Les médias, les Bleus, le bouc émissaire et le vilain canard

par François Collette
lundi 21 juin 2010

Je ne suis pas vraiment fan de foot mais, forcément, je vois, je lis, j’écoute les médias où le Mondial - une « aliénation planétaire » comme l’a titré Le Monde - y est omniprésent jusqu’à saturation. En France, c’est la dérive des Bleus qui fait dériver la presse, une dérive qui n’est jamais que l’aboutissement d’une mort lente et annoncée. Alors, on y va, on flingue, on tire sur tout ce qui bouge pour alimenter ce que le bon peuple attend : la curée. 

Le foot est bien l’opium du peuple et ses dealers le démontrent à suffisance 

Le raffut médiatique après ce qui s’est passé à la mi-temps du match des Bleus contre le Mexique me laisse pantois. Après le bouc émissaire Domenech, voici le mouton noir vilain canard Anelka. A qui le tour ? Jean-Pierre Escalettes ? 

Les propos obscènes et calamiteux qui ont été proférés par le vilain Nicolas – v.t.f.e.f.d.p. - font partie de la panoplie des gros mots pas du tout raffinés des vilains garnements qui ont la colère à fleur de peau. Tout manque de respect envers une personne est évidemment inacceptable, mais la formule désormais célèbre d’Anelka est-elle plus grave que le célèbre « casse-toi, pauvre con » d’un autre Nicolas ? Anelka est un enfant gâté comme tous ses coéquipiers. Les « grands » joueurs de foot sont tous des enfants gâtés et il faut se faire à leurs caprices de star. Avouons-le, tout ça n’est qu’une tempête dans un verre d’eau mais une tempête qui fait du bien à la presse qui en a tant besoin. 

Le comble du surréalisme a été atteint lors de la fameuse conférence de presse réunissant le patron de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, et le délégué syndical d’Anelka, Patrice Evra. La langue de bois de la fédération, totalement débordée par la tournure médiatique de « l’affaire », associée à la diatribe du capitaine Evra. Le courageux capitaine, sous l’œil bienveillant et compatissant du président, n’a rien trouvé de mieux à dire que le plus grave n’était pas les mots et la hargne de son pote envers Domenech, le plus grave c’était qu’il y avait un traître dans les vestiaires. Monsieur le président de la fédération n’a pas bronché, lui qui avait pourtant sauvé la tête et la carrière de monsieur Raymond après le piteux fiasco de l’Euro 2008. 

Dans la foulée de ce qui n’est finalement qu’un épiphénomène sociétal bien de notre temps (et auquel Nicolas Sarkozy n’a pu s’empêcher d’apporter sa contribution médiatique), une question éminemment essentielle se pose : mais où est passée Rama Yade ?

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Photo empruntée au Monde.fr : AP/FRANCOIS MORI


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