Kafiristan
par FRIDA
samedi 4 septembre 2010
C’est curieux de voir des hommes issus pour leur majorité de familles très aisées, ayant fait leurs études en GB et parfois aux EUA ; ayant servis loyalement les colonisateurs se transformer en adversaires de ces derniers pour finalement « défendre » la cause de leurs coreligionnaires et les indigènes.
Le Pakistan est l’œuvre d’un homme qui n’a jamais montré de par son comportement le moindre attachement au respect strict des normes religieuses. Il est curieux de le voir réclamer un État où les musulmans ne soient pas minoritaires. Est-ce par peur de la domination des hindous ou parce que finalement un État laïc qui protège les droits de chacun quelle que soit sa croyance n’est pas le but et l’objectif à atteindre mais bel et bien de mettre des normes religieuses au dessus de tout consensus démocratique ? L’islam dit une chose et il ne faut pas la discuter et pas question que la loi de la majorité l’emporte. C’est le clan, le groupe social, le réseau, des liens et des affinités d’argent et de pouvoir qui ont animé beaucoup de leaders de Tiers-monde lors des indépendances.
La question nationale ne fut qu’un alibi. Certains furent naïfs et ils ont donné leur vie et leur énergie pour un combat dont le résultat fut confisqué par une minorité. Celle-ci n’a rien à envier aux anciennes puissances coloniales et elle les dépasse largement en cruauté et rapacité. Les gens ont réagit stupidement en pensant que la politique donne quelque chose aux pauvres et aux faibles. Ils ont substitué des exploiteurs par d’autres plus cruels et plus cyniques. Avant les indépendances, l’ennemi et l’adversaire était facilement identifiable, il venait d’ailleurs. Maintenant et plus de cinquante ans après les joies de l’indépendance, l’ennemi parle la même langue, pratique la même religion.
Pour revenir au Pakistan, ses premiers leaders l’ont conduit vers l’indépendance. Mais de quelle indépendance ? Il s’est affranchi de quoi et de qui ?
Le partage s’est fait parce que les Britanniques l’on voulu. Pour eux, et depuis la révolte des Cipayes, il ne faut plus laisser aux opprimés la possibilité de s’allier contre eux. Il y a eu bien là une question de graisse animale dans les cartouches. Mais, au-delà de l’interdit alimentaire, c’est surtout une conscience de pouvoir lutter contre l’injustice, le mensonge et le mépris. Il est cependant indéniable que les motifs liés à la religion et aux traditions sont déterminants dans le soulèvement. Cela peut être contourné. Les Britanniques tirent la leçon de cette révolte et leur perspicacité psychologique les met sur la voie déjà étudiée dans un petit livre intitulé le Prince, écrit par Machiavel. De jouer des traditions et des religions à des fins purement stratégiques et politiques, et notamment la pratique de la politique « diviser pour mieux régner ». Il existe et il existera toujours des excités de tous genres qui sont prêts à en découdre pour se sentir valorisés et assouvir des penchants belliqueux. C’est l’occasion de les encourager et de les entretenir, créant un problème insoluble à plusieurs inconnues. Lesquelles sont mises en avant chaque fois que ce sera utile.
Sir Muhammad Iqbal poète de son état fut l’un des premiers a émettre l’idée d’un foyer national pour les musulmans du sous-continent indien. En clair, un territoire, un espace séparé de l’Inde britannique.
Muhammad Ali Jinnah à mis en pratique cette idée lumineuse sortie tout droit de la tête d’un poète illuminé. Au lieu d’assister à une coopération des Indiens pour construire une nation laïque et démocratique, la ligue musulmane œuvre pour le partage des Indes, sous prétexte d’une prétendue crainte de l’hégémonie hindoue.
Les États princiers devaient choisir leur appartenance tout simplement par le fait du prince. Mais quand le Prince souhaite tirer son épingle du jeu, parce qu’il cherche l’autonomie de son territoire, un prince hindou avec une population musulmane, cela donne la partition du Cachemire. On joue une partition dans la partition. Et la symphonie sanglante continue.
Pour réaliser le rêve, d’un pays des purs, il aurait fallut que 15 millions de personnes soient déplacées des deux sens de la frontière nouvellement créée. Sans oublier les atrocités et les massacres des populations. Selon certaines estimations, bien qu’excessives, le nombre d’un million de morts (en quelque mois) n’est pas à exclure.
Ce n’est pas une nation historique, ce n’est pas la lutte d’un peuple, c’est le souhait d’individus nourris et soutenus par les Britanniques. D’autres peuples, même s’ils ont des leaders n’arrivent pas à trouver de visibilité. Les Kurdes et les Tamouls de Sri Lanka n’ont pas eu cette « chance » de se voir attribués un territoire.
Tout est bon pour, même après coup, enflammer la fibre nationaliste. Le Penjab, l’Afghania, l’Indus-Sind et le Baloutchistan et le Kashmir donnent l’acronyme (PAK) des territoires revendiqués par les musulmans. La religion est ainsi un élément fondateur de la « nation » des Purs. L’explication de texte quant à l’étymologie du mot « Pâk » est pour le moins douteuse quand on tente de lui donner une origine ourdoue. Rien n’est plus facile que de trouver une signification élogieuse à n’importe quel mot. Les publicitaires y sont forts.
Cette nation vit trois guerres avec l’Inde. Une partie de son territoire a été amputée pour donner le Bangladesh. Un conflit armé dans le territoire du Cachemire est en attente de solution. Une forte implication dans la création des Talibans, leur armement et leur soutien, et une frontière avec l’Afghanistan lui donne un droit de regard sur les enjeux internationaux de la région. La Chine a soutenu le Pakistan contre l’Inde et l’a probablement aidé dans son programme nucléaire.
Les jeux de stratégie font toujours des perdants, certains peuples qui ne sont au courant que de ce qui est autorisé de l’être et qui soutiennent aveuglement des luttes qui les dépassent.