Conte de Paris : le marchť de NoŽl et l’autoroute urbaine

par WINSTON
mercredi 9 décembre 2009

Les contes ne sont jamais anodins, ni complètement imaginaires. Leur cadre est ancré dans un quotidien mixé avec un imaginaire plus ou moins chargé de la part du rêve.


Je vous propose un sujet d’observation parfaitement ancré dans une réalité Chacun pourra s’y frotter, avec prudence. Quant à la part du rêve …


Le décor :

- Une autoroute urbaine avec ses huit voies de circulation : les Champs Elysées à Paris

- Un village : le marché de Noël posé à quelques mètres de cette autoroute


Les acteurs :

- Les véhicules à moteur (pas beaucoup de vélos) qui exploitent en permanence les 8 voies de la plus belle autoroute urbaine du monde.

- Les milliers de piétons du marché comme acteurs et victimes


Les deus ex machina :

Sont rarement visibles. Experts en dilution de responsabilités pour mieux labourer la mer. Ces Deus partagent une solide assise dont la devise ne serait-elle pas « il n’y a pas de problèmes qu’une absence de solution ne finisse par régler ». Trop acerbe ? A voir. Qui sont-ils : Mairies, préfectures, syndicats mixtes, et que sais-je encore, autres détendeurs d’un avis plus ou moins bloquant sur l’utilisation et partage du domaine public.

Vous avez dit problème, comme c’est problématique ...

Il est tellement simple et récurrent : les piétons s’entassent, s’empilent presque. Ils n’ont à certains endroits que 2 mètres de trottoirs. Deux mètres … C’est la ligne 13 du métro reconstituée à l’air libre ! C’est technocratiquement génial, merci les Deus Ex Machina.

Ce n’est pas tout. Si les piétons ont 2 mètres, les bagnoles elles ont jalousement gardées leurs 70 m. Et en plus, les automobilistes ont doublement le sourire : les bouchons sur les trottoirs sont plus denses que sur la chaussée. Piéton : écart interdit sous peine d’être fauché.

Vous noterez que les 70 mètres de chaussée sont intouchables. Le dieu de la bagnole est tout puissant : pas un seul mètre sur 70 ne doit manquer à l’appel. Et pas un seul ne manque. Même constat durant l’exposition sur le centenaire de l’industrie aérospatiale ou l’année passée à la même époque.

Heureusement il y a le petit cornet de marrons à 4 euros et le vin chaud à 3. Attention aux taches de vin, vous serez inévitablement bousculé quand vous vous arrêterez pour boire : c’est un flot continu.

Qui faut-il remercier ? Mystère de la co-responsabilité bien entretenu.


J’espère qu’il reste des sceptiques ou incrédules. Les contes sont faits pour ça.

Je ne saurais trop leur conseiller de se faire une opinion en se rendant sur place. Soyez prudents tout de même. L’idéal étant un samedi ou dimanche après-midi. Je vous souhaite bien du courage.


Au fait, existe-t-il ailleurs qu’à Paris un marché de Noël au bord d’une autoroute ?

 


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