Les kurdes syriens diffamés et trahis : Comment stopper l’enfer ?

par REMY Ronald
samedi 12 octobre 2019

Je suis attristé et scandalisé par l’invasion militaire turque en Syrie et par l’horrible propagande qui l’accompagne pour légitimer cette sanglante action illégale. Le tout face à un Conseil de Sécurité de l’ONU divisé et donc impuissant, comme en 2018. Une propagande ignoble même reprise et diffusée, paradoxalement, par « SOS Chrétien d'Orient », paravent de l'extrême droite identitaire française pro-Poutine et faux nez propagandiste du régime criminel de Bachar El Assad.

Rappel de la situation : 

Le régime dictatorial tortionnaire de Bachar El Assad est en conflit depuis 2011 (initialement dans le contexte du « Printemps arabe ») avec les djihadistes de DAECH, de Al Nostra (branche syrienne d’Al-Quaïda) et autres organisations terroristes soutenues par le pro-islamiste Recep Erdogan. Cette « coopérative pro charia » a pratiqué une sanglante épuration ethnique de sinistre mémoire dans et aux pourtours du « Califat », y compris dans le Nord sous contrôle turque après ses deux premières invasions illégales du Nord Syrien en 2016 et 2018.

(vidéos d'enfants kurdes égorgés, de femmes kurdes torturées aux seins coupés, etc. Ces djihadistes armés par Erdogan adoraient s’exhiber autour de leurs victimes et diffuser leurs horribles vidéos. Une production vidéo qui a été freinée puis niée par Erdogan et que, paradoxalement... l'Etat français interdisait de télécharger pour les visionner ! Marine Le Pen s’était fait judiciairement taper sur les doigts pour avoir visionné et dénoncé ces abominations).

 

Bref une salle guerre bien dégueulasse dont les kurdes, alliés méritants et courageux contre DAESH, subissent une propagande médiatique négative massive en provenance des « 4 cavaliers de l’apocalypse syrien » : la Turquie, la Russie, l’Iran et le régime de Bachar El Assad.

 

Aujourd’hui en Syrie, il semble qu’il ne reste plus que trois choix.

( Et bientôt peut-être uniquement deux, à cause du Président des États Unis d’Amérique qui argumente sa haute trahison par des propos démentiels : « la Syrie, ce n’est que du désert et de la mort » …/… « les kurdes n’ont pas aidé lors du débarquement de Normandie » ! )

 

1) Soutenir le régime tortionnaire de Bachar El Assad (Attention : régime cependant laïc protégeant les minorités, y compris chrétiennes), avec l’aide militaire constante, massive et officielle de la démocrature Russe ainsi que l’aide militaire grandissante de la démocrature Iranienne (notamment les « gardiens de la révolution » et les troupes du Hezbollah, troupes d’élites chiites que les avions israéliens n’ont pas peur de bombarder ouvertement sur le sol Syrien). Un régime que la Russie a sauvé en 2016 de justesse de l’emprise pro-charia, avec l’aide conjointe très utile des kurdes et des alliés.

 

2) soutenir l’envahisseur pro-islamiste Erdogan qui réclame depuis le début l’éviction de Bachar El Assad et qui a de tous temps armé les criminels djihadistes (y compris Al Nosra/Al-Quaïda et DAECH). Il contrôle directement ou indirectement le Nord de la Syrie (la région d’Alzaz-Al Bab envahie en 2016 « opération Bouclier de l’Euphrate » pour gêner la jonction entre les forces russes à l’ouest en provenance d’Alep reconquise et les forces kurdes qui enfonçaient les troupes de DAESCH à l’Ouest de l’Euphrate (carte n°1), la région de Afrine envahie en 2018 « opération Rameau d’olivier »(carte n°2), la région de Idlib où sont regroupés tous les opposants islamistes à Bachar El Assad. Remarque : La Turquie, (encore membre du Conseil de l’Europe, futur ex membre de l’OTAN ?) bénéficie cette année de l’étrange et redoutable protection des missiles sol-air S400 russes…

 

3) Soutenir l’intéressante expérience d’autogestion laïque kurde et de collaboration tant multiethnique que religieuse (y compris militaire) appliquée depuis 2012, suite à l’adoption de la nouvelle ligne politique sociale démocrate et non indépendantiste du PKK en 2005. Les FDS (regroupant les YPG kurdes, les milices arabes, syriaques, chrétiennes, etc.) sont maintenant reconnus pour leurs qualités, leur laïcité et utilité et soutenus par la coalition internationale, dont la France et la Grande Bretagne.

(En raison de cette évolution, Emmanuel Macron les avait reçus officiellement à l’Elysée le 29 Mars 2018).

 

NB1/ Concernant l’ignoble fable d’épuration ethnique par des kurdes, mensonge grossier véhiculé par la sulfureuse association « SOS Chrétiens d’Orient » : 

Les kurdes aux très faibles moyens policiers n’auraient jamais pu tenir 25% du territoire syrien s’ils avaient pratiqué cette politique. Avec sagesse et soucis d’efficacité, ils ont incorporé dans les organes civils et militaires l’ensemble des autres populations. Bien au contraire, ils ont systématiquement recueilli les réfugiés et victimes des djihadistes.

Exemple éclatant avec le sanctuaire kurde de la région d’Afrine, havre de paix au milieu d’un pays déchiré par la haine et la violence, qui avait recueilli en quatre ans un nombre de réfugiés supérieur à sa propre population kurde ! 

