La télévision leur met des bâtons dans les roues ...

par C’est Nabum
samedi 1er septembre 2012

Le déshonneur de notre service public de l'audiovisuel.

Vidéo :

Après avoir envahi les antennes à longueur de journée, le sport Olympique ne trouve plus de place sur le service public quand il est pratiqué par des corps cabossés. Dans la même logique qui veut que le public des premiers rangs de la moindre émission de divertissement soit choisi en fonction de critères esthétiques non avoués, nos écrans ne pourraient admettre un défilé de fauteuils et de prothèses pour la supposée sauvegarde du moral des troupes regardantes.

Voilà la plus vilaine insulte qui soit à ces sportifs plus méritants encore que les valides, plus anonymes aussi, plus humbles tout autant. Ils n'auront pas accès au direct lors des épreuves des jeux paralympiques. Le service public français après une quinzaine merveilleuse où nous pûmes apprécier l'immense médiocrité des journalistes vedettes et ratiocineurs, tombe plus bas encore en tournant le dos à la jeunesse handicapée et néanmoins sportive !

Je devine le désarroi de ces athlètes qui voyaient dans cette occasion la possibilité de faire une grande opération de promotion et communication en faveur du sport ouvert à TOUS. Mais les règles incontournables de la rentabilité ont eu raison, une fois encore, des principes moraux. Il ne faut pas désespérer le téléspectateur moyen qui court après la richesse, la beauté, la santé, le bonheur. La télévision doit rester cette merveilleuse piste aux étoiles filantes …

Je devine l'abattement des responsables de nos fédérations handisports, des entraîneurs et des adhérents de tous les clubs. Ils vont une fois encore rester dans l'ombre, oubliés d'un grand public qui cette fois était disposé à admirer leurs exploits. Mais la grande et admirable télévision française publique en a décidé autrement. Un petit résumé à 17 heures, cinquante deux minutes par charité audiovisuelle, voilà à quoi ils auront droit.

Chers athlètes, Rassurez-vous, c'est un bonheur que voilà. Vous allez échapper à la pire souffrance qui puisse exister. À l'affront que vous aurez fait les journalistes insipides de cette maison d'exception. Vous n'aurez pas à répondre aux questions déplacées, impudiques, stupides ou parfaitement idiotes du brave Nelson M. Que n'aurait-il pas manqué de vous demander pour faire un mot, une allusion vaseuse dont il a le secret ?

Vous n'aurez pas non plus à voir vos épreuves interrompues parce qu'un people notoire est de passage dans un studio quelconque, pour qu'un présentateur qui place son plaisir et sa vanité au-dessus de toute autre considération sportive se permette de papoter sans se soucier des règles qui prévalent au respect des autres. Gérard ne vous mérite pas, qu'il reste sur son Olympe de broutilles !

Vous n'avez pas besoin de vociférations hystériques de tous les autres pour accompagner vos exploits. Pour vous, le seul dépassement de vos souffrances et de votre handicap suffit à votre bonheur. Les cris délirants de reporters s'étranglant simplement parce qu'un concurrent étranger vient de mordre la poussière vous seraient insultes et marque d'irrespect. Vous avez les valeurs du sport bien plus ancrées en vous que ces pauvres, pauvres marionnettes ridicules.

Vous n'aurez pas non plus le défilé des ministres qui ne se bousculeront pas derrière des caméras qui ne retransmettent aucune image. Ceux-là, qu'importe les gouvernements et les couleurs, ne méritent pas de venir partager votre gloire fugace. Ils se sont si peu souciés de votre sort qu'il n'y a pas de raison qu'ils bénéficient des retombées d'un succès que vous ne devez vraiment à personne.

Gardez-vous de tous ces tristes personnages. Vous avez gagné le respect de tous ceux qui ne pourront voir vos exploits mais qui ne tolèreraient pas qu'ils deviennent une fois encore l'occasion de briller pour tous ces parasites d'une société qui ne vous a jamais donné la place qui vous est due. Notre indignation est la plus grande récompense, vous serez pendant dix jours les vedettes de nos écrans imaginaires, bien loin d'une télévision qui ne cesse de se déshonorer !

 

Handisportivement leur.


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