Le Francop

par Zelote
jeudi 12 novembre 2009

Depuis plusieurs années les forces armées israéliennes livrent une lutte sans merci, et parfois secrète contre l’approvisionnement en armes des groupes armées tels que le Hamas ou le Hezbollah. La dernière interception du navire FRANCOP montre de part la quantité d’armes et de part leur nature que le groupe auquel était destiné la cargaison ne peut plus être défini comme une milice « armée de vieille pétoire ».

L’interception


Dans la nuit du 2 au 3 novembre 2009, une vedette lance-missile israélienne ainsi que deux bateaux transportant des commandos de marine (Shayetet 13) ont intercepté le MV FRANCOP alors qu’il quittait le port de Damiat (Egypte) pour rejoindre le port de Limassol (Chypre). Après s’être assuré la coopération du commandant polonais et de l’équipage du bateau, les commandos ont effectué une fouille rapide qui a permis de découvrir des armements cachés dans certains containers. Le Francop a alors été invité à changer de cap, pour le port d’Ashdod afin qu’un examen plus minutieux de la cargaison soit effectué.


 

La cargaison


A Ashdod, l’armée israélienne a déchargé 93 containers afin d’examiner leur cargaison. Après vérification par un scanner géant, 36 containers ont été séquestré parce qu’ils contenaient des armements. Dissimulée derrière des sacs de boulettes de polyéthylène et séparée par des plaques de polystyrène, la cargaison d’armes comprenait :

-   - 2000 roquettes de 107 mm, d’une portée de 8,3 km fabriqués en 2007

-   - 700 roquettes de 122 mm, d’une portée de 20 km fabriquées en 1988

-   - 700 détonateurs pour roquettes 122mm neufs

   - 5700 obus de mortiers de 60 mm, d’une portée de 3,1 km neufs et fabriqués en Iran

-   - 2300 obus de mortier de 81 mm d’une portée de 4,7 km neufs et fabriqués en Iran

-   - 780 obus de mortier de 120 mm d’une portée de 6,5 km neufs et fabriqués en Iran

-   - 3000 obus antichar de 106 mm d’une portée de 1,6km en tir direct et de 4,4 km en tir indirect, dans des caisses étiquetées en espagnol.

-   - 20000 grenades à fragmentation fabriquées en 2007.

-   - 570 000 munitions d’armes légères pour AK 47, sniper et mitrailleuses fabriquées en Chine.


Le parcours de la cargaison


Selon le manifeste du bateau, la cargaison dans lequel étaient caché les armes a quitté le port de Bandar Abbas, en Iran, le 22 octobre 2009. Après avoir été chargé par un bateau de la compagnie maritime nationale iranienne (IRISL), la cargaison a été déchargé dans le port égyptien de Damiat où le MV Francop l’a embarqué à son bord. Toujours selon le manifeste la cargaison devait être déchargée dans le port Syrien de Latakieh, après que le bateau ait fait escale à Limassol et à Beyrouth. Même s’il y a peu de doute sur la destination finale des armes, il est impossible de savoir si les armes devaient être déchargées à Beyrouth au cours d’une escale ou en Syrie et après être acheminée par camions au Hezbollah.


Les éléments qui incriminent l’Iran


Hormis la nature de certaines armes fabriquées en Iran, plusieurs documents prouvent que la cargaison fût acheminée d’Iran.

Le manifeste du MV Francop établit clairement que la cargaison a été chargé par la société iranienne IRISL.

La cargaison d’armes était cachée dans des containers dont le manifeste décrit une cargaison de 24 224 sacs de polyéthylène. Or ces sacs utilisés comme camouflage portent des inscriptions en anglais et en farsi, dont notamment le nom de la société fabricante : Société Pétrochimique Nationale d’Iran et son numéro de téléphone 9821-8788987 (98 étant l’indicatif de l’Iran).


La cargaison a été acheminée au port de Bandar Abbas par une société de transport dénommée Espahan Shob Sanat, basée à Ispahan en Iran.

Enfin, sur certains containers le sceau SEPAH a été retrouvé. Or qu’est ce que SEPAH ? Le SEPAH est l’acronyme iranien des Gardiens de la Révolution  : les pasdaran.


Une guerre sans fin 


Cette interception vient grossir à une liste déjà longue de tentatives iraniennes de transférer des armes en contrebande aux organisations islamistes.

-   -En Décembre 2001, les forces navales israéliennes avaient intercepté le Karin-A, chargé d’armes iraniennes destinées au Hamas (50 tonnes).

-   -En Janvier 2004, les Pasdarans ont utilisé les vols retours d’aides humanitaire (tremblement de terre de Bam) pour transférer des armes au hezbollah via la Syrie.

-   -En Mai, un train iranien transportant des armes légères, des lanceurs de roquettes, des obus de mortier et des munitions destinés au Hezbollah a été découvert par l’armée turque.

-   -En Janvier 2009, un bateau (le Monchegorsk) loué par l’IRISL a été séquestré par les autorités chypriotes car elles ont découvert une cargaison de roquettes, d’artillerie, d’armes antichars et de matériels servant à la fabrication de roquettes (poudre).

-   -Toujours en janvier 2009, l’aviation israélienne a détruit un convoi de 20 camions au Soudan qui contenait des missiles Fajr. Cette cargaison était destinée au Hamas.

-   -En Octobre 2009, Le navire Hansa India qui transportait une cargaison iranienne à destination du Hezbollah a été détourné vers Malte où des munitions et du matériel de fabrication d’armes ont été retrouvé.

Cette liste non exhaustive car d’autres interceptions n’ont pas été dévoilé montre clairement que l’Iran continue de soutenir les activités subversives de groupes radicaux sous son égide.



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