Philippe Verdier, « Monsieur Météo » de France 2, licencié : la liberté d’expression bafouée

par Giuseppe di Bella
lundi 2 novembre 2015


Dans une courte vidéo postée ce samedi sur le web, Philippe Verdier, journaliste, présentateur et chef du service météo de France 2, annonce qu'il a été licencié par la chaîne du service public qui l'employait depuis 2011. Son livre « Climat Investigation » (publié aux éditions Ring, il y a un mois) n'a pas du tout plu à la direction de France Télévisions, à un moment où notre pays s'apprête à accueillir la COP21, la 21e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques. A grand renfort de publicité et de communications médiatiques disproportionnées. Ad nauseam, pourrait-on même dire...

Considéré comme un « climatosceptique » (voire même un « climatosceptique complotiste »), Philippe Verdier – titulaire d'un master II en Développement Durable et auteur d'un mémoire sur le thème du changement climatique et du rôle des médias – n'est pas qu'un simple présentateur météo qui se borne à lire un prompteur. C'est un homme qui a une parfaite connaissance des sujets qu'il aborde dans son livre. Même si les conclusions qu'il tire sont sujettes à caution. Mais qui, dans le domaine très complexe du réchauffement climatique, peut prétendre détenir la vérité absolue ? Personne.

Dans le trailer officiel de son livre – considéré comme un brûlot de nombreux scientifiques et journalistes – Philippe Verdier donne le ton : « Nous sommes otages d’un scandale planétaire sur le réchauffement climatique, une machine de guerre destinée à nous maintenir dans la peur. A la base, il y a les scientifiques manipulés, politisés, de la corruption, des scandales sexuels puis des politiques qui ne servent que leur image et leur soif de pouvoir, des médias aveuglés qui s’emballent et censurent sous la pression de leurs actionnaires (…), des ONG mercantiles et des religions en quête de nouveaux credo. » Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) est la principale cible de ses attaques.

Philippe Verdier ne s'arrête pas en si bon chemin. Il adresse une lettre ouverte cinglante au chef de l'Etat, François Hollande  : « Je peine à percevoir dans vos paroles la sincérité, l'intention d'agir pleinement pour l'environnement de manière posée et constructive. Entre vos mains, le climat n'est qu'une fiche parmi toutes les autres [...] Dans deux mois, la France accueille la COP21, conférence des Nations unies sur le climat. Vos services de stratégie vous ont informé qu'elle ne servira à rien comme les vingt précédentes. Alors pourquoi continuer à feindre un sauvetage de la planète ? interroge-t-il. Vous, président de la République, ne pouvez pas cautionner les scientifiques ultra-politisés du GIEC, les lobbies d'entreprises, les ONG environnementales, ni les chefs religieux autoproclamés nouveaux apôtres du climat. » Et pour un journaliste du service public, c'est assez culotté. Serait-ce la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ? Certainement.

Philippe Verdier licencié, c'est la liberté d'expression qui est bafouée et piétinée, un danger pour notre démocratie. Peu importe la qualité de son livre Il avait un « devoir de réserve » en tant que journaliste du service public ? Et alors, cela l'empêcherait-il d'écrire ce qu'il veut, même si cela doit fortement déplaire au pouvoir ? L'époque de l'ORTF n'est-elle pas révolue ? Il semblerait que non. 

En janvier dernier, après les tragiques attentats de « Charlie Hebdo », des millions de personnes descendaient dans les rues, le chef de l'Etat en tête (accompagné de dirigeants étrangers dont la présence, pour certains, était très discutable), pour la défendre bec et ongles. Ceux qui nous gouvernent l'auraient-ils oublié, quelques mois plus tard ? Quelle mascarade ! 


Lire l'article complet, et les commentaires