La réalité des conflits en Afrique : un rôle clé pour la France ?

par Cecilia Fabrou
jeudi 2 janvier 2014

Alors que l’armée française se retrouve engagée sur de nombreux théâtres d’opération en Afrique, les parlementaires viennent d’enregistrer une baisse du budget de la défense. Richard Attias, Jacques Attali, mais aussi Martin Schultz appellent à plus de solidarité et moins de naïveté sur ces questions, alors que les tensions se renforcent aux rythmes des attentats et autres déchainement de violence, comme dernièrement en Egypte…

Après l’intervention au Mali qui ne devait durer que quelques mois, les troupes françaises sont désormais mobilisées en Centrafrique. Outre le fait que les missions de l’expédition ne soient pas clairement fixées, l’opposition parlementaire, autorisée à débattre mais privée de vote, s’inquiète de « l’isolement » de la France sur ces questions militaires.
 
Ces préoccupations sont d’ailleurs partagées par le président du Parlement européen, Martin Schultz : « La politique extérieure et de sécurité commune en Europe est une fiction. A mes yeux, la France a défendu au Mali les intérêts de l'Europe. Et ces opérations en Afrique centrale défendent nos valeurs fondamentales. L'Europe doit soutenir la France ».
 
Après la réunion du Conseil Européen, François Hollande s’est dit satisfait des résultats des échanges entre les partenaires. Cependant, la déclaration d’Angela Merkel, nous laisse quelque peu dubitatif : « Pour moi, une résolution de l’ONU est insuffisante pour qualifier une opération militaire d’européenne. Il faut un feu vert des ministres des affaires étrangères de l’Union ». Une manière diplomatique de refuser toute discussion financière afin de soutenir les opérations de nos soldats.
 
Il y a quelques jours, Amnesty International dénonçait pourtant les « crimes contre l’humanité » perpétués lors des conflits interreligieux dans le pays. Devant ce drame humain, les anciennes puissances préfèrent donc rester discrètes, et la France se retrouve en première ligne et esseulée.
 
Des solutions alternatives existent pour prévenir les conflits en amont, et c’est justement le sens du Doha Goals Forum. Le directeur exécutif de la manifestation, S.E Sheikh Faisal bin Mubarak Al-Thani, et Richard Attias producteur exécutif ont d’ailleurs déclaré : « des discussions importantes ont été menées sur la manière dont le sport peut être utilisé comme un pont entre les cultures, et comme un moyen de promouvoir la paix et la lutte contre les discriminations ».
 
Il y a quelques jours, Jacques Attali plaidait pour que la France continue de jouer son rôle de gendarme. Evidemment, il s’agit de briser un tabou de plus. La France n’a plus les moyens de faire de la diplomatie morale, le voyage d’affaire du président en Arabie Saoudite, nous le confirme… Mais si les interventions françaises répondent à notre intérêt stratégique en matière de sécurité, comme le rappelle le livre blanc de 2008 ; nos interventions militaires sont également l’opportunité de reprendre des positions stratégiques dans cette partie du monde : arrêtons la naïveté !

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