La vie et la mort n’auraient-elles pas la mÍme valeur selon leur provenance ? Quelques chiffres qui en disent long

par Elvira Cerezo
mardi 13 septembre 2011

Depuis presque une semaine, on n'entend parler dans nos médias que du 11 septembre. Bien entendu, nous tous qui avons suivi les événements de ce tragique jour, nous ne pouvons qu'être horrifiés. Et de parler de terrorisme, de victimes, de malheur, de tristesse !

Sans retrancher quoi que ce soit à la douleur de ces familles durement touchées par le malheur, cette surmédiatisation ne peut que susciter quelques réflexions, que l'on peut traduire en chiffres et comparer aux 2'750 morts du world trade center.

- Congo RDC, 4 millions de morts, génocide au 21ème siècle qui se déroule dans l'indifférence à peu près générale de la communauté internationale.

- Insurrection syrienne : 2'600 morts estimés, massacres quotidiens dans la presque indifférence générale, jusqu'à ce jour on n'a entendu parler que de "sanctions économiques" ?

- Libye : 50'000 morts après l'intervention de l'OTAN.

- Côte d'Ivoire : plus de 3'000 morts

Ces chiffres nous obligent à nous interroger sur notre responsabilité découlant du silence /des silences ? coupables de nous tous et particulièrement de nos médias. Il est usuel aujourd'hui de considérer les médias comme le 4ème pouvoir dans les pays dits démocratiques. Nous pouvons cependant en douter. A commencer par le choix des informations et le poids que ce choix a sur les événements. Si on y réfléchit, on pourrait avancer cette 4ème place, pour la situer bien plus en avant. La presse porte une grande responsabilité sur le traitement que l'on applique à ces différentes situations.

Le dessous des cartes : il est indispensable d'analyser chaque situation en tenant compte du dessous des cartes, pour ne pas être dupes. Pourquoi la communauté internationale et spécialement la France s'est-elle impliquée en Libye, alors qu'il n'y avait au départ qu'une vingtaine de morts et pourquoi ne le fait-elle pas en Syrie ? En quoi Kaddhafi faisait-il de l'ombre aux français ? N'est-ce pas pour son implication dans le développement du continent africain, qui pouvait faire de l'ombre aux entreprises françaises ? Parlons seulement du satellite, le premier satellite africain RASCOM 1. L'article très intéressant à ce sujet du Professeur Jean-Paul Poulaga détaille les mensonges de la guerre de l''Occident contre la Libye (voir lien ci-dessous). La promesse des rebelles d'accorder le 35% du pétrole à la France, n'y est-elle pas pour quelque chose ?

L'implication de la France en Côte d'Ivoire, dans les dernières élections et la reconnaissance internationale du président Ouattara ressemblent fort à la politique de la Françafrique, soi-disant décriée et rejetée par Sarko. Le soutien ensuite de la France à Ouattara, sur le plan financier entre autres, quel résultat ? Quel sera le retour pour la France dans le secteur des matières premières, cacao, etc. ?

L'insurrection syrienne se déroule dans une indifférence presque totale, pour quelle raison ? Pourtant on voit tous les jours des images choquantes, les unes plus que les autres, tortures, etc. L'armée qui tire sur les insurgés et "finit le travail" en donnant le coup de grâce, ceci devant des caméras qui nous ressortent ça au journal télévisé, alors que nous sommes tous attablés devant notre repas du soir, entre deux bouchées ?

Quand au génocide congolais : une horreur indescriptible. Tiré d'un article publié par l'une des victimes faisant partie du Bureau d'Etudes pour le Congo (voir lien ci-dessous) : "ils ont éventré les bébés dans le ventre de leurs mamans, désorbité les yeux des paysans innocents, coupé des têtes des civils innocents, enterré et enseveli les femmes et les enfants vivants restés aux villages, arraché les mains, les pieds, les sexes des hommes et les seins des femmes ; ils ont pendu des hommes par le sexe aux branches d'arbres ; ils ont fusillé les populations civiles innocentes, etc". Ce génocide passé (presque) sous silence par la communauté internationale, que font les ONG qui dénoncent habituellement ces situations ? Faut-il un million de victimes en plus ? Deux ?

Nous devons tous agir, nous insurger, dénoncer, etc, rester silencieux, c'est consentir.

EC


Lire l'article complet, et les commentaires