Cuba : Nous revendiquons le droit ŗ la mobilisation du 15 novembre pour la « Marche pour le Changement »

par Jean DugenÍt
samedi 13 novembre 2021

L'organisation cubaine « Archipiélago », fondée dans le sillage des manifestations de juillet dernier, a appelé à une marche pour le changement, contre la violence, en faveur de la démocratie, des droits de l'homme et de la liberté des prisonniers politiques, qui se tiendra le 20 novembre 2021. Cependant, le gouvernement du Parti Communiste Cubain (PCC) a décidé de réaliser les exercices militaires de la Moncada les 18 et 19 de ce mois, et a déclaré le 20 Journée de la défense nationale. Le but de cette ruse est d’envoyer des forces militaires dans les principales villes de Cuba afin d'entraver les marches.

En réponse, le groupe « Archipiélago » a décidé d'avancer au 15 novembre les manifestations prévues à La Havane et dans d'autres villes. Toutefois, le gouvernement répressif à parti unique a refusé de reconnaître "la légitimité des raisons invoquées pour la marche" en affirmant qu'elles constitueraient une "provocation à des fins de déstabilisation". Les manifestations sont donc interdites.

L'Unité Internationale des Travailleurs-Quatrième Internationale (UIT-QI) avec l’AGIMO, en qualité de socialistes révolutionnaires, refuse cette interdiction et ses justifications, semblables à celles de tout gouvernement capitaliste qui accuse toute mobilisation populaire d'être "déstabilisante". Nous avons sans doute des divergences avec les organisateurs, mais nous reconnaissons leur droit à manifester. Or, c'est une chose que personne n'a le droit de faire à Cuba.

Le 11 juillet, des milliers de personnes sont sorties spontanément à La Havane et dans d'autres villes du pays pour protester contre le programme d'ajustement que le gouvernement Díaz Canel applique depuis janvier et qui a aggravé la faim, la pauvreté et les inégalités dans le pays. En réponse, le gouvernement cubain a réprimé et dénoncé les manifestations comme étant "payées et encouragées par l'impérialisme". Ce jour-là, les secteurs populaires les plus pauvres et les jeunes sont descendus dans la rue parce qu'ils ne pouvaient plus supporter la pauvreté et la profonde détérioration de leur niveau de vie.

La plateforme « Archipiélago » est une initiative du dramaturge Yunior García, qui a été arrêté lors des manifestations de juillet. Il s'agit d'une organisation large et diverse, avec une prédominance de secteurs liés au centre droit cubain. Nous ne partageons donc pas toutes leurs positions politiques mais nous revendiquons le droit de tous les Cubains à manifester et à se mobiliser pour leurs revendications.

À Cuba, les travailleuses, les jeunes et le peuple dans son ensemble ont de nombreuses raisons de défiler et de protester. Tant pour les libertés démocratiques que pour la grave crise sociale qu'ils subissent. Nous refusons que le gouvernement cubain continue d'utiliser l'argument du blocus impérialiste pour restreindre les libertés démocratiques, interdire le droit de grève et criminaliser la protestation populaire.

Bien sûr, le blocus et les sanctions les plus récentes imposées par l'impérialisme américain ont également un impact sur la crise sociale cubaine. Ce même blocus, que notre courant a toujours rejeté et combattu avec les peuples du monde, n'est cependant pas la cause fondamentale de la situation sociale dramatique dont souffre le peuple cubain.

Le socialisme n'existe pas à Cuba. Pendant des années, un capitalisme "à la cubaine" a été restauré. La vérité est que le peuple cubain en a assez de l’injustice flagrante avec :

L’AGIMO avec l'UIT-QI exige le droit des travailleurs cubains à se mobiliser pour les libertés démocratiques et contre l'ajustement du gouvernement.

La gauche critique cubaine a la responsabilité d'organiser et de coordonner tous les groupes et individus qui continuent à exiger le socialisme, à lutter pour une nouvelle révolution socialiste et contre le régime dictatorial à parti unique.

Nous sommes pour la mobilisation des travailleurs et du peuple :

Il est nécessaire de lutter pour un gouvernement des travailleurs et du peuple, pour un socialisme réel avec une démocratie ouvrière et populaire. Pour cela, il est nécessaire de construire une alternative politique révolutionnaire. Dans cette tâche, la gauche critique a une grande responsabilité.

 

Jean Dugenêt de l’AGIMO,

à partir d’un article de Miguel Ángel Hernández, Membre de la direction du Parti Socialisme et Liberté du Venezuela


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