Apocalypse Now, version iranienne
par Alain Hertoghe
mercredi 17 mai 2006
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad appartient-il à une secte chiite occulte, la société hojjatieh -ou a-t-il partie liée avec elle-, secte dont les adeptes sont persuadés qu’en provoquant le chaos sur terre, ils précipiteront le retour du douzième imam, le Mahdi, et l’avènement de la société islamique mondiale ? Cette question, qui agite et divise les milieux diplomatiques et les observateurs de la scène politique iranienne, n’est évidemment pas anecdotique à l’heure où l’Amérique et l’Europe tentent de convaincre l’Iran de renoncer à son programme d’enrichissement de l’uranium.
La crainte qu’Ahmadinejad ne fasse le jeu des hojjatieh a pour origine un article du Asia Times, publié en septembre 2005, qui se faisait l’écho d’un discours alarmiste du président iranien précédent, le réformiste Mohammad Khatami. Auparavant, un ancien chef de cabinet de l’ayatollah Khomeini, guide spirituel de la révolution de 1979 à 1989, avait dénoncé la prise de contrôle rampante du pouvoir exécutif et, plus grave encore, des gardiens de la Révolution islamique, les pasdarans, par les hojjatieh. Trois membres du gouvernement d’Ahmadinejad, dont le ministre de l’intérieur, pourraient faire partie de la secte.
L’actuel chef de l’Etat iranien, ancien officier des pasdarans et des paramilitaires bassidji, ex-membre des services secrets iraniens, adopte-t-il une logique de confrontation avec l’Occident, tant sur le nucléaire que sur Israël, à partir de cette vision apocalyptique et relativement peu connue du chiisme ? Si c’était effectivement le cas, toute tentative d’apaisement et de conciliation avec le président iranien actuel serait évidemment vouée à l’échec. Et les tergiversations diplomatiques du régime des mollahs auraient comme seul but de gagner du temps pour fabriquer la bombe...