Armes chimiques : qui profite le crime

par whistle12
samedi 24 août 2013

Pour ce qui semblerait être une attaque chimique dans un quartier tenu par des rebelles près de la capitale syrienne Damas, une vidéo postée sur You Tube par un groupe de militants rebelles montre "un terrible massacre commis par les forces du régime avec des gaz toxiques qui a causé des dizaines de martyrs".

Selon Khaled Omar du conseil d'opposition locale à Ain Tarma : "L'attaque a eu lieu vers 3 heures du matin. la plupart étaient dans des maisons. Au moins 80 corps sont à l'hôpital Hajjah à Ain Tarma et à la clinique makesift à l'école Tetbiqiya près du distric de Saqba."

En outre, la véracité de la vidéo n'a pas pu être établie, selon Al-Akhbar, ainsi que le nombre de victimes. Du reste, selon l'AFP, des bombardements se sont fait entendre dans la bordure extérieure de la capitale où un nuage gris a pu être observé.

Une infirmière aux urgences de Douma, Bayan Baker, a confirmé que le nombre de morts dus à l'attaque accueillis dans les centres médicaux de la région était de 213.

Selon elle, "Beaucoup de victimes sont des femmes et des enfants, ils sont arrivés avec des pupilles dilatées, des membres froids et de la bave dans leurs bouches. Les docteurs disent que ce sont des symptomes typiques de victimes de gaz neurotoxiques."

"les personnes qui travaillent dans l’hôpital sont débordés et incapables de faire quoi que ce soit pour les blessés. Il y a un manque sévère de médicaments. Les blessés sont soignés avec de l'eau et des ognion" a dit Abu jihad, un militant à irbin, pour l'AFP via internet.

Mais tandis que les accusations, portées par les médias saoudiens tels que Al-arabiya, pointe du doigt le régime, la Russie semble affirmer que ce sont les rebelles [ probablement le front Al-nustra proche d'Al-qaeda qui serait à l'origine de l'utilisation de l'arme chimique.

Le porte parole du ministère des affaires étrangères russe Aleksandr Lukashevich a déclaré dans une annonce offcielle : "Une fusée artisanale contenant une substance chimique qui n'a pas été identifié pour le moment a été tirée le 21 août d'une position occupée par les rebelles."

En outre, le directeur des enquêteurs de l'ONU, en poste sur place, Ake Sellstrom, qui se serait entretenu avec le gouvernement syrien, semble avoir déclaré que " le nombre élevé de victimes rapporté par les médias semble douteux".

Pour Aleksandr Lukashevich, "Ce qui retient l'attention, c'est que les médias régionaux engagés ont immédiatement lancé une attaque informationnelle agressive en rejetant la responsabilité sur le gouvernement syrien".

"Tout cela nous amène à penser qu'il s'agit, cette fois encore, d'une provocation planifiée à l'avance".

A l'appui de cette thèse, il cite le fait que cette nouvelle attaque chimique a eu lieu au moment où une mission d'experts de l'ONU vient d'entamer son enquête sur l'utilisation présumée de sarin dans les environs d'Alep le 19 mars dernier.

Selon le diplomate, tout cela fait penser à une tentative visant à "trouver un prétexte pour demander au Conseil de sécurité de l'ONU d'intervenir en faveur des opposants au régime de Damas et de torpiller par là même les chances de convocation de la deuxième conférence de Genève sur la Syrie"

En effet, nul besoin d'être Sherlock Holmes pour comprendre que le gouvernement syrien a tout à perdre de l'utilisation d'armes chimiques, car il a conscience que l'équilibre des forces pencherait immédiatement en sa défaveur. En revanche, si l'on se penche du côté du prince Bandar, le "prince des djiadistes" et ses alliés occidentaux, l'on peut y voir une tentative de revoir les termes de leur engagement, le Jus ad bellum, qui les restreint, pour l'instant, dans les limites posées par le droit international.


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