Ligne rouge : le degré zéro de l’humanité

par EL HARFI
mardi 27 août 2013

L'attaque à l'arme chimique a révélé le désengagement d'Obama de sa promesse "l'arme chimique est une ligne rouge" et le silence honteux de la communauté internationale sur le massacre de civils innocents.

 Barak Obama a regretté l’utilisation de la formule « l’arme chimique est une ligne rouge ». En tant que président de la nation qui tire plus vite que son ombre, il voulait rassurer les syriens, au cas où le régime de Bachar recourrait à ces armes interdites. De ce fait, les Etats Unis continue de jouer leur rôle de gendarme mondial. L’union européenne, alliée des américains, souscrit à leur vision. Depuis cette menace américaine, l’Etat syrien, appuyé par les milices iraniennes et celles de Hezbollah, massacraient dans les limites accordées : obus, bombardement, violes, tortures, carnage, etc. 

 Le 21 juin, la ligne rouge est franchie. Plus de 1000 morts, dont 400 enfants est le bilan d’une attaque chimique dans la banlieue de Damas. Les corps des victimes n’ont pas été blessés. Pas de sang « rouge » qui d’habitude coule à flot dans les raides aériens. Les rescapés sont en proie à des détresses respiratoires. Mais la maison « blanche » veut d’abord s’assurer de l’utilisation des armes chimiques. Le conseil de sécurité aussi. La plupart des médias internationaux rapportent l’offensive sous le mode de la réserve : «  l’attaques présumée à l’arme chimique.. »

 Or, l’objet au sein de l’ONU, n’est pas l’hécatombe d’innocents ; mais la façon dont le régime les a décimés. Autrement dit, si ces enfants, ces femmes, ces hommes ont été morts par des armes « conventionnelles », il n y aurait pas de problème, ni de réunion du conseil de sécurité. La boucherie serait « propre ». C’est le degré zéro de l’humanité.

 Les Etats Unis d’Amérique et les pays européens n’ont cessé de ressasser aux pays sous-développés qu’il faut respecter les droits de l’homme. Maintenant, on comprend que ces droits sont la mort par des armes autorisées. Une mort « propre ». Le comble est que ce massacre a été perpétré sous la couverture du l’ONU qui a diligenté une enquête pour s’assurer de l’utilisation des armes chimiques. Le timing n’est pas gratuit. Il fournit un alibi au régime de Damas.

 On se souvient du mensonge de la maison blanche sur la possession de l’Irak des armes chimiques ; prétexte pour envahir ce pays. Maintenant, où les preuves crèvent les yeux sur le recourt aux gazes neurotoxiques, Obama et l’union européenne se voilent la face. Double crime contre l’humanité. Le silence honteux des occidentaux est plus pire que les armes chimiques. Ces armes disent haut, ce que l’occident chuchote tout bas. C’est le degré zéro de l’humanité.

 Dans dix ans ou vingt ans, les Etas-Unis reconnaitront leur responsabilité dans le soutien du régime de Bachar et le coup d’état en Egypte. Il a fallu attendre des années pour qu’ils reconnaissent leur responsabilité dans la chute du premier ministre iranien en 1953.


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