M6 censure pour couvrir la Franšaise des jeux

par gaŰl
lundi 20 février 2006

8 minutes ont disparu dans la diffusion d’un sujet de « Capital ». Le commentaire a été réécrit et réenregistré la veille de la diffusion, sans en prévenir le journaliste responsable du reportage. Il semblerait que la Française des jeux n’ait pas du tout apprécié le contenu de ces 8 minutes...

Qui n’a jamais acheté un ticket à gratter ? Qui n’a jamais rêvé de gagner au Loto ?

Depuis longtemps, la Française des jeux est la grande détentrice de nos rêves et de nos illusions. La folie du grattage, sans cesse alimenté par l’apparition de nouveaux jeux, ne laisse pas de repos à nos doigts.

Dernièrement, une équipe de journalistes travaillant pour la chaîne M6 a mené une enquête de plusieurs mois sur ces « rêves à gratter ». Le reportage, long de 28 minutes dans sa version originale, fut diffusé le 5 février dans l’émission « Capital », sous le titre : « Loto, la grande saga des jeux de grattage ».

Le soir de la diffusion, quelle ne fut pas la surprise du journaliste qui avait mené l’enquête de voir son sujet complètement remanié ! En effet, 8 minutes de reportage avaient disparu, « les huit minutes les plus embarrassantes pour la Française des jeux ». Ces 8 minutes ont été enlevées la veille de la diffusion par le directeur de l’information, qui a même réécrit le commentaire sans en prévenir le journaliste qui avait réalisé le sujet. Un journaliste du « 6 minutes » fut appelé en urgence pour réenregistrer le commentaire. Bien entendu, il ne saura pas pourquoi le journaliste responsable de l’enquête n’enregistrait pas lui-même le commentaire.

Ces 8 minutes contenaient des révélations sur la façon dont la Française des jeux répartit les gains. On apprenait aussi que dans certains jeux de grattage, il n’y avait qu’un seul billet gagnant par rouleau.

Ainsi, on n’entendra pas parler non plus de l’action judiciaire pour « tricherie », qu’un certain M. Riblet a engagée contre la Française des jeux.

La société des journalistes de M6 conclut donc dans un communiqué que « la censure visait notoirement à préserver les intérêts de la Française des jeux », en rappelant que la Française des jeux est le quatorzième annonceur publicitaire de M6, avec 56 millions d’euros en 2005.

Il s’agirait d’un niveau de censure encore jamais atteint, ce qui amène les journalistes des rédactions des différentes émissions/reportages de M6, telles que « Capital », « Zone interdite », « Secrets d’actualité », « 6 minutes », « Ma vie aux ... », à s’inquiéter de l’exercice du métier de journaliste sur cette chaîne.

M. Riblet et son avocat, Me Gilbert Collard, ont saisi, par lettre recommandée en date du lundi 6 février, le CSA. Ils demandent de « diligenter une enquête » sur la façon dont les chaînes M6 et Canal+ ont réécrit ou déprogrammé leurs émissions.

L’avocat et son client attendent désormais une réponse du CSA, mais le Conseil supérieur de l’audiovisuel est-il vraiment habilité à régler une affaire de politique interne des chaînes ?


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