Commémoration des 51 ans du soulèvement du Tibet, le 10 mars 2010

par Tibet Libre
lundi 8 mars 2010

A l’approche de la 51ième commémoration du soulèvement tibétain, et 2 ans après les manifestations de 2008, le Tibet est toujours sous une forme de loi martiale. Les Tibétains vivent dans un climat de terreur d’une répression mise en place par les autorités chinoises depuis 2 ans, une atmosphère de tension rappelant pour certains les pires heures de 1959. Des centaines de morts, des milliers de disparus et de prisonniers ont été recensés.

En 2009, la situation des Tibétains au Tibet s’est aggravée, avec encore des arrestations et des condamnations expéditives, au moins 2 Tibétains ont été exécutés.


Récemment et pour faire un exemple, à la veille de Noël, la justice chinoise a condamné un grand Lama tibétain, Phurbu Tsering Rinpoché, à 8 ans et demie de prison pour "détentions illégales d’armes", "occupation illégale d’un terrain municipal" et "détournements de fonds". Ce Lama réincarné âgé de 53 ans est l’abbé et le fondateur de 2 monastères. Il a créé des dispensaires médicaux, un hospice pour personnes âgées et a adopté des enfants handicapés. Phurbu Tsering Rinpoché est marié, et très respecté des Tibétains de sa ville de Kardzé, dans le Kham, à l’ouest du Sichuan, ainsi que de Chinois han qui le considèrent comme un grand maître. Sa femme et ses proches rejettent les accusations. Le terrain occupé "illégalement" lui a été donné pour y bâtir son hospice pour personnes âgées et les "armes" se seraient révélées être des munitions et une imitation de pistolet. Son avocat affirme que le Lama a dépensé environ 7 000 euros pour bâtir l’hospice. Des responsables locaux auraient laissé entendre que les autorités avaient décidé à l’avance une lourde peine pour faire un exemple et dissuader d’autres grands Lamas de s’impliquer dans des manifestations. Le verdict semble en effet lié à une manifestation de nonnes du monastère de Buronglang, dont Phurbu Tsering est l’abbé. Près de 80 nonnes avaient défilé pacifiquement en mai 2008 dans les rues de Kardzé pour protester contre les cours d’"éducation patriotique" où il est demander de rejeter le Dalaï-Lama. La majorité des nonnes furent arrêtées et 2 d’entre elles condamnées à 10 et 11 ans de prison. Le Lama Phurbu avait été arrêté quelques jours après les manifestations.

Peu après, ce fut au tour d’un réalisateur tibétain, Dhondup Wangchen, d’être condamné à 6 ans de prison pour avoir réalisé un film documentaire dans lequel des Tibétains louent le Dalaï-lama et se plaignent de la disparition de leur culture. Le film, intitulé "Surmonter la peur" ("Leaving Fear Behind"), présente une série d’interviews avec des Tibétains exprimant leur amour pour le Dalaï-lama et leur désenchantement quant à l’impact des Jeux olympiques de Pékin sur leur vie. Le réalisateur et un de ses amis moine ont été arrêtés peu après le tournage, mais ont pu faire sortir des copies du pays. Avant que le film ne soit rendu public, Dhondup Wangchen a envoyé sa femme et ses enfants à l’étranger. Il a été condamné le 28 décembre à Xining, capitale de la province de Qinghai, indique un communiqué publié sur le site du film www.leavingfearbehind.com, qui appelle à la libération du réalisateur. Le réalisateur n’a reçu aucune assistance juridique et les autorités ont empêché un avocat engagé par sa famille de le défendre.

Bien que le Dalaï-lama ne demande qu’une réelle autonomie pour le peuple tibétain, dans le respect de la Constitution chinoise, le dialogue entre les représentants chinois et tibétains est dans l’impasse. Bien sûr, il y a des raisons d’espérer : le Dalaï-lama est reçu par les plus hauts représentants des états, dont récemment le Président américain, comme l’an passé le Président français, et il reçoit les plus grands honneurs comme pour signifier à la Chine son erreur. Mais cela ne semble pas suffire, il nous faut, encore et encore, poursuivre nos efforts pour que la voie du dialogue et de la diplomatie internationale retrouve ses droits. Une occasion nous en est donnée avec la manifestation commémorant le soulèvement des tibétains de mars 1959. En France, la manifestation commémorant les 51 ans d’exil se tiendra le Mercredi 10 mars 2010 à 15h Place du Trocadéro à Paris (Métro : Trocadéro) à l’appel de la Communauté Tibétaine de France (site web : http://www.tibetan.fr/ ) Il nous y attendent nombreux, avec des drapeaux du Tibet pour les aider à entrevoir une solution pour la liberté du peuple tibétain.
 
 

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