AmnÚville : Joe Cocker au galaxie, n’oubliez jamais...

par Melting Actu
vendredi 7 décembre 2007

Il y a des concerts qui marquent à vie. Parfois la découverte d’un chanteur inconnu parvient à déclencher « ce p’tit truc en plus » qui nous fait sentir que nous venons d’assister à quelque chose de grand ; d’autres fois, le rencontre en live sur scène d’une star nous fait comprendre les raisons de sa notoriété mondiale.

Hier soir, au Galaxie d’Amnéville, cette rencontre m’a amené au devant d’un Anglais à la voix unique, orchestrateur enfiévré, qui a pour habitude de reprendre les chansons qui lui tiennent à cœur pour les magnifier grâce à sa voix rauque, unique en son genre. Joe Cocker s’est notamment fait connaître en lançant à Woodstock les premières notes de sa version de With a Little Help from my Friends, des Beatles ; une version devenue mythique. Car, pour lui, il ne s’agit pas simplement juste de faire une reprise (de plus...), mais réellement de la réinventer. Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous faire partager, si vous ne la connaissez pas encore, la vidéo de son apparition à Woodstock. Un grand moment. http://fr.youtube.com/watch?v=eOwl_APqVm4&feature=related

Ce qui est sans doute le plus impressionnant chez cet homme, c’est à quel point ses reprises prennent de places dans nos esprits, éclipsant l’original au point de le rendre presque terne, comme si c’était finalement les Beatles, Dylan, Leonard Cohen et les autres qui avaient timidement tenté de reprendre ses plus beaux morceaux.

Que dire donc d’autre que « grandiose » quand on va voir un concert de cet artiste-là ?

Peu de choses... Difficile d’émettre des réserves en tout cas, ou peut-être juste une : le Galaxie n’est pas, mais alors vraiment pas, une salle qui peut convenir à un chanteur de cette envergure. Et ce qui est bien dommage, c’est que finalement, pas une seule salle de la région ne pourrait être à sa mesure.

Je vais donc tenter de vous décrire le concert, même si les mots vont être durs à trouver. Lorsque le rideau se lève, c’est d’abord sur les notes d’un morceau de son dernier album que la foule l’acclame. Une foule dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle le connait depuis longtemps : les cheveux blancs sont légion en bas de la scène.

Apres quelques morceaux tirés d’Hymn for my Soul, voilà que la tension monte lorsque le chanteur entame ses plus grands succès, à commencer par Chain of Fools. Le public scande, sa voix déchirée toujours au bord de la rupture, l’énergie suintant de chaque pore de sa peau, son corps tout entier vibrant tandis que Joe Cocker vit intensément chaque note de chacun de ses morceaux plus mythiques les uns que les autres : Summer in the City, She Came in through the Bathroom Window, N’oubliez jamais (pendant laquelle la grande Deneuve est en train de rire avec lui devant la tour Eiffel sur les écrans qui trônent derrière lui), Come Together, puis You can Leave your Hat on. Le public, encore assis, est déjà ébahi. Les riffs du guitariste sont hypnotiques, les deux pianistes (un vrai piano et un orgue Hammond) naviguent avec brio sur leurs claviers respectifs, le saxophoniste excelle, les deux choristes vibrent et s’harmonisent parfaitement avec le maître... Quant à lui, sa voix...

Une petite séquence où interviennent quelques morceaux moins connus, puis le chanteur « enfonce le clou » avec Unchain my Heart. Cette fois le public, transcendé, se lève et se rue vers la scène, et danse en oubliant tout le reste. Et c’est là, alors que tous ou presque sont debout devant lui (dont moi-même, à un mètre à peine du chanteur) que se met a résonner le solo d’orgue introduisant la mythique reprise des Beatles, qui n’a pas pris une ride. De quoi faire venir les larmes aux yeux à force d’émotion. Et c’est déjà la fin.

Oui, sauf qu’on en redemande, et « on est servis »... Et c’est avec You are so Beautiful que Joe Cocker revient sur scène, enchaînant quatre rappels.

A la sortie, mes jambes tremblent encore, je peine à retrouver mon souffle. Et dire que je ne dispose que de ma pauvre et défaillante mémoire pour conserver les images de cette soirée... Mais j’ai de la chance : le guitariste, en partant, à lancé deux médiators à la foule : j’ai pu en récupérer un. Et je tiens à avertir tout personne qui se porterait acquéreuse que... vous pouvez toujours rêver !


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