Les amoureux du « diktat »

par jlhuss
samedi 8 juin 2013

Mercredi midi 5 juin, il est midi et des poussières, attablé devant des asperges que j'accompagne d'une sauce aux herbes (une mayonnaise à laquelle on ajoute un hachis de persil, d'estragon, de ciboulette, de cerfeuil, d'ail nouveau et d'oignons blancs et qu'on allège en lui incorporant le blanc de l’œuf battu en neige) j'écoute, sur Europe 1, un énième débat sur l'Union Européenne et sa « gouvernance » (ce qui est tout de même plus chic que l'Europe et ses gouvernants).

La répartition des intervenants obéit au principe dit du « Pâté d'alouette : moitié, moitié, moitié une alouette souverainiste et un cheval fédéraliste (ce dernier n'étant pas forcément Roumain) » Soit du côté eurolâtres : Sylvie Goulard du MODEM, une journaliste accréditée auprès de la Commission plus Axel de Tarlé économiste maison et du côté europhobe : Nicolas Dupont Aignan.

De part et d'autre les arguments restent dans le classique jusqu'à ce que le Président de Debout la République emploie à propos des « recommandations » bruxelloises à la France le mot de diktat. C'en est trop pour notre économiste ! Axel de Tarlé pète littéralement un câble. Vibrant d'indignation, il assène qu'il est heureux qu'il se trouve des responsables pour imposer, enfin, des diktats à la bande d'incapables qui depuis vingt ans gouverne notre malheureux pays et qui n'ont jamais eu le courage de faire les réformes qui s'imposaient. Entendre baisser les salaires, rogner les retraites, augmenter le temps de travail ou supprimer les prestations sociales. Dupont Aignan lui ayant fait remarqué qu'il ne manque à ces responsables que d''être élus ce qui pose tout de même un problème quand on prétend vivre sous le régime de la démocratie. L'autre en remet une couche et redit qu'élus ou pas, la chose est de peu d'importance et qu'il reste un fervent partisan des diktats. Du coup Nicolas prend la mouche et lui glisse que ce genre de déclaration rappelle fâcheusement les discours tenus en juin 1940 par ceux qui se félicitaient de voir les Allemands venir faire le ménage dans la maison France. Indignation de monsieur de Tarlé qui, pour clouer le bec de son adversaire, ne trouve rien de mieux à répondre qu'il ne saurait être pétainiste puisqu'il est né en 1970, argument auquel, hélas, l'actualité apporte un démenti quasi quotidien. Mais, pour rester sur le terrain de Monsieur de Tarlé, on se contentera de lui demander pourquoi, si avoir vu le jour en 1970 interdit d'adhérer aux doctrines nées avant cette date, il est devenu un disciple fervent d'Adam Smith. Peut-être ignore-t-il que le père du libéralisme a quitté ce bas monde il y a maintenant cent vingt trois ans soit beaucoup plus tôt que le Maréchal Nousvoilà décédé, lui, en 1951. Comme le disait Brassens : « Le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est... économiste libéral, on le reste.

CHAMBOLLE

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