Italie : Liberté de la presse de plus en plus menacée

par adambra
mardi 6 octobre 2015

En Italie la liberté de la presse est de plus en plus menacée. Pourtant il n’y a plus Berlusconi au gouvernement et Renzi avait promis d’incarner le changement, voire le bouleversement.

Cela a commencé avec des attaques dignes d’un Berlusconi vis-à-vis de l’une des dernières chaines italiennes qui hébergent encore quelques émissions courageuses d’enquête (Report, Presa Diretta) à droite et à gauche. Rai3 (la troisième chaine publique) fait de la “mafia journalistique” et “ne raconte que des conneries”. L’auteur de ces propos Vincenzo De Luca, actuel président de la région Campanie du Parti Démocrate du premier ministre Matteo Renzi, déjà condamné et “fier de mon casier judiciaire”.

Ce que aurait provoqué un tollé si ça avait été prononcé par un certain Berlusconi n’a suscité que peu de réactions. Le directeur de la troisième chaine publique Andrea Vianello s’est offusqué de ”propos inacceptables au delà des limites“. Mais à part ça aucune réaction de la part du Directeur General de la RAI Antonio Campo Dall’Orto ou de sa présidente Monica Maggioni récemment nommés à la tête de la télé publique italienne par le premier ministre Renzi (que le hasard veut, du même parti que M. De Luca) avec un salaire qui pour les deux avoisine le million d’euro par an (650,000 pour Monsieur et presque 400,000 pour Madame). L’austérité imposé aux italiens ne les touchent pas et ils se sentent peut être redevable vers le parti grâce au quel ils ont eu leur poste ? Peu importe si leurs homologues en Europe gagnent moins qu’eux (400,000 pour le PDG de France Tele et 600,000 pour celui de BBC).

On aurait pu croire que les propos de De Luca n’étaient qu’un dérapage non partagé par le Parti Démocrate (qui, en passant, est en train de faire voter une “loi bâillon” pour empêcher la publication des transcription des écoute téléphoniques suite aux innombrables scandales judiciaires qui ébranlent la classe politique italienne, mis à part le Mouvement Cinq Etoiles).

Mais la confirmation d’un certain type de rapport aux médias et d’une conception particulière de la presse est arrivé quelque jours après par le biais d’un député proche du premier ministre et membre de la commission de vigilance sur la RAI (oui, en Italie le parlement “surveille” la chaine publique en plus de nommer ses dirigeants).

Interrogé par un journaliste sur les propos de M. De Luca le député Anzaldi a avoué tranquillement que “il y a un gros problème avec la Rai3, ils n’ont pas suivi le parcours du Parti Démocrate, ils ne se sont pas aperçu que Renzi a été élu”.

Au moins c’est clair, non ?


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