Carla Bruni sur RTL, un enfumage en règle

par Omnibuzz
lundi 1er février 2010

Samedi, l’épouse du président de la république était la rédactrice en chef du Journal Inattendu sur RTL.
 
D’emblée, l’animateur, Harry Roselmack, l’interviewe sur la polémique entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy.
 
L’ancien Permier ministre a été relaxé jeudi par le Tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire Clearstream. Selon certaines sources, Carla Bruni-Sarkozy aurait, en off, très mal pris cette question, menaçant même de quitter le studio et de laisser en plan le journaliste.
 
Une impression qui ne transparaît pas dans la vidéo où la chanteuse s’épanche très volontiers et sans colère apparente.
 
Mais au fait quelle est la légitimité de l’épouse du président sur ces sujets ?
 
« Je reviens d’un voyage en Afrique et la première chose dont vous me parlez, c’est d’un événement qui me met forcément dans l’embarras. Je me sens piégée, j’ai vraiment envie de partir », aurait déclaré Carla Bruni-Sarkozy à son interlocuteur le journaliste Harry Roselmack pendant la première coupure publicitaire du Journal inattendu.
Le Parisien relate cet incident. Selon le Point la dame aurait même été jusqu’à dire : « Si on n’arrête pas, je me casse, je me casse ».

De leur côté, les auditeurs n’ont pas eu l’impression d’assister à un clash. En revanche bon nombre d’entre eux se sont demandés de quel droit l’épouse d’un président de la république qui n’a aucun mandat électif et n’exerce aucune responsabilité politique, s’exprime sur une affaire d’état.
 
Elle est la femme du président, certes. Rien de plus. Elle est aussi, paraît-il, c’est Dominique de Villepin qui le prétend, amie avec Marie-Laure de Villepin, la femme de l’ex-Premier ministre. Pourquoi ne pas avoir demandé son avis à cette dernière. On aurait eu l’impression d’assister à une conversation dans un salon de thé du Faubourg Saint-Honoré entre deux dames bien élevées.

L’incident relaté par le Parisien ressemble plutôt à un enfumage en règle. La pseudo « première dame de France  » (ce titre n’existe pas), après avoir franchi une ligne jaune, a préféré reléguer cette soi-disant erreur de communication au second plan en la maquillant vite fait d’une indignation vertueuse d’autant moins raccord qu’elle semble l’expression d’une vierge effarouchée.

Juste après la coupure publicitaire, toujours selon Le Parisien, Carla Bruni aurait miraculeusement  retrouvé son calme face à Harry Roselmack qui lui aurait posé des questions sur son action en Afrique.
 
A la fin de l’émission, rabibochés, l’animateur et l’ex-mannequin auraient même longuement bavardé autour d’un buffet. Elle est pas belle, la vie ?
 
Le Parisien assure qu’elle aurait confié au journaliste « je n’ai rien contre vous en particulier, mais je regrette que les journalistes ne s’attachent souvent qu’à l’écume des choses". Et de conclure : C’est peut-être pour ça que je me fais si rare ».
 
Le Figaro, qui relate le commentaire de Carla Bruni-Sarkozy sur RTL, est sans doute moins informé que Le Parisien et le Point puisqu’il relègue la "colère" de Carla Bruni Sarkozy au second plan et imagine d’entrée de jeu, quelle idée, une opération de défense du chef de l’Etat dans le dossier Clearstream.
 
Dans cette opération, l’épouse de Nicolas Sarkozy est un élément du dispositif, ce qui relativise pas mal la thèse du dérapage imputé à l’animateur du journal inattendu.
 
Il suffit de voir la vidéo de l’échange entre « la première dame » et le journaliste pour constater qu’il n’y a aucune colère de la part de son invitée. Aucun regard noir, aucun agacement. Au contraire, elle répond de bon coeur et commence par rire au moment où la question lui est posée. Rappelons que Carla Bruni est une habituée des médias, qu’elle y est à l’aise. La prendre au dépourvu relève de la gageure. Aucun piège derrière tout ça.
 
Elle commence par se dire « très étonnée par le peu de confiance que, bien sûr, M. de Villepin, mais aussi visiblement les médias, accordent à la justice française, le peu d’indépendance qu’on lui attribue ».
 
Elle poursuit en affirmant croire « fondamentalement dans l’indépendance de la justice, je crois que nous sommes dans des Etats de droit et je suis stupéfaite par ce genre d’allégations ». Elle s’attarde en prétendant que « les faits sont têtus, vous savez malheureusement » et qu’elle est très « stupéfaite parce ce qu’on dit de politique sur ce procès. C’est un procès pénal, vous comprenez, il s’agit d’une affaire pénale, pas politique ».

Alors, seulement à la fin, après qu’elle se soit bien épanchée sur le sujet, elle conclut en affirmant être « un peu décontenancée d’être prise un peu en otage sur ce thème », que la manière du journaliste est « pas supercourtoise » et qu’enfin, on y vient, elle ne dispose par des « compétences pour commenter cela. Cela ne m’intéresse en rien ».
 
Qu’est-ce que cela aurait été, si elle les avait eues... L’auditeur se l’était déjà demandé au moment où elle avait commencé à s’exprimer sur le sujet.

 

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