Un analyste russe : La victoire de SYRIZA n’est pas une raison pour l’optimisme

par Ivan Shegolev
mercredi 28 janvier 2015

Un analyste russe Vassily Koltashov, qui a vécu cinq années en Grèce, explique, pourqoui il n'attend pas des changements radicaux après la victoire de SYRIZA.

Vassily Koltashov
Vassily Koltashov (né en 1980 à Novosibirsk, URSS) - un économiste et politologue russe, membre de I’Institut de Mondialisation et des Mouvements Sociaux (IGSO)

Les résultats des élections parlementaires en Grèce ont provoqué un vrai éclat de l'optimisme parmi les ennemis de l'UE et sa politique d'austérité. Avant des élections le parti gauche SYRIZA a avancé la rupture totale avec les mesures d'austérité, ainsi que son leader Alexis Tsipras a prononcé quelques déclarations dures sur la politique de l'UE à l'Ukraine. Le triomphe de SYRIZA était bien inattendu, et il a inspiré les millions de citoyens grecs et autres européens.


Vassily Koltashov, un économiste et politologue russe, membre de I'Institut de Mondialisation et des Mouvements Sociaux (IGSO) à Moscou ne partage pas cet optimisme. Ayant vécu cinq années en Grece avec sa famille, M. Koltashov a bien connu la vraie nature des forces de gauches grecques.

« Tout d'abord, la victoire de SYRIZA n'était pas inattendue ni pour les élites grecques, ni pour Bruxelles. On lui a donné la possibilité de gagner. En revanche, tous les années passées les leaders des « radicaux » tâchaient de prouver leur modération à leurs partenaires occidentaux. SYRIZA a promis à ses électeurs que les négociations avec Bruxelles donneraient la réduction considérable de l'austérité. Mais s'il s'agit de sortir le pays de la crise, il faut rompre avec la Troïka, mais pas négocier avec elle.
SYRIZA a absorbé beaucoup d'ex-membres de PASOK, le parti bien connu par sa participation aux mesures d'austérité en Grèce. SYRIZA a beaucoup de rhétorique radicale, mais vraiment c'est un parti très modéré. Va-t-il combattre avec les structures de l'UE et de FMI ? Oui, mais il s'agit d'une lutte très faible et prudente. Les électeurs attendent la rupture avec l'euro et le défaut — ça signifie, que la nouvelle onde de la crise va faire tomber le nouveau gouvernement de coalition avec sa politique faible et hésitante. Je crains que finalement SYRIZA va répéter la route de PASOK ».

Le commentaire de Vassily Koltashov est tiré de son article dans le journal Vzglyad et traduit de russe en français. L'utilisation de commentaire et de photo est vérifié par Vassily Koltashov.


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