Elections européennes 2019 : se souvenir de 2014 en Suède, au Danemark et en Finlande

par RealScandinavie
jeudi 28 juin 2018

2019, c'est l'année des élections européennes. Beaucoup prédisent une poussée des populismes. Prenons du recul et arrêtons nous sur les résultats de 2014, dans trois pays : Suède, Danemark et Finlande. Ainsi, la Scandinavie est loin d’être homogène en termes de résultats. Le Danemark a certes suivi la tendance générale d’une montée du populisme eurosceptique et anti-immigration, mais la Suède et la Finlande ont vu la victoire des partis traditionnels de centre-droit et gauche. Un pronostic pour l'année prochaine ?

SUEDE

En Suède, le principal enjeu de la campagne concernait la lutte entre les deux principaux partis, le Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti (SAP - Parti social-démocrate suédois des travailleurs) d’une part, et le Moderata Samlingspartiet (Parti du rassemblement modéré - libéraux-conservateurs), au pouvoir depuis 2006. Ce dernier, d’abord crédité de 28% d’intentions de vote dans les premiers sondages de juillet 2013, s’est ensuite complètement écroulé pour finir à 16,5% d’intentions de vote en mai 2014. Il ne réalisera finalement que 13%, alors que le SAP redevient le premier parti suédois avec 23,7%, même si le score est inférieur aux prévisions.

La grande surprise de ces élections vient finalement des écologistes. Récente révélation des élections européennes de 2009 avec 11% des voix, le Miljöpartiet (Parti de l'environnement-Les Verts) a confirmé sa montée en puissance en prenant 17% des suffrages, soit le deuxième parti suédois. À l’inverse, le Parti Pirate, autre surprise de 2009, s’est effondré en faisant moins de 5%. Contrairement à d’autres pays de l’Union européenne, comme la France et le Danemark, l’extrême-droite représentée par le Sverigedemokraterna (Démocrates suédois) a réalisé un score médiocre de 9,7%, mais qui confirme sa montée en puissance (seulement 3,27% en 2009, puis 5,7% lors des législatives de 2010).

Actuellement, le pays est dirigé par un coalition minoritaire regroupant les sociaux-démocrates et des Verts.

DANEMARK

Il n’y a pas eu de surprise au Danemark. Les sondages avaient prévu la victoire du parti d’extrême-droite Dansk Folkeparti (Parti populaire danois), et ce dernier l’a effectivement emporté avec 26,6% des suffrages, devant les sociaux-démocrates du Socialdemokratiet (19,1%), le parti au pouvoir dans le pays depuis 2010. Rappelons que le Dansk Folkeparti, qui a gagné quasiment dix points depuis les Européennes de 2009, a refusé de s’allier au Front National français, qu’il accuse d’être antisémite.

Troisième, le Venstre, Danmarks Liberale Parti (Parti libéral), au pouvoir entre 2001 et 2010, est le grand perdant de ces élections et ne rassemble que 16,7% des voix alors que les derniers sondages prévoyaient un score de 20 à 24%.

Actuellement, le pays est dirigé par une alliance de trois partis de droite (Parti libéral, Alliance libérale et Parti conservateur), soutenus par le parti du peuple danois.

FINLANDE

En Finlande, la surprise majeure est venue des nationalistes du Perussuomalaiset (Vrais Finlandais) qui n’ont emporté que 12,9% des suffrages, alors que les sondages les plaçaient à 17% environ, et qu’ils s’attendaient à un score comparable aux législatives de 2011 (19,1%). Le parti d’extrême-droite réalise tout de même une progression de trois points (9,8%) par rapport aux élections européennes de 2009 et s’offre deux sièges de parlementaires contre zéro lors de la précédente mandature.

La victoire revient au parti au pouvoir, le Kokoomus (Parti de la coalition nationale, conservateur), qui réalise un score conforme aux prévisions de 22,6%, devant le Keskusta (Parti du centre, 19,7). Le Suomen Sosialidemokraattinen Puolue (Parti social-démocrate), autre parti d’opposition, arrive quant à lui en quatrième position avec 12,3% des voix.

Actuellement, le pays est dirigé par une coalition de trois partis : le parti du Centre, le parti Avenir bleu (une émanation-scission des Vrais Finlandais) avec Timo Soini comme ministre des Affaires étrangères, et le parti du Rassemblement national (conservateur).


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