Le sort liť des peuples arabes

par Zoheir Rouis
mardi 9 août 2011

Depuis quelques mois, des mouvements populaires dans le monde arabe expriment à l’unisson une aspiration à une sortie de l’état d’exception, à un refus de l’arbitraire policier et de la corruption, à l’Etat de droit, à la libre expression de la société civile, au rejet de l’accaparement du pouvoir politique et des richesses, à la séparation des pouvoirs, au respect des droits individuels, …

Pourtant, ces mouvements citoyens se suivent mais ne se ressemblent pas.

Depuis quelques mois, des mouvements populaires dans le monde arabe expriment à l’unisson une aspiration à une sortie de l’état d’exception, à un refus de l’arbitraire policier et de la corruption, à l’Etat de droit, à la libre expression de la société civile, au rejet de l’accaparement du pouvoir politique et des richesses, à la séparation des pouvoirs, au respect des droits individuels, …

Pourtant, ces mouvements citoyens se suivent mais ne se ressemblent pas.

Alors que les Tunisiens et les Egyptiens ont réussi, en un temps record, à force de détermination, mais aussi, il faut le reconnaître, de soutien international, des Etats unis en particulier, à déloger leurs dictateurs, les Libyens, les Yéménites et les Syriens, qui leur ont emboîté le pas, peinent à arriver à bout de leurs despotes respectifs malgré la persévérance et la détermination qui forcent l’admiration.. C’est dire que les régimes dictatoriaux qui sévissent dans une forte majorité de pays arabes n’ont tiré aucune leçon de ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, s’accrochant jusqu’au bout, et quoiqu’il en coûte, à leurs fauteuils.



Si le sort du dictateur libyen semble scellé, quoiqu’il arrive et quelque soit le temps que cela prendra, il serait néanmoins hasardeux de dire que nous sommes face à une véritable révolution démocratique et populaire tant la coalition libyenne entrée en guerre contre le régime est encadrée par des anciens dignitaires de ce même régime et qu’elle est composée de tribus voulant renverser le rapport de force dans le pays. Il faudra attendre la fin des hostilités pour voir dans quelle mesure cette coalition est également mue par l’idée de l’instauration d’un véritable Etat de droit, pour autant que cette nécessité soit également exigée par la coalition internationale entrée en guerre contre le régime libyen comme étant une des contreparties (visible) de ce soutien.

Le régime yéménite quant à lui bénéficie du soutien de l’Arabie Saoudite, elle même un allié stratégique des Etats Unis. Ceci expliquant cela ! Autrement dit, la démocratisation de ces régimes despotiques mais néanmoins alliés n’est pas un gage suffisant pour les Etats Unis pour maintenir leur mainmise et leur influence sur ces pays.

La situation en Syrie est tout autre. Elle est nettement la plus dramatique de toutes. La population se fait littéralement massacrer au quotidien sans que la communauté internationale n’y trouve encore le besoin de pousser le régime syrien à céder aux revendications démocratiques, probablement parce que le régime syrien est bien plus utile aux intérêts israélo-américains dans la région que ne pourrait l’être un régime démocratique au service de son peuple avant toute chose. De fait, la communauté internationale alterne effroyablement entre un silence affligeant et une cynique hypocrisie qui consiste à répéter à longueurs de massacres que le régime syrien a perdu sa légitimité, comme si, il en avait déjà eu. Encouragé par une telle attitude, le régime syrien continu sa politique violente et intensifie les massacres.

Ces actes criminels se déroulent sous le regard et l’impuissance des rues arabes désabusées mais néanmoins soucieuses de voir d’autres pays arabes débarrassés du despotisme, car cela annoncera d’autres libérations.

Les despotes arabes quant à eux, encore fort légion, suivent naturellement de près ces mouvements et la réaction internationale, eux qui savent parfaitement que le feu couve dans leurs pays. Leurs espoirs reposent sur l’échec des mouvements démocratiques en cours en Libye, au Yémen et en Syrie, pensant probablement que cela mettra un frein aux mouvements internes destinés à les déloger.

Autant dire que le sort des peuples arabes n’a jamais été aussi lié que depuis ces derniers mois. L’issue des révolutions démocratiques en cours est primordiale pour une multitude de peuples arabes vivants sous le joug de la dictature, de la tyrannie, du culte de la personnalité et de la prédation. Notre soutien à ces révolutions démocratiques est donc une nécessité impérieuse pour nous mêmes comme pour d’autres peuples en lutte pour leur liberté.


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