Tibet : première du film d’un ancien prisonnier politique tibétain à New York, et évasion d’une nonne en Inde

par Tibet Libre
samedi 25 septembre 2010

Si au début des années 2000, des prisonniers tibétains comme Ngawang Choephel ont été libérés pour des "raisons médicales", en vertu d’une loi chinoise permettant d’accorder leur libération à des prisonniers malades ayant purgé plus d’un tiers de leur peine, cette clémence a pris fin comme l’illustre le cas de Palden Choedron, une nonne qui tenta à deux reprises la dangereuse traversée de l’Himalaya. Pour elle, la dernière tentative fut la bonne, puisqu’elle vient d’arriver en Inde.

Ngawang Choephel qui eu relativement plus de chance, a récemment réalisé un film sur sa vie et sur la cause tibétaine. Ngawang Choephel, un ethnomusicologue tibétain et réalisateur de documentaire qui avait été emprisonné par les Chinois pendant plus de six ans a réalisé un film dont on souligne le caractère extraordinaire et qui raconte simplement son histoire remarquable. Son documentaire, “Tibet in Song” (Le Tibet en chansons) est doublement puissant car il retrace aussi l’histoire générale de la lutte des Tibétains, une réponse à la campagne du gouvernement chinois qui tente de museler la culture et les symboles tibétains, réprimant d’autres Tibétains en résistance. Son film a été projeté en première à New York le 24 septembre.



Ngawang Choephel avait été arrêté en août 1995 après qu’il eu été vu au marché de Shigatsé près de Lhassa, alors qu’il réalisait des images pour un documentaire sur les danses, la musique et les chants traditionnels tibétains. Il avait été condamné, sans procès, en novembre 1996, à dix-huit ans de prison pour "subversion", "espionnage" et "activités contre-révolutionnaires". Ngawang Choephel était réfugié en Inde depuis l’âge de deux ans. Après six ans et demi de détention - et douze ans avant la fin de sa peine - Ngawang Choephel, a été libéré, le 20 janvier 2002, de la prison de Chengdu en Chine, juste avant une visite du Président George W. Bush en Chine. Son séjour en prison l’a en définitive initié à la cause tibétaine comme en témoigne son film. La mère de Ngawang Choephel, Sonam Dekyi, réfugiée en Inde, n’avait jamais cessé de lutter pour la libération de son fils. Elle manifestait chaque jour à New Delhi, devant le Parlement, pour que l’on n’oublie pas son fils qu’elle n’avait pu voir qu’une seule fois depuis son arrestation. Des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées à travers le monde pour la libération de Ngawang Choephel, en particulier des artistes comme les chanteurs Paul McCartney, Annie Lennox, Sting, Peter Gabriel, David Bowie et en France, Jean-Louis Murat. Près de 50 maires français avaient signé, à l’initiative du magazine Maires de France qui parrainait le réalisateur tibétain, une pétition demandant sa libération. Des associations comme la fondation Dui Hua, une fondation qui œuvre pour la libération de prisonniers chinois han, tibétains, ouighours et mongols, Reporters sans frontières et Amnesty International avaient également demandé sa libération.

Si le cas de Ngawang Choephel nous a beaucoup ému, celui de Palden Choedron est encore plus poignant. Palden Choedron, l’une des 14 nonnes tibétaines emprisonnées, aussi appelées les « nonnes chantantes » après qu’elles aient réussi à faire sortir clandestinement de prison l’enregistrement d’un chant, a dû s’y reprendre à deux fois pour traverser l’Himalaya.

Palden Choedron avait été arrêtée en 1990 pour avoir manifesté à Lhassa, elle avait été condamnée à 3 ans d’incarcération dans la terrible prison de Drapchi. Avec 13 autres nonnes, elle participa au chant enregistré en 1993, évoquant leurs souhaits pour le Dalaï-lama et le Tibet, dans le but de démontrer à leur famille que leurs esprits n’avaient pas été définitivement broyé par le système carcéral implacable et sans pitié de Drapchi. Soumise à une torture qui entraîna la mort d’une des 14 nonnes, Palden Choedron vu sa peine allongée de 5 années en raison de ce chant. Elle avait été libérée en 1998, mais ne fut jamais autorisée à regagner son monastère, elle n’avait d’autre choix que de fuir. Palden Choedron, avait été arrêtée dans les montagnes, alors qu’elle tentait de fuir le Tibet, et elle fut à nouveau condamnée à trois ans de camp de « réforme par le travail », un de ces sinistres laogai.

Après sa seconde tentative, elle arriva enfin en Inde début septembre. Nous ne pouvons qu’espérer que cette excellente nouvelle en augure d’autres, et que les milliers d’autres prisonniers tibétains puissent tous être bientôt libres.


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