Avec ou sans la turquie : baisse du nombre des migrants

par Christophe Bugeau
mercredi 9 mars 2016

Alors que les négociations avec la Turquie sont engagées pour que cette dernière accepte de reprendre les migrants qui seraient déjà passés en Europe (et elle fait monter les enchères pour cela), les européens perdent de vue que la crise migratoire est en train de diminuer et que le nombre de migrants a déjà commencé à diminuer !

 La solution au problème est déjà là : les fermetures progressives des frontières sur la route des Balkans ont atteint les résultats escomptés : le nombre de réfugié diminue. Chaque pays ayant successivement fermé ses frontières (et ainsi anéanti l’utopie qu’était l’Espace Schengen) a placé celui en amont dans une situation intenable : les hongrois et autrichiens en fermant leurs frontières ont obligés les pays balkaniques à faire de même : Serbie et Macédoine ont fermé les leurs et désormais la Grèce se retrouve dans une situation difficilement tenable.

 Elle va devoir à son tour fermer les siennes que Tsipras le veuille ou non si un accord n’est pas trouvé avec la Turquie : ce qui implique de refouler les migrants qui arrivent sur son territoire en mer Egée. Les centres dans les Iles ne peuvent guère accueillir des dizaines de milliers de personnes en réalité. L’Espace Schengen est donc mort de sa belle mort (voir http://www.christophebugeau.fr).

 Le nombre d’entrée a connu un pic à l’automne du fait de l’appel d’air créé par Angela Merkel et son envie d’immigrants pour combler le déficit de naissance allemand (81,9 millions d’habitants dont 8,2 millions d’étrangers en 2015 et 80,2 en 2011, or il y a environ 680 000 naissances pour 860 000 décès chaque année donc la population n’augmente que par l’immigration).

 Ainsi, en 2015 sur 1 million d’entrées en Europe, le maximum a été atteint sur les mois de septembre-décembre avec 656 000 sur cette période (soit 64,6 %). En 2014, à l’inverse, l’on était à 216 000 sur l’année et à une baisse sur ces 4 mois qui sont difficiles pour traverser la mer : 79 000 (soit 36,6 % de l’année).

 Mais les entrées sur le territoire européen sont déjà en voie de diminution : l’on comptait 73 000 entrées en janvier et 59 000 en février. Il est probable que la tendance va se poursuivre : les migrants clandestins ne pouvant passer les unes après les autres les frontières restaurées et l’Allemagne ayant atteint la saturation, le problème se reporte vers l’amont. Progressivement la porte vers l’Europe se referme.

 Cela ne signifie pas que le problème des migrations clandestines soit révolu. Il ne faut pas oublier que parmi les migrants, seule la moitié provenait de pays en guerre dont la Syrie et l’Afghanistan. La plupart était des hommes jeunes recherchant avant tout une vie meilleure et un emploi (y compris ceux provenant de Syrie qui étaient dans des camps de réfugiés souvent depuis plusieurs années). La question continuera à se poser de longues années, mais preuve est faite qu’on ne peut conserver des frontières communes à des pays aussi divers.

 Et la solution de long terme passe bien sûr par une aide au développement contrôlée par les pays européens ainsi que par l’arrêt d’un interventionnisme des plus regrettables, qui ne peut se justifier que lorsqu’un danger réel comme l’Etat Islamique est bien à la veille de prendre le pouvoir. La fin des interventions comme celles d’Irak ou de la Lybie (qui ont entrainé en partie cette situation) ne peut que contribuer à la stabilité et au reflux des migrations.  


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