Sahel-terrorisme : le journal « Le Monde » fait dire un chef d’Etat ce qu’il n’a pas dit...

par vlane
samedi 18 février 2012

La fameuse phrase qui a fait le tour de la sous-région a été délestée d’un mot important diplomatiquement sans lequel la phrase devient une provocation sans équivoque envers le Mali.

Pour titre de l’article, le Monde, par Isