La Cyrénaïque, épicentre de la contestation Libyenne

par Peyiba
vendredi 25 février 2011

Les événements récents en Libye ont débuté à Benghazi, deuxième ville du pays, et plus grande cité de Cyrénaïque. Cette région de l’est du pays, a toujours fait figure de zone rebelle dans l’histoire récente du pays aux prises de façon permanente de rivalités tribales. Pourquoi cette région a-t-elle toujours fait figure d’insoumise au régime du colonel Kadhafi ?


Il faut se rappeler que pendant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques s’étaient appuyés sur la très puissante confrérie des Sanussiya, dont le cœur était en Cyrénaïque, pour lutter contre les armées italienne et allemande.

La Libye, autrefois colonie italienne, fut ensuite placée sous mandat de l’ONU jusqu’en 1951, puis le Royaume-Uni poussa la création d’un royaume indépendant avec Mohammed Idriss el-Sanoussi (Idriss 1er), issu de cette confrérie. Il installa sa capitale à Al-Bayda, en Cyrénaïque, jusqu’à ce qu’il soit déposé en 1969.

Mais les tribus de la région restèrent favorables à la monarchie et aux Sanoussi et n’acceptèrent jamais réellement la prise du pouvoir de Mouammar Kadhafi, issu de la tribu des Kadhaf, près de Siirt.

En plus de sa propre tribu, Kadhafi s’est toujours appuyé sur les Warfala et les Margharha, leur réservant notamment l’appareil sécuritaire pour les premiers, et l’administration pour les seconds. Mais les tribus de Cyrénaïque, elles, ont toujours été exclues de l’appareil d’Etat, ont été maintenues dans un état de pauvreté, sans jamais pouvoir profiter de la manne pétrolière.

C’est dans ce contexte qu’une opposition islamiste armée émergea dans cette région dans les années 80. Dans les années 90, plus précisément de 1993 à 1998, Kadhafi envoya déjà des mercenaires, à l’époque plutôt issus d’ex-Yougoslavie ou d’ex-URSS, écraser dans le sang l’insurrection menée par le Groupe islamiste combattant Libyen. Plus de 10 000 miliciens furent envoyés en Cyrénaïque et bombardèrent, déjà, Benghazi. Beaucoup d’habitants de cette région furent massacrés ou détenus et torturés dans la sinistre prison d’Abu Salem.

L’un des fils de Mouammar Kadhafi, Saif al-Islam, a très tôt senti que cette région était une poudrière potentielle pour la Jamahiriya et détruisit cette prison symbole tout en libérant de nombreux détenus politiques. Mais cette ligne ne fut pas suivie par les durs du régime et les habitants de Cyrénaïque ont continué à être discriminés et mis à l’écart. C’est dans ce contexte que cette région a décidé de se soulever à nouveau, entraînant avec elle le reste du pays.


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