De l’avenir de la publicité vidéo sur les web tv (2.0)...

par Loadings
mardi 13 février 2007

Avant, la télévision c’était papa, maman et les enfants devant une sorte de boîte grise en train de regarder le film du dimanche soir sur la première chaîne, parce que c’était la chaîne qui se mettait en route lorsque l’on allumait le poste. On a vu passer des concepts, des films, des “tchi tchaaaa”, des émissions de variétés, de rencontres, de retrouvailles, des boyards, du téléshopping, de la télé-réalité, des stars, des paillettes, des millions (qui veut en gagner ?)... le tout porté par un squelette solide et nécessaire : les coupures publicitaires.

La 2e phase vint avec Internet dans le milieu des années 90. Les producteurs de contenus, devenus en même temps diffuseurs, ont mis en ligne sur des sites dédiés des “émissions” dont le principe était calqué sur ceux des programmes télévisuels traditionnels : un présentateur (ou une voix-off), un générique (début/fin) des sujets et de la publicité en billboard... La “révolution” consistait ici à pouvoir retrouver n’importe où, n’importe quand, ces sujets, à pouvoir les mettre en pause, en zapper quelques-uns et... fermer la fenêtre. Pourquoi regarder des contenus identiques à ceux diffusés à la télévision mais de moins bonne qualité ? La technologie (haut-débit) n’étant pas encore au rendez-vous, la bulle éclata et les rêves de convergence, au grand dam d’un certain Jean-Marie Messier, ont quelque peu marqué le pas.

3e phase : Le renouveau. On ne pouvait pas en rester là. Depuis 2004-2005 avec les sites tels que Dailymotion ou Youtube, est apparue la web tv que nous nous risquerons à nommer comme la web tv 2.0 (nous surfons sur la mode ou nous ne surfons pas). Désormais il faut repenser les contenus vidéo : Plus d’émissions, plus de présentateurs, plus de coupures publicitaires... Le principe consiste à considérer les sites de partage de vidéos comme des immenses bases de données et à pouvoir y piocher (tant pis pour les droits d’auteurs) ou diffuser les vidéos que l’on souhaite voir, revoir et montrer à ses amis (virtuels ou non). L’internaute construit ainsi sa propre télévision, consultable partout, tout le temps, composée de mutliples vidéos, le tout en vrac mais... partageable.

Depuis la notion introduite par Tim O’Reilly de “web 2.0″, c’est l’ensemble des médias qui commence à trembler sur ses bases parce que cette notion inclut les notions de partage et surtout d’implication de l’internaute en tant que producteur de contenus (vidéo, textuel, sonore). Ces médias “historiques” sont alors obligés de rentrer dans la danse en invitant les User Generated Content à co-créer.

Alors, tout le monde souhaite avoir sa web tv (2.0) pour ne pas être distancé par les nouveaux acteurs du web et/ou être trop éloigné de leur(s) cible(s). De France 2 qui invite les internautes a envoyer leurs vidéos sur le thème de présidentielles 2007 (billet ici), en passant par la “NS Tv” (la Nicolas Sarkozy TV), ou la Bob Geldof Tv (ici) ou encore la “Arcelor Mittal Tv“, c’est une nouvelle télévision qui voit le jour. L’écran de diffusion n’occupe plus la place la plus importante : la majeure partie de l’espace est occupée par les autres vidéos en miniature que l’internaute peut consulter, preuve de son pouvoir. C’est une télévision segmentée à l’infini (une télévision = un internaute), basée sur un business model publicitaire. Cependant, cette volonté de rejoindre et même de dépasser les envies des internautes pousse les médias à jouer un jeu dangereux : Celui de voir leurs revenus diminuer du fait de publicités devenues “zappables”. En effet, désormais, rien n’oblige un internaute à regarder une publicité sur Internet. Ainsi, le principe de la web tv 2.0 tel que nous le proposons oblige les créatifs à réflechir à des publicités non plus imposées aux téléspectateurs via un canal unique (la télévision), mais à des publicités qui donnent l’envie d’être partagées via Internet et ses “sous-canaux” quasi infinis (blog, myspace, youtube, dailymotion, second life...) changeants du jour au lendemain et ceci au gré des humeurs et des goûts des internautes.

Désormais la télévision, ce sont des internautes qui regardent de la publicité... ou pas.


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