Melbourne : une franšaise se fait traiter de « sale pute et de salope » parce qu’elle chante en franšais dans un bus

par menou69
jeudi 22 novembre 2012

Le soir du 11 novembre un groupe d'amies revenait d'une journée à la plage à Melbourne (sud) lorsque l'une d'elle s'est mise à chanter en français, sa langue natale, dans l'autobus bondé. Un passager Australien ne supportant pas d'entendre la langue française, l'interpelle en criant : "Speak English or die motherfucker" ("parle anglais ou meurs enculée)") et de menacer de "couper les seins de cette salope".

Captured on camera ... three people caught abusing a female commuter aboard the bus. Photo : YouTube
Read more : http://www.theage.com.au/victoria/racist-rants-mar-suburban-bus-ride-20121121-29p2r.html#ixzz2CwlO8vOn

Une autre passagère a pris le relais en scandant "Aussie, Aussie, Aussie" ("Australien" en argot), un cri de ralliement patriotique que l’on pousse dans les stades.

Croyant à un jeu bon enfant la Française a continué à chanter, un peu plus fort. Puis les choses ont dégénéré, des passagers à l'avant du bus se sont énervés et se sont mis à insulter les Françaises.

Un comédien, Mike Nayna, également passager dans ce bus, a filmé l'altercation et l’a mise en ligne sur internet avec des commentaires antiracistes. La vidéo de l'incident a été visionnée plus d'un million de fois.

Selon lui, la Française a crié "Mais vous êtes fous ! » aux gens qui l'insultaient. Puis, elle a apparemment dit à des gens de partir, ("Just go, you can go now"). vu que c'était leur arrêt, on voit ensuite sur la vidéo une femme lui proposer peu sympathiquement de descendre du bus, apparemment pour régler les choses dehors. Son compagnon qui pousse une poussette avec un jeune enfant dedans, ajoute alors :

"Putain je vais te planter, salope, si tu parles à ma meuf comme ça ! Vas-y, descends, sale pute !"

Pendant que cet 'homme descend après sa femme, un autre passager crie à la Française :

"Tout le monde dans ce bus veut te tuer, et va falloir que tu descendes à un moment ou à un autre, salope !".

L'homme à la poussette crie à son tour  : "Ouais, viens, connasse ! Regarde-toi ! On te l’a dit quatre fois, descends".

Le couple, qui est descendu du bus, frappe alors la vitre au niveau des françaises et on entend le bruit d'une vitre cassée, alors qu'un passager crie au chauffeur de fermer les portes et de repartir.

Le passager auteur de la vidéo, Mike Nayma a déclaré au journal "The Age" que les agresseurs s'encourageaient les uns les autres dans une mentalité de foule. Il explique également qu'au début, il a essayé d'intervenir dans la dispute, mais qu'il a été accueilli par une tirade raciste d'un des hommes disant que "les noirs devraient s'asseoir au fond du bus" (il a la peau marron clair). Un autre passager a donné une bière à l'un des agresseurs et lui a proposé d'utiliser son couteau de pêche, ajoute-t-il.

La police a lancé une enquête pour retrouver les agresseurs, aidée en cela par plusieurs médias et de nombreux utilisateurs de Twitter qui multiplient les appels à témoignages.

L'affaire choque l'Australie et dans la presse les condamnations sont unanimes. De The Age au Herald Sun en passant par le Brisbane Times, les éditorialistes reconnaissent que le racisme est un problème récurrent dans le pays, certains appelant à faire des agresseurs des exemples.

Cet incident a en effet rouvert le débat sur le racisme au sein de la société australienne, dont la dernière expression fut le meurtre d'un étudiant indien en 2010.

La Française, dénommée Fanny Desaintjores, a été contactée par le journal The Age, dans lequel elle confie : "J'ai réalisé qu'on n'aurait peut-être pas dû chanter dans les transports publics mais je trouve incroyable qu'ils aient réagi comme ça", en ajoutant "Nous aurions pu avoir une conversation et parler calmement au lieu de toutes ces insultes et ces menaces", Elle déclare que ses amies et elle ont entonné "des chansons populaires françaises joyeuses, pas grossières, probablement il ne connaissait pas la chanson et ne comprenait pas les paroles" .

Elle et ses amies n’ont pas compris les menaces : "Je pensais qu’il plaisantait au début et quand j’ai réalisé que ce n’était pas le cas, moi et mes amies ont cessé de rire. Nous avions peur qu’il nous frappe."

Melbourne est la capitale de l'État de Victoria, son premier ministre a qualifié l'agression d'"absolument honteuse" et appelé la population à dénoncer ses auteurs afin que les autorités leur "passent un bon savon".

L'ambassade française en Australie a été contactée par le Guardian, elle condamne l'agression, et assure que la jeune femme n'a pas pris contact avec elle.

Sources : Wikipédia, theage.com, heraldsun.com, brisbanetimes.com, theage.com, The Guardian,


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