Une collaboration remarquable que les régions sœurs kurdes à l’Est de l’Euphrate ont imitée, délaissant progressivement les réflexes notoirement « guevaristes » voir « staliniens » d’origine, depuis la nouvelle ligne politique de 2005 des partisans PKK d’Öcalan (démocratie, socialisme, écologie et féminisme). Ce havre laïc de paix et de collaboration d’Afrine a été ouvertement envahi, médiatiquement saccagé et ethniquement épurée par la soldatesque islamiste d’Erdogan en 2018, en toute impunité, sans que la communauté internationale ne lève le petit doigt (et encore moins cette sulfureuse officine d’extrême droite pro-Poutine bien camouflée « SOS Chrétiens d’Orient », faux nez de la propagande du régime Bachar El Assad).

 

A ce jour, aucun Tribunal International pour juger les criminels de guerres en uniformes reconnaissables, à visage découvert, sur des photos et vidéos ignobles diffusées dans le Monde entier. Comme la photo « rescapée » en tête de cet article (qui me sera peut-être reprochée par la caste incompétente « bien pensante », car toutes ces photos sont systématiquement censurées en Occident, y compris sur les moteurs de recherche du web…). Par cette censure juridico médiatique, ce qui n’existe plus finit par n’avoir jamais existé. Au point de laisser renverser, via une intensive propagande médiatique à la Goebbels, l’accusation de crime de guerre sur les victimes ! Une « juridico-censure-bobo » (émanant « d’idiots utiles », comme disait Staline) très pratique pour tous les futurs Erdogan de la Terre…

 

NB2/ *Contrairement à la propagande intensive orchestrée par les « 4 cavaliers de l’apocalypse syrien » et par leurs complices au sein des populations occidentales mal informées, les autonomistes kurdes réaffirment à l’instar de Öcalan et du PKK, son total rejet de toute partition du territoire syrien ou turc.

 

Conclusion :

Grâce à l’envahisseur compulsif récidiviste Recep Erdogan

(et à l’erratique Donald Trump déclarant pour rassurer ses électeurs : « les 20.000 djihadistes libérés iront en Europe »),

le chaos risque de s’installer dans toute la région et impactera à nouveau sur l’Europe aux frontières notoirement poreuses.

On a eu, il-y-a longtemps, pendant la guerre de cent ans, « les bourgeois de Calais » à genoux attendant leur sort. Bientôt, peut-être, si l’impuissance de l’Europe continue, entre l’Angleterre et la France, nous aurons donc à Calais une affluence de réfugiés kurdes

(discrètement accompagnés de leurs tortionnaires, islamistes quasi inexpulsables faute de volonté et de moyens… Également pour cent ans, ou… plus ?)

 

Quand est-ce que cette guerre syrienne prendra fin ? 

Y-a-t’il un moyen d’éradiquer un jour le terrorisme islamiste mondial ?

Comment ? (en dehors des lapidaires et superficiels yaka-fokon des web-cafés du commerce)

 

Concernant la Syrie, les conditions d’une « paix crédible » sont objectivement assez proches de celles proposées* par la direction autonome kurde. Ces conditions démocratiques ont été transmises officiellement au gouvernement syrien et aux russes. Elles méritent d’être étudiées par la communauté internationale et l’ONU.

Mais (il y a un très gros MAIS) ces conditions démocratiques n’intéressent évidemment ni Erdogan, ni les islamistes, ni l’Iran, qui (comme le répète Israël) ont intérêt à nuire en Syrie le plus longtemps possible.

 

Donald Trump empêtré dans une procédure « d’Impeachment » lancée par les démocrates du sénat (et semble t’il maintenant avec le soutien de quelques sénateurs républicains hostiles à sa politique internationale) n’est plus crédible pour jouer les intermédiaires.

 

Boris Johnson, empêtré dans le long et inextricable processus de Brexit et le risque de conflit (voir de scission) avec l’Ecosse et l’Irlande du Nord, aura peu d’énergie et de courage pour s’occuper des kurdes de Syrie.

 

Emmanuel Macron, très mal conseillé par trop de ministres gaffeurs, isolé dans une Europe divisée et peu motivée par le Proche Orient, aura probablement trop peu de temps et un trop faible budget militaire disponible pour intervenir (il aurait au minimum fallu que les coûteux stocks de munitions de l’OTAN soient débloqués au profit de la petite et vulnérable aviation française face aux redoutables S400).

 

La Chine de Xi Jinping profite de la division et du ramollissement de l’Occident pour avancer un peu plus son « jeu de go » illégal à l’autre bout de la Mer de Chine (occupation et militarisation d’îlots stratégiques dans les zones territoriales à proximité des côtes des Etats voisins, trop faibles pour riposter). Elle appuiera donc diplomatiquement le seul partenaire digne d’intérêt à ses yeux (car objectivement complice) : la Russie de…

 

Vladimir Poutine, qui a son propre « jeu de go » illégal (mais terrestre).

 

En résumé, pour faire court :

Le sort des kurdes n’est pas entre les mains de nos articles, de nos pétitions ou manifs dans notre démocratie « archipélisée » (impuissante face à nos propres terroristes islamistes, du Mali jusqu’au cœur du service antiterroriste de notre ministère de l’intérieur  !).

Le sort des kurdes n’est pas non plus entre les mains d’un Emmanuel Macron trop affaibli politiquement en France et en Europe.

L’avenir des kurdes syriens dépend en fait de l’inébranlable Vladimir Poutine, au sommet de son art diplomatique digne d’un Nicolas Machiavel (et qui, lui, sait autant tenir ses ministères que choisir ses ministres…).

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