débat public semble avoir basculé, seul Jean-Marie Colombani le défendant encore
 
En effet, les détails des négociations sont absolument accablants : où l’on voit que l’Union Européenne semble prête à céder sur tout ou presque, les Etats-Unis, a contrario, restant droit dans leurs bottes : refus de la protection des données personnelles, non ouverture des marchés publics (quand les pays européens les ouvrent jusqu’à l’absurde), soutien aux tribunaux d’arbitrage, absence de protection de nos AOS, les Etats-Unis piratant les beaux noms de Chablis ou Champagne, affaiblissement des protections normatives, proposition de participation d’experts étasuniens au u Comité Européen de Normalisation (! !!), élimination des droits de douane, refus de l’exclusion des services audiovisuels, ou libéralisation des services publics. Bref, partout, Washington mène la danse et Bruxelle abdique.
 
Et dire que depuis des décennies, on nous dit qu’avec l’UE, l’union fait la force ! Encore une fois, les faits démontent les mensonges des partisans de ce monstre institutionnel. L’UE, ce n’est pas la force, c’est la soumission au marché-roi, aux multinationales et aux Etats-Unis, qui soutiennent ce traité funeste, ce vrai danger pour notre démocratie, notre santé et notre mode de vie. Jamais l’UE n’a démontré qu’elle apporte une quelconque valeur ajoutée aux citoyens des pays qui la composent. En fait, c’est un outil pour corseter volontairement nos démocraties qui abdiquent face aux intérêts d’une infime minorité. Et il ne faut pas croire qu’un jour pourra sortir de l’UE autre chose car cela fait des décennies qu’une certaine gauche entretient le mythe d’une Europe protectrice qui n’est qu’un lointain rêve.
 

Voilà pourquoi il faut continuer à se mobiliser contre ce traité détestable et lui réserver le même destin que le funeste AMI. Car derrière l’opposition de façade qu’affiche désormais le gouvernement, il y a le risque que contre quelques menues et aléatoires concessions, il cherche à nous le faire gober.

 


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