Un drôle de Vaudeville politico-sentimental scandalise toute l’Espagne...

par ALEA JACTA EST
mardi 11 novembre 2014

Bonjour les amis,

L'actualité espagnole vient de nous servir un de ses épisodes les plus croquignolesques qui soient la semaine dernière, et je ne résiste pas au plaisir de vous le raconter.

Vous saviez que l'opération PUNICA avait permis la détention d'un responsable de premier plan Francisco Granados, qui allait de plateaux télé en plateaux télé en déclarant qu'il fallait faire la guerre à la corruption jusqu'au jour où il a été lui même détenu en tant que chef politique d'une trame de corruption.

Pendant que le parti populaire vivait ses heures les plus noires, les barons du PP commençaient à s'énerver sérieusement devant l'inaction de Mariano Rajoy qui laisse augurer une véritable bérézina électorale dans quelque mois.

L'un d'entre eux, José Antonio Monago, chevalier plus blanc que blanc du PP, président de la communauté d'Estremadure avait fait de terribles déclarations publiques, en affirmant, je cite :

" Quand les égoûts commencent à puer il faut les nettoyer à fond"...tout le monde avait bien compris le message : ce baron réclamait une vraie purge.

Cette même semaine était prévu dans le fief de Monago à Caceres, une convention du PP avec Rajoy, Cospedal, et tous les présidents de région du PP sur le thème : " Bonne gouvernance et transparence".

En effet le PP, coulé par les mauvais sondages, essaie de sortir la tête hors de l'eau et avait décidé de faire cette convention sur les terres de notre chevalier blanc hyper-populaire : un bon exemple illustrant parfaitement la bonne gouvernance,histoire de se redonner du moral.

Deux jours avant, cette réunion au sommet, une petite bombe a été lâchée dans PUBLICO qui est un journal digital. Selon des sources de bonne foi, MONAGO aurait effectué 32 voyages en 16 mois en avion Ibéria business class pour aller voir sa " fiancée" aux îles Canaries et en facturant tout cela sur le compte du budget du Sénat comme si c'était des voyages de travail.

24 heures plus tard Monago comparaît en conférence de presse sans être capable de justifier de manière sérieuse ces 32 voyages qui ont eu lieu en 2009. Malgré tout il dit qu'il va attaquer en justice le journal PUBLICO pour défendre son honneur...

Gros malaise juste avant la convention... Mariano Rajoy peut difficilement annuler.Branle-bas de combat au sein du PP et changement de stratégie. La direction obtient de Monago qu'il rectifie le tir devant l'effet desatreux sur l'opinion nationale. Celui-ci pendant la convention déclare qu'il n'est pas coupable, qu'il va se défendre ( sans apporter le moindre élément nouveau, pas la moindre trace écrite de ses " réunions de travail" aux îles Canaries), et il dit qu'il va rendre tout l'argent.

Et là, on frise le ridicule mes amis, car si les voyages étaient pour son travail de sénateur il n'y a aucune raison de les rembourser, et dans le cas contraire, non seulement il devrait rembourser mais aussi DÉMISSIONNER.

C'est donc dans ce contexte plein d'incohérences, de ridicule et de suspicions que Rajoy lui a renouvellé sa confiance publiquement durant cette convention ( là je crois qu'on touche le fond du fond...)

Enfin, cerise sur le gateau, on apprend que la belle" fiancée", charmante colombienne répondant au doux nom de Olga, avait séduit également un autre député du PP (avant ou après je ne sais plus), qui lui aussi allait la voir aux frais du contribuable mais qui a démissionné samedi dernier, c'est à dire le matin même de la convention... Là, ça devient grandguignolesque.

Voici une photo de Olga Maria Henao Cardenas, la croqueuse de parlementaires...

 

Voici notre chevalier blanc qui ne songe toujours pas à démissionner.

 

Notez que pendant sa comparution à la convention, derrière lui est écrit le mot "Austérité"...le comble.

Que voulez-vous que j'ajoute après ça ? C'est vraiment le pompon après une actualité dense d'affaires de corruption en tous genres, il ne manquait que l'allumeuse de députés dont chaque rencontre amoureuse était financée par les contribuables ( allez voir sur une carte, les îles Canaries c' est pas tout près de Madrid).

Cette histoire pourrait n'être qu'un vaudeville DSKanesque de plus, mais ce qui est incroyable, mes amis, c'est que Rajoy ne se soit pas éloigné de ce personnage comme de la peste, lui qui a demandé pardon au peuple espagnol la semaine dernière.

Non, ce samedi en pleine convention et sous un tonnerre d'applaudissements il lui a renouvellé sa confiance...comme il l'a déjà fait pour Barcenas, Rodrigo Rato ,etc...etc...

 

Enfin, et par ailleurs, ce scandale attire l'attention sur les normes de fonctionnement du Sénat qui ne demande aucun document justificatif aux sénateurs et qui compte simplement sur leur " honnêteté et honorabilité" pour justifier leurs voyages...


Lire l'article complet, et les commentaires