EAU-France  : Une nouvelle dynamique de relations stratégiques

par Dr. salem alketbi
samedi 6 août 2022

La récente visite de Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan en France est un pas important vers la construction d’un partenariat solide entre les deux pays amis. La chaleur avec laquelle Son Altesse a été reçue lors de cette visite reflète la profondeur et la nature particulière des relations bilatérales.

Elle a attiré l’attention des médias français, qui ont rendu compte des réceptions spéciales réservées à Son Altesse par le chef de l’État lors de sa visite au célèbre château historique de Versailles. La réception a réuni plus de 100 invités du monde politique, économique, culturel et scientifique.

L’occasion a reflété le large éventail d’intérêts communs et la coopération croissante entre les EAU et la France. Les relations entre les EAU et la France se sont incontestablement approfondies au fil des années. La visite de Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan intervient sept mois seulement après la visite du président Emmanuel Macron aux EAU.

Le dialogue et la coordination continus entre les deux parties jouent un rôle stellaire dans l’établissement d’un terrain d’entente, ce qui contribue de manière significative à la compréhension mutuelle des positions et des politiques poursuivies par les deux pays.

Cela a récemment été démontré par la compréhension de Paris des motivations derrière la position des EAU sur la crise ukrainienne, malgré les positions différentes de Paris et d’Abu Dhabi sur la question. Les EAU, dirigés par Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, s’engagent à renforcer la coopération et le partenariat avec toutes les grandes puissances.

La situation exige une politique équilibrée fondée sur une prise de décision rationnelle. Lors d’une conversation téléphonique avec le président Macron, Son Altesse a cherché à clarifier la position de son pays sur l’augmentation de la production de pétrole avant sa visite à Paris.

Les Émirats arabes unis n’ont plus la possibilité de prendre une décision unilatérale pour augmenter la production de pétrole car ils respectent les décisions de l’OPEP+. Par conséquent, les EAU ont essayé d’expliquer leur position sur la question aux dirigeants occidentaux qui font pression pour augmenter l’offre sur les marchés pétroliers mondiaux afin de calmer les marchés et de faire baisser les prix.

Ce qui est clair, c’est que les relations entre les EAU et la France ont mûri pour permettre des différences d’opinion sur certains sujets et questions. Les deux parties ne se sont pas arrêtées à la question de l’augmentation de la production pétrolière. Elles ont entamé un partenariat stratégique global en matière d’énergie.

L’objectif de ce partenariat, comme l’a déclaré le gouvernement français, est d’identifier des projets d’investissement conjoints en France, aux EAU ou ailleurs dans le monde dans le domaine de l’hydrogène, des énergies renouvelables ou de l’énergie nucléaire, avec la possibilité de créer un fonds commun pour financer des initiatives vertes.

Les Émirats arabes unis se sont imposés comme un partenaire fiable pour la France. Conscients de l’impact profond de la crise ukrainienne et des mesures prises par les pays de l’UE pour réduire leur dépendance au gaz russe, les EAU recherchent différents moyens de soutenir le partenaire stratégique de la France dans ces conditions sans violer leurs engagements internationaux.

En témoigne également le choix de Paris comme étape de la première visite officielle à l’étranger de Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan depuis sa prise de fonction en mai. Cela nous rappelle le choix des Émirats arabes unis par le président Macron comme premier pays à visiter en dehors de l’Europe après son entrée en fonction.

Elle a une portée symbolique qui ne peut être négligée lorsqu’on essaie de comprendre les fondements de la relation EAU-France, qui, comme l’a décrit Macron, est liée à des valeurs humaines et à des idéaux qui transcendent le temps et le lieu.

Tout cela s’est traduit par la création en septembre dernier du Conseil économique franco-émirati, lancé à l’occasion de la récente visite de Son Altesse le chef de l’État en France. Son objectif est de renforcer les liens économiques entre les deux pays amis dans les domaines de l’énergie, des transports et des investissements.

Le Conseil d’affaires est composé de 18 chefs d’entreprise des deux pays, sélectionnés en fonction des opportunités d’affaires de leurs entreprises et de leur intérêt pour le renforcement des relations économiques entre les deux pays.

Le chef de l’État, Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, tient à développer les relations avec Paris, dans la continuité du rapprochement des EAU avec la France depuis son établissement sous le chef de l’État Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, lorsque les relations étaient caractérisées par un haut degré de spécificité, d’appréciation et de respect mutuel.

Ces dernières années, les relations entre les EAU et la France ont évolué de manière significative. Elles se sont approfondies dans les domaines de la coopération militaire et culturelle, notamment après l’installation du Louvre à Abu Dhabi, une étape importante dans l’histoire de ces relations.

Ajoutez à cela les bonnes relations personnelles entre Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed et le président français Emmanuel Macron, et vous comprendrez sur quelle base profonde reposent les relations entre les deux pays amis. Le timing de la visite de Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan en France ajoute également une dimension beaucoup plus profonde.

Il reflète l’intérêt des EAU à soutenir la France alors que les circonstances de la guerre en Ukraine ont mis le facteur énergétique au premier plan des préoccupations et des priorités stratégiques des deux pays.

Les relations des EAU avec la France sont devenues très particulières, tant par la diversité des piliers de ces liens, notamment lorsqu’il s’agit du secteur culturel, que par la capacité des deux pays à développer une perception commune des questions qui sont au cœur des intérêts de leur politique étrangère.


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