Uranium appauvri : crime Fallouja…

par Robert GIL
jeudi 19 juillet 2012

En 2004, sous le mandat de G.W. Bush, plus de 15.000 soldats de l’armée américaine donnent l’assaut à la ville de Fallouja (Irak). Pendant plusieurs semaines les raids de l’aviation se succèdent larguant des centaines de tonnes de missiles.

Parmi ces projectiles figuraient des bombes au phosphore blanc, une arme chimique et incendiaire interdite contre les populations. Mais c’est l’usage massif de bombes à l’« uranium appauvri » qui a eu les conséquences les plus graves sur la santé des habitants de Fallouja.

Réalisé pour France-Info, le documentaire de Feurat Alani – Irak : Les enfants sacrifiés de Fallouja – montre les effets terribles de l’emploi de ces armes : des bébés naissent avec la tête difforme, des organes en moins ou des membres atrophiés. Un nouveau-né sur cinq serait atteint de malformations graves. A ces malformations apparues à partir de 2005, s’ajoute des cancers à des taux jamais atteints ailleurs.

Selon une étude scientifique publiée en 2010, sur la période 2006-2009, le taux de mortalité à Fallouja s’élèverait à 80 ‰, quand des pays voisins comme l’Egypte et la Jordanie affichent respectivement 19,8 et 17 ‰. (International Journal of Environmental Research and Public Health.). Pour Feurat Alani, « chaque famille ou presque a son « bébé-monstre » à Fallouja ».

Sous-produit de l’enrichissement de l’uranium naturel, l’uranium appauvri présente une densité très élevée, propriété utilisée dans les applications militaires pour la fabrication de blindages et de projectiles. La plus caractéristique des munitions à uranium appauvri est l’obus-flèche. Il est doté d’une barre à uranium appauvri longue d’environ 25 cm. Son impact sur un char provoque une fusion du blindage et une projection de métal liquide dans l’habitacle. Le char explose en 5 secondes. Avant Fallouja, l’armée américaine a utilisé des munitions à uranium appauvri lors de la première guerre du Golfe et dans les Balkans (30.000 obus ont été tirés au Kosovo et 10.000 en Bosnie). En 2001, après la guerre du Kosovo, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a réclamé l’interdiction de la fabrication, des essais, de l’utilisation et de la vente d’armes à l’uranium appauvri afin de préserver les générations présentes et futures. Pour la population civile, les dangers résident dans les poussières et les aérosols dissipés par l’effet pyrophore des ogives d’obus à uranium appauvri. Lors de l’impact, l’uranium appauvri se divise en très fines particules dont certaines prennent feu spontanément : c’est la caractéristique d’un métal « pyrophore ». Ces particules peuvent être inhalées ou ingérées dans les aliments, l’eau potable ou les sols contaminés.

La toxicologie chimique de l’uranium appauvri, plus importante que sa toxicité radiologique, est comparable à celle des métaux lourds comme le plomb ou le mercure.

Robert James Parsons a révélé (loi du silence sur l’uranium appauvri, Le Monde diplomatique, février 2001) que « les agences des Nations unies ont imposé une chape de silence sur la dangerosité radiologique et chimique de cette arme » et qu’il a fallu attendre janvier 2001 pour que l’Organisation mondiale de la santé « envisage » d’enquêter sur les effets de l’uranium appauvri sur les populations du Golfe.

 Les Etats-Unis n’ont pas ratifié le traité de Rome qui institue la Cour pénale internationale. Ce qui met ses dirigeants et chefs militaires à l’abri de toute poursuite pour leurs crimes.

http://2ccr.unblog.fr/2012/07/10/uranium-appauvri-crime-a-fallouja/

Publié sur Conscience Citoyenne Responsable avec l'autorisation de l'auteur

Voir également : GENOCIDE A L’URANIUM


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