Le journaliste, cinéaste et écrivain Christophe de Ponfilly est décédé

par Mael Le Hir
lundi 22 mai 2006

Christophe de Ponfilly, né en 1951, était un auteur, réalisateur, producteur et journaliste français. Il a dirigé avec Frédéric Laffont l’agence de presse [Interscoop->http://www.interscoop.com/] et la société de production de longs métrages ALBERT Films. Il s’est donné la mort mardi 16 mai 2006, à l’âge de 55 ans. « Afghanistan. Pays lointain, en guerre, dont tout le monde se fout. Ou presque... » (1)

Il aura été le journaliste témoin du conflit afghan, se rendant clandestinement dans ce pays lors de l’invasion soviétique, en 1980. Il en tire un film : [Une vallée contre un empire->http://www.interscoop.com/cata/vallee.html] (Prix international ONDAS 1983). Le premier d’une longue série qui comptera notamment [Les combattants de l’insolence->http://www.interscoop.com/cata/combattants.html] (Prix Albert Londres 1985 ), [Poussières de guerre->http://www.interscoop.com/cata/pouss.html], [Kaboul au bout du monde->http://www.interscoop.com/cata/kabou.html], etc. Cette série compte également l’un de ses films les plus fameux : [Massoud l’Afgan->http://www.interscoop.com/cata/masso.html] (multi-primé), qui avait contribué à diffuser la voix de la résistance afghane, à travers celle du Commandant Massoud, sur l’ensemble du planisphère.

La directrice générale du [Centre national de la Cinématographie->http://www.cnc.fr/] a d’ailleurs salué dimanche "la force et la constance" de l’engagement Christophe de Ponfilly qui « a permis à tous de découvrir, par l’image et l’écriture, un pays, l’Afghanistan, non seulement en racontant l’histoire meurtrie de cette région, mais surtout en s’attachant à ceux qui en souffrent ou la font, les hommes et les femmes qui y vivent au quotidien ».

L’étoile du soldat

Christophe de Ponfilly venait d’achever son premier de film de fiction pour le cinéma : [L’Etoile du soldat->http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%A9toile_du_soldat]. Ce film, qui doit sortir à l’automne 2006, raconte les mésaventures d’un guitariste russe enrôlé en 1984 dans le chaos de la guerre d’Afghanistan. Ce soldat, emprisonné par les moudjahiddins du commandant Massoud, rencontrera durant sa captivité un musicien afghan et un journaliste français. Vingt-et-un ans plus tard, ce journaliste, enquêtant sur le soutien massif apporté par les Etats-Unis aux islamistes les plus radicaux, revient sur place pour mener des investigations sur l’assassinat du commandant Massoud, quelques jours avant le 11 septembre 2001 (d’après le [synopsis tiré de Allociné->http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109543.html]).

"Une caméra est plus efficace qu’une arme"

Christophe de Ponfilly, quel qu’ait été le pays dans lequel il s’est trouvé, a toujours été un témoin se servant de sa caméra pour faire connaître des combats. « Personnellement, je pense qu’une caméra peut être une arme bien plus efficace qu’une kalachnikov. Et j’ai trop horreur des armes et de ce qu’elles font subir aux hommes pour avoir la tentation de vouloir en saisir une », affirmait-il dans un [chat->http://cinema.telerama.fr/edito.asp?art_airs=WEB1002378] récemment organisé par Télérama.

Salut, Christophe.

(1) Ainsi commence le film Massoud l’Afghan. Le livre est disponible dans la collection Folio (No 3733).


Lire l'article complet, et les commentaires