Une fraude grave à l’élection présidentielle de la Corée du Sud

par sooj
lundi 1er juillet 2013

En Corée de Sud, il y a un nouveau mouvement résistant pour refonder la démocratie. Depuis une dizaine de jours, les étudiants d'université, les professeurs, les églises catholiques, les bouddhistes, sont en train de participer à la déclaration contre la destruction de la démocratie du pays. Ce mouvement a été suscité par la fraude organisée par le service sercret (NIS), qui est confirmée par les procureurs.

L'élection présidentielle de 2012 en Corée du Sud doit être invalidée

Won Sei Hoon, ancien directeur des services secrets de la Corée du Sud (NIS), est accusé par les procureurs d’avoir influencé l'opinion publique lors de la campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2012. Selon ces procureurs, Won Sei-hoon a ordonné aux employés des services secrets d’intervenir sur internet en faveur de Mme Park Geun-hye. Ainsi Mme Park, qui est la fille de dictateur Park Jeonghee, a battu son rival Moon Jae-in avec une légère différence de voix. Les procureurs ont dit que Won était systématiquement et massivement intervenu pendant l'élection en violation du code électoral. Bien qu'ils soient certains des agissements de Won, les procureurs l'ont accusé sans l'arrêter pour autant, et ils ont suspendu l'accusation contre les employés concernés. Ils se sont aussi précipités à clore l'enquête.

Cette fraude électorale secoue le socle de la démocratie en Corée du Sud. Démocratie qui a été construite notamment à travers la révolution du 19 avril 1960, qui s’opposait déjà à une fraude électorale, et aussi grâce au mouvement de grande résistance des citoyens en 1987.

Depuis une dizaine de jours, les déclarations d’étudiants et de professeurs d’Université, commencés à l’Université des femmes « Ehwa » et à l’Université Nationale de Séoul, se succèdent pour exiger l’invalidation de l’élection. Les expatriés coréens aux Etats-Unis aussi bien qu’en Europe, sont en train de participer à cette vague de protestation et revendiquent la refondation de la démocratie coréenne. Il est à noter, qu’hélas, la presse française dans son ensemble observe le silence sur cette affaire qui constitue l’un des plus grands scandales politiques de ces dernières années en Corée du Sud.

Il est clair que la Présidente Park a pu être élue grâce à l'intervention systématique du NIS et par la manipulation de l’opinion publique. Mme Park prétend ne pas l'avoir su et préfère occulter ce grave crime contre la démocratie. Si elle n'était vraiment pas au courant de ces agissements, l’élection présidentielle s’étant déroulée de façon illicite devrait être invalidée. Et si la Présidente, garante de la Constitution et de son respect, ne le savait pas, cela prouverait qu'elle ne peut assumer légitiment son rôle n’ayant pas la qualification requise pour cela.

Pour toutes ces raisons, les citoyens coréens exerceront leur souveraineté et exigeront le respect des règles démocratiques. Ils s’opposeront, si les résultats de l’élection étaient maintenus, à ce qui serait un coup de force. Même si nous résidons actuellement en France, nous sommes néanmoins des citoyens de la République de Corée. Nous revendiquons une enquête approfondie sur l’intervention du NIS pendant l’élection présidentielle. Nous demandons aussi fermement la démission de la Présidente Park car elle a été élue dans le cadre d’élections truquées.

Si notre demande juste et démocratique n’était pas acceptée, cela serait le signe que la Présidente Park n’a aucune légitimité à la tête de la République de Corée et qu’elle laisse s’installer la destruction de la démocratie. Cette conjoncture déclenchera un grand mouvement citoyen de résistance.

Les Coréens en France qui exigent la démocratie pour la Corée

Les Coréens qui ont lancé la pétition pour demander la démission de la présidente Park (29.6.2013, Paris)

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