Mahmoud Ahmadinejad : “Ben Laden n’est pas en Iran mais Washington DC”

par Allain Jules
vendredi 7 mai 2010

Le président iranien était l’invité vedette du journaliste  George Stephanopoulos, mardi dernier, dans la matinale de la chaîne américaine ABCNews. Face aux supputations journalistico-mystiques qui  parlent du terroriste Ben Laden. En effet, après un documentaire diffusé aux Etats-Unis intitulé “plumes de cocaïne”, les maîtres d’œuvre, puisque Ben Laden est introuvable, affirment, la main sur le cœur, que ce dernier vivrait confortablement en Iran depuis des années… Avec le flegme très british qu’on lui connaît, Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, a répondu par boutade sarcastique en affirmant à son tour que Ben Laden ne vit pas dans une grotte humide au Proche et Moyen-Orient, mais certainement dans un endroit plus confortable, notamment à Washington DC, puisqu’il est l’ami de George W. Bush. L’ancien président américain a dû apprécier cette sortie…

 

Ce qui suit est une traduction de l’entrevue, qui a eu lieu le mardi 4 mai 2010.


 GEORGE STEPHANOPOULOS : Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir accepté de nous rencontrer. Hier, vous avez désigné la secrétaire d’Etat Hillary Clinton comme une ennemie de l’Iran. Pensez-vous que le président Obama l’est aussi ?

MAHMOUD AHMADINEJAD : Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Je tiens à dire bonjour à vos téléspectateurs. J’espère que votre public et toutes les Nations ont une vie remplie de joie et de santé. En revanche, je n’ai pas tout à fait compris votre question. Qu’avez-vous demandé exactement ?

STEPHANOPOULOS : Je disais que sur Charlie Rose, hier, vous avez dit que la secrétaire d’État Hillary Clinton était une ennemie de l’Iran. Et je me demandais si vous pensiez la même chose du président Obama.

AHMADINEJAD : Non. Ce sont les mesures dont nous faisons allusion. Elles sont hostiles. Il ne s’agit pas d’une question de personnes. Nous ne sommes pas vraiment hostiles envers des individus. En revanche, les actions intentées contre l’Iran, sont des actes d’hostilité.

STEPHANOPOULOS : Mais, de quelles mesures parlez-vous ?

AHMADINEJAD : Il est clair que Mme Clinton est constamment en train de prendre des mesures contraignantes contre l’Iran.

STEPHANOPOULOS : Plus précisément, quelles sont ces actions que vous condamnez et dont vous faites allusion ?

AHMADINEJAD : Ecoutez, les positions et les actions que Mme Clinton prend à notre encontre, violent les droits de l’Iran sur la question nucléaire. C’est limpide et pas besoin de vous faire un dessin. Pensez-vous que Mme Clinton est vraiment une amie de l’Iran ?

STEPHANOPOULOS : Je pense bien que, Mme Clinton et le président ont tous les deux déclaré qu’ils aimeraient avoir une relation respectueuse avec l’Iran. Ce qu’ils disent est qu’il existe des preuves que l’Iran continue à enrichir son uranium, en vue de développer des armes nucléaires. Ils ne sont pas les seuls. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré hier qu’il revient à l’Iran de clarifier les doutes et les préoccupations relatifs à son programme nucléaire.

AHMADINEJAD : Vous voulez dire que Mme Clinton et M. Obama veulent se lier d’amitié avec l’Iran, mais que Ban Ki-moon, suite à sa déclaration, veut les en empêcher ? Expliquez-moi, je crois ne pas vous comprendre.

STEPHANOPOULOS : Non, j’ai juste posé une question.

AHMADINEJAD : Mme Clinton veut avoir de bonnes relations avec l’Iran, mais, Ban Ki-moon, par ses déclarations, semble vouloir l’y empêcher apparemment…

STEPHANOPOULOS : Non, ce sont les actions de l’Iran, selon les Etats-Unis : l’enrichissement de l’uranium, l’élaboration d’un programme nucléaire qui ne sont pas en accord avec les règlements de l’ONU, avec l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), que les États-Unis estiment qu’il faut combattre.

AHMADINEJAD : Parce que nous enrichissons notre uranium, Mme Clinton estime donc qu’elle ne peut être notre amie ? Est-cela que vous voulez dire ? J’espère bien vous comprendre. Clairement du moins…

 

Traduction : Allain Jules

 

 (Crédits photo / ABCNews)


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