Malgré l’éclatement de la première alliance, Hollande veut tuer des Syriens

par chelovek
samedi 31 août 2013

Les inspecteurs de l’ONU ont négocié leur visite pour enquêter sur la nature chimique ou non des bombardements sur une liste de points ciblés avant le 21 août. Puis, il y eut le bombardement-provocation du 21 août. Alors l’ONU a négocié et obtenu que l’objet de l’enquête soit élargi à ce dernier secteur. Les enquêteurs sont arrivés ; ils ont commencé par le dernier point bombardé… et ils sont partis sans enquêter sur l’objet premier de leur visite ! Et ils veulent faire un rapport sur ce seul point.

Cent mille victimes dont au moins trente mille sont le résultat d’actions des opposants armés à El-Assad. Quand on en est à cent mille victimes, les moyens importent peu.

Pour la mort réelle de mille personnes, prétendument sous l’attaque chimique du gouvernement, plusieurs milliers de personnes innocentes vont être assassinées : il y a là un paradoxe. Et cela est d’autant plus grave que les rebelles ont eux, opéré des frappes chimiques. On le sait maintenant.

D’ailleurs, les USA n’ont pas signé le traité de bannissement des armes chimiques et ils disposent d’un très important stock mis à la disposition d’unités militaires spécialisées. D’autres États occidentaux disposent de telles armes.

Alors pour revenir à notre sujet, où sont ces preuves ? Les USA parlent d’écoutes téléphoniques : ce n’est pas crédible ; cela rappelle trop la fiole exhibée devant le Conseil de Sécurité pour ouvrir les hostilités contre l’Irak. C’était une fiole pour justifier un million de morts, de dévastations. Aujourd’hui ce sont de prétendues écoutes téléphoniques pour bombarder la Syrie.

C’est pourquoi, aujourd’hui :

Le prix Nobel de la paix ne supporte pas de voir que malgré tout l’argent, malgré toutes les armes envoyées à ses agents en Syrie, sa mayonnaise ne prend pas : il sait comme l’a reconnu Cameron devant la Chambre qu’« il n’y a pas de preuves sur l’identité des auteurs » ; il sait, mais il veut absolument tuer des Syriens ! Le bombardement serait en plus décidé avant la fin de la rédaction du rapport des inspecteurs envoyés en Syrie et avant que le Conseil de Sécurité statue sur l’identité des auteurs.

Et, en plus, je suis prêt à parier que les « frappes chirurgicales US » vont tuer aussi des opposants à Assad et certainement beaucoup, beaucoup de civils.

Mais, Hollande, président de la France a dit « oui », peut-être même sans l’aval de l’Assemblée Nationale. Il tient lui aussi à assassiner des centaines de Syriens… même sans preuve formelle.

Le premier ministre, Donald Tusk, a été catégorique en s'interrogeant sur l'intérêt de frappes : "Je ne partage pas la foi ou l'enthousiasme de ceux estimant qu'une telle intervention aura des effets ou des conséquences adéquats."

Le ministre polonais des affaires étrangères, Radek Sikorski, a apporté, à Paris, dans une interview donnée au quotidien Le Monde l’éclairage qui manque pour comprendre la position de Varsovie : « il existe des pays avec une histoire coloniale qui se sentent assez forts pour intervenir dans des pays très étrangers à nos yeux ».

Avec des mots très diplomatiques, il accuse la France de Hollande d’avoir encore des réflexes colonialistes. Et, selon ce ministre, ce serait ce colonialisme chevillé au corps qui fait mentir notre gouvernement au peuple français, qui le fait intervenir dans les affaires intérieures des autres États du Tiers-Monde.

Cette remarque du ministre polonais me paraît tout à fait en cohérence avec la politique intérieure de nos gouvernants : la politique de dé-islamisation des populations issues des colonies ; cette politique vise en fait à rogner leurs droits, à les intimider pour retarder ou empêcher leur arrivée et leur rôle citoyen sur la scène politique et économique de notre pays. Le ministre de tradition espagnole franquiste (ses parents n’ont émigré en France pour des raisons politiques, en tant que républicains) peut donc se poser publiquement la question de savoir si l’Islam est compatible avec la démocratie, lui qui a juré publiquement fidélité à un État étranger, Israël. Lui, l’homme public dont la fidélité et la loyauté doivent aller exclusivement à La France et à la France seule.

Tout se tient : il y a concurrence sociologique en France entre les minorités issues des colonies et donc fondamentalement anticoloniales et les minorités associées (à tord !) au colonialisme comme les Français vivant en France qui, par dévouement au sionisme, paient pour envoyer leur voisin pauvre s’installer en Israël et « casser » de l’Arabe palestinien.

Oui, tout se tient : la politique intérieure de la nébuleuse socialiste correspond à sa politique internationale.

Et la base de cette politique, consiste à diviser les pauvres pour les neutraliser, à mentir pour « faire progresser le schmilblick et les bénéfices du capital » : Hollande espère par cette agression détourner l’attention de la population de la situation économique difficile en cette rentrée et redorer les sondages en sa faveur.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut commencer à lever la tête : on nous impose un niveau de vie de plus en plus faible pendant que les bénéfice du capital progressent honteusement. Pour détourner notre attention, on nous offre des faux problèmes ethno-religieux avec l’Islam, avec les banlieues, avec les quartiers… là, le gouvernement braque le projecteur de l’actualité sur la Syrie : dans ce pays la France va assassiner les laïcs en faveur des rétrogrades… qu’elle combat par ailleurs au Mali. Où est la logique dans tout ça ? Elle est dans la culture colonialiste, dans la politique colonialiste parce que celle-ci a historiquement précédé et elle est à la base de la ségrégation de classe passée et actuelle.

Hollande veut occulter les problèmes actuels très urgents, économiques et de souveraineté : dans la même interview où il confirmait au quotidien Le Monde sa volonté de bombarder des villes syriennes, il n’a pas condamné l’utilisation du voile islamique pour créer un problème à l’Université – au lieu de promulguer une loi, il suggère de procéder dans le même esprit en prenant chaque étudiante à part…

On a beau être athée, des telles injustices post-colonialistes récurrentes vous donnent envie de vous convertir à l’Islam et de vous promener en keffieh… à moins d’aller encore plus loin…

chelovek


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