Jean Roucas finira-t-il au būcher ?

par Jean de la Beauce
lundi 23 septembre 2013

Il a osé. A l'instar d'Alain Delon ou de Daniel Guichard il y a plusieurs années un animateur people a franchi le rubicon en apportant son soutien au Front National, parti mis au ban de la société politico-médiatique. Car en France, contrairement à la plupart des autres pays occidentaux, il est difficile et même tabou d'aborder certains sujets sous l'angle "conservateur" : lutte contre la délinquance, peine de mort pour les psychopathes, repression des incivilités... Non, la répression c'est du "fascisme" au pays des droits de l'homme où la prévention et l'éducation sont les réponses à tout... Jean Roucas n'a fait que soutenir Marine Le Pen pour appeler au retour de la civilisation à Marseille, sa ville natale, qui a aujourd'hui la réputation qu'avait Palerme il y a 40 ans. Mais pour les apparatchiks des médias cela est insupportable. 

Et pourtant, comme dirait Aznavour. Citons quelques exemples de pratiques "fascisantes" appliquées avec succès par nos voisins :

- en Espagne, il y a 80000 places de prison pour 47 millions d'habitants (58000 pour 65 millions en France)

- en Allemagne la garde à vue dure six jours quel que soit le délit (mendicité, vol à la tire, insultes envers un policier...)

- en Grande-Bretagne, le port d'une arme blanche (même un couteau suisse) donne automatiquement droit à un an de prison ! (une affiche le rappelait à la gare de Londres-Waterloo, terminus de l'eurostar, il y a quelques années...). Les mineurs délinquants sont incarcérés. La légitime défense reconnue car le "contexte" est retenu dans le droit anglais...

Qui voyage chez nos voisins, en Allemagne et en Espagne notamment, est étonné par le civisme des gens, la bonne tenue des jeunes... en outre il n'y a pas (ou peu) d'émeutes dans les quartiers populaires, que personne ne soutiendrait par ailleurs.

Mais en France tout est différent. Nous sommes au pays des droits de l'homme, à géométrie variable cependant selon les intérêts de l'oligarchie. Tout doit être prévention, car la répression coûterait cher : il faudrait recruter des policiers et des magistrats, construire des prisons... donc autant s'en tenir à des principes "humanistes" moins coûteux. Il est vrai que la bonne bourgeoisie est peu concernée par le problème : voyez le quartier de la porte Dauphine à Paris 16ème ; toutes les rues sont fermées par des grilles avec digicode, il y a des caméras de vidéo-surveillance partout... et la police y est omniprésente. La délinquance chez les pauvres ne concernent pas les riverains de ces endroits privilégiés.

Donc Jean Roucas, que je ne connais que par le "bébéte show" des années 80, a annoncé qu'il voterait pour Marine en 2017, et il ne sera pas le seul français à le faire. Alors les premières sanctions sont tombées, avec l'annulation de la programmation d'un de ses spectacles à Gardanne (13) par le maire communiste du patelin, comme au bon vieux temps des régimes politiques éponymes. Roucas n'est pas le plus à plaindre : il a l'essentiel de sa carrière derrière lui, de l'argent pour acquérir un théatre comme Dieudonné et surtout du répondant. Mais pensons aux petits sympathisants FN. Aux représailles que certains doivent endurer dans leur vie quotidienne : bannis de la vie sociale de leur commune pour certains, harcelés sur leur lieu de travail pour d'autres ou à leur domicile... prôner le retour à l'état de droit et au patriotisme nécessite une force de caractère pour s'engager publiquement. 

Pourtant le FN est loin d'être un parti "facho"... Marine ne fait rien d'autre que du gaullisme. Mais en France il y a des habitudes, des têtes de turcs : tous ceux qui pensent de travers doivent être punis, comme les premiers de la classe dans certaines écoles de banlieue. Pensons à ce carrossier du nord de la France qui a eu sa façade vandalisée par des "antifas" en raison de son engagement au FN, à Steeve Briois adjoint de Marine tabassé un soir à Hénin-Beaumont, à cette wallonne du FN belge de Charleroi dont la maison a été incendiée ! Et combien d'autres actes passés sous silence...

Actes de voyous et/ou "d'antifascistes" de pacotille qui s'en prennent à plus faibles qu'eux. Je ne soutiens plus le FN que je ne considère pas crédible (voir mes précédents articles) mais je comprends ses sympathisants. Nous sommes en démocratie, Roucas a le droit de travailler en paix ; il paie ses împôts en France - ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'artistes "antifascistes" - il a le droit de vote dont il fait ce qu'il veut. Si des gens considèrent ses opinions comme intolérables alors qu'ils lui rendent ses împôts, à lui comme à tous les électeurs frontistes. Il faut être logique. il est à craindre en outre que les milices "antifas" s'attaquent à notre saltimbanque comme elles l'ont fait avec Dieudonné ou l'écrivain Alain Soral... car quand l'arme financière et celle de l'oestracisme ne suffisent pas, le système envoie ses gremlins contre les dissidents... que Dieu protège Jean Roucas !

Violences, loi du plus fort, incivilités, refus de ce qui reste des pouvoirs publics d'intervenir à Marseille comme ailleurs ou incapacité... c'est la médiocrité de la classe politique et son irresponsabilté qui engendrent l'extrémisme... c'est toujours ainsi. Alors avant de harceler les honnêtes gens qui se rebiffent commençons par éradiquer les vrais "fascistes", ceux qui terrorisent les quartiers populaires avec leurs trafics et leurs brutalités.  Le sociologue Noam Chomsky mentionnait dans le profit avant l'homme les bandes de voyous entretenues par les chefs d'états des dictatures latino-américaines pour mettre au pas les quartiers populaires... ce qui se passe chez nous n'est-il pas une illustration de cette théorie ?


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