Le 27 février : Jour des Gens Polis en Russie

par roman_garev
vendredi 27 février 2015

Le 26 février 2015 le président Poutine a signé le décret No. 103 sur l’établissement du Jour des Forces des Opérations Spéciales célébré le 27 février.

http://publication.pravo.gov.ru/Document/View/0001201502260061

À la différence des détachements de destination spéciale (spetsnaz) créés le 24 octobre 1918, le Commandement des forces des opérations spéciales (sily spetsopératsyï, SSO) a été instauré dans l'armée russe que récemment (son institution a été déclarée début mars 2013 : http://www.segodnia.ru/content/157152 . À comparer à l’USSOCOM http://en.wikipedia.org/wiki/United_States_Special_Operations_Command .)

Pourquoi cette date ? Facile à deviner : la nuit du 27 février 2014 les « gens polis » se sont manifestés pour la première fois en assurant la mainmise (par des insurgés pro-russes) sur l’édifice gouvernemental de la RAC (République Autonome de la Crimée) en Simferopol (les préparatifs de cette opération ayant pris quelques jours). Le matin les habitants de Simferopol ont été frappés d’apercevoir sur le toit du parlement criméen le drapeau de la Russie voisinant avec celui de la RAC (voir la photo : http://news-front.info/wp-content/uploads/2015/02/Vezhlivie_ludy02.jpg ).

La nuit suivante les gens polis ont visité poliment les dispatchers des aéroports de Simferopol et de Belbek et leur ont demandé, toujours très poliment, de ne pas empêcher l’arrivée des avions transporteurs militaires avec d’autres gens polis à bord.

L’opération a été planifiée parfaitement, du point de vue tactique comme opérationnel ; tous les accrocs ont été écartés poliment. Elle est devenue une illustration des plus frappantes de la doctrine de « la force douce ».

Plus tard Moustafa Djemilev, expulsé de la Crimée par le procureur Nathalie Poklonskaya, s’affligeait du fait que 110 hommes (contre 18000 militaires ukrainiens) avaient réussi à chiper la Crimée à l’Ukraine. Quelle blague. En fait, vers le 27 février l’Ukraine a déjà perdu le contrôle sur quelques villes de la Crimée et en premier lieu sur Sébastopol, où les tentatives de soulever les troupes ont échoué et l’amiral Ilyine a rendu les détachements y cantonnant. Au même Simferopol les forces du ministère de l’intérieur et du service de sécurité (SBU) étaient demi-dégénérés. Le « Berkoute » (licencié après le maïdan) s’est retranché à sa base et refusait de se désarmer. L’« Alpha » (au sein de SBU) était en train de fermenter. L’armée, n’en parlons plus. Tout ce qui restait entre les mains du premier ministre de la RAC Anatole Moguilev, c’étaient quelques autos blindées avec des « spetsnaz » de SBU à bord, armés et prêts à tirer. Mais toute la journée du 27 février, tandis que les insurgés accompagnés par des « gens polis » et la milice se renforçaient dans le quartier gouvernemental (voir la photo : http://news-front.info/wp-content/uploads/2015/02/Vezhlivie_ludy03.jpg ), ces autos blindées parcouraient la péninsule en quête des troupes russes mythiques. Le lendemain ces spetsnaz, revêtus en civils (avec des fameux capuchons noirs nommés « balaclaves »), ont essayé de faire irruption dans les édifices gouvernementaux, mais se sont retirés raisonnablement après quelques coups de feu préventifs, sur quoi la « lutte » pour la capitale de la Crimée s’est achevée.

Durant quinze jours suivants les gens polis ont désarmé l’armée ukrainienne en Crimée comptant 18000 militaires, ainsi que la flotte, sans un seul coup de feu (voir la photo : http://news-front.info/wp-content/uploads/2015/02/Vezhlivie_ludy05.jpg )

Bien sûr, tout cela n’aurait pu avoir lieu sans le concours de la population sympathisante (voir la photo : http://news-front.info/wp-content/uploads/2015/02/Vezhlivie_ludy06.jpg ), d’une grande partie des autorités locales et des officiers des troupes ukrainiennes en Crimée.

Pour conclure, voici un autre symbole burlesque du « Printemps russe » en Crimée : un chat remerciant un « homme poli » pour n’être plus traité de baleine (voir la photo : http://news-front.info/wp-content/uploads/2015/02/Vezhlivie_ludy10.jpg ). Jeu des mots : le chat est en russe « kote », et en ukrainien « kite », ce qui veut dire « baleine » en russe. Donc ce chat poli redevenu « kote » exprime la gratitude des Criméens pour l’achèvement de l’ukrainisation cultivée brutalement dans la région.

(D’après Colonel Cassad, Boris Rogine de son vrai nom, censé être l’auteur du terme « gens polis »)


Lire l'article complet, et les commentaires