MoDem : des militants s’inquiètent de la place de l’Europe dans leur parti

par KPM
mercredi 28 novembre 2007

La fondation du Parti démocrate européen par l’UDF et la Margherita avait été un symbole fort en 2004. Pour la première fois, un parti était créé sur la base d’un fort positionnement pro-européen : c’est bien en réaction à la suppression de l’idée fédéraliste dans le manifeste du Parti populaire européen que François Bayrou a entraîné l’UDF hors de la maison commune fondée par les démocrates-chrétiens en 1976. Par ce geste, il n’a rien fait d’autre que de prouver que les différences idéologiques entre la droite et la gauche sont désormais moins pertinentes que celles sur l’Europe.

Le lancement quasi simultané cet été de deux mouvements se réclamant de cette nouvelle famille démocrate (le Parti démocrate italien et le Mouvement démocrate français) avait également soulevé de nombreux espoirs : pour la première fois, la création d’un parti européen précédait la création des partis nationaux correspondants.

Et pourtant, l’Europe est-elle encore au cœur du projet démocrate ? On peut se le demander quand on voit la place laissée à l’Europe dans la rhétorique de François Bayrou. Lors de son discours de rentrée politique en septembre, où il a brossé un large tableau des valeurs du Mouvement, l’Europe n’apparaissait pas une seule fois, ce qui contraste avec le ton très gaullien de son discours.

De même, dans la Charte des valeurs qu’il a proposée, l’Europe n’apparaît que comme un simple exemple d’organisation internationale défendant les intérêts des États. C’est une régression majeure par rapport aux valeurs qu’ont toujours portées l’UDF, Cap 21 et les Verts. Le programme du Parti démocrate européen affirme d’ailleurs clairement : « Nous voulons une Europe des peuples, et non une Europe des États afin que puisse s’accroître le sentiment d’appartenance à une même communauté  ».

Face au risque de voir le Mouvement démocrate renoncer à sa grande ambition pour l’Europe et se contenter de positions tièdes similaires à celles que peuvent adopter le Parti socialiste ou l’UMP, les militants se mobilisent. Un groupe Facebook a été lancé pour regrouper des adhérents déterminés à « soutenir l’idée européenne dans leur parti et, au-delà, dans la société ». Une proposition d’amendement à la Charte des valeurs qui souhaite remplacer le fade article 12 (celui qui concerne l’Europe) par une formulation plus ambitieuse, recueille des soutiens enthousiastes.

Il ne faut pas se leurrer : les européennes ne seront favorables au MoDem que si celui-ci se distingue clairement des socialistes et des conservateurs par un positionnement européen clairement affiché au moins aussi fort que celui de l’UDF. S’il manque de souffle, s’il se contente de positions peu ambitieuses, s’il part sur un programme hexagonal plutôt que de mener une campagne commune au niveau du Parti démocrate européen, alors soyons sûr qu’il aura manqué une occasion historique de faire entendre sa différence.


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