Coca´ne : Faut-il soutenir Delarue ?

par Jean Lannes
samedi 18 septembre 2010

Mardi matin, l’animateur Jean-Luc Delarue a été interpellé chez lui dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiants. Au domicile de ce dernier, soupçonné d’être un consommateur régulier, la police a retrouvé 16 grammes de cocaïne.

A la sortie de sa garde à vue, Delarue s’est empressé de rejoindre le tournage de son émission « Toute une histoire », depuis suspendue par la chaîne, afin de pouvoir y présenter ses excuses face caméra.

« Il y a des moments qui sont un peu plus durs dans la vie. Les histoires que je reçois de mes invités, je les prends parfois un peu dans la poire. Parfois, je me protège. (…) Je suis conscient que ce n’est pas bien, que ce n’est pas bien pour la société. Je suis conscient que ce n’est pas bien pour moi même non plus. Je suis en traitement depuis quelques temps déjà. Donc, les choses arrivent dans le désordre si j’ose dire » a-t-il déclaré, l’air ému, avant d’ajouter : « Je vais tout faire pour mériter votre confiance. Je crois en la deuxième chance si vous me la donnez ».

Cette déclaration imprévue a ému quelques observateurs. Parmi eux notamment Julien Courbet qui, sur le plateau de Morandini, a estimé que « maintenant ce qu’il faut c’est l’aider. Si les quantités avancées sont vraies, il faut le sortir de là ».



C’est une évidence. Il ne serait pas très gentleman de souhaiter à l’animateur une descente aux enfers déjà bien entamée. La cocaïne est un cercle vicieux dont il semble bien difficile de sortir. Mais encore fallait-il ne pas commencer. D’autant que ce n’est pas la première fois que Delarue se fait remarquer pour ses débordements.
Mauvais traitements infligés à ses employés – 2005/2006 -, licenciements abusifs supposés en 2006, sans oublier l’alcool qui était à son sujet un secret de polichinelle jusqu’à son numéro mémorable en février 2007 sur un vol long-courrier d’Air France où il s’en était pris au personnel et aux passagers.

Un penchant pour les excès

Alors oui, il faut aider l’homme, bien qu’il se doive à lui seul l’ensemble de ses déboires. Pas sur qu’il s’en plaigne d’ailleurs. Si l’animateur était « en traitement » comme il l’a fait savoir, que faisaient ces 16 grammes de cocaïne, livrés la veille, à son domicile ?

Quoi qu’il en soit, le présentateur doit désormais se reprendre et sortir la tête de l’eau. C’est tout ce qu’on lui souhaite – timidement, mais on lui souhaite… Pour ce qui est de sa présence sur le service public, c’est une autre histoire.

En salissant de plus belle une image qui n’était déjà pas très reluisante, Delarue salit également celle de la chaîne, une chaîne publique qu’il embarque d’avantage dans ses déboires et se servant de sa tribune quotidienne pour s’excuser. Rémy Pflimlin, le président de France Télévision, n’a pas encore tranché. « C’est la question du rapport au public qu’il va falloir gérer. (...) Ce n’est pas un bon exemple du tout » a –t-il estimé au micro de France Bleu Provence avant d’affirmer qu’il ne savait pas si Delarue allait rester sur la chaîne : « Il faut que l’on examine ça, notamment avec lui ».

Delarue rétabli, menant à nouveau une vie saine et épanouie ? C’est tout ce qu’on lui souhaite. Pour envisager son retour sur le service public après cette énième repentance, il n’y a qu’un pas. Un pas déjà franchi par ce dernier – poursuivant le tournage de ses émissions malgré la suspension de diffusion. Rémy Pflimlin en décidera-t-il autrement ? C’est tout le mal qu’on souhaite au PAF. Pauvre PAF… et pauvre ménagère.


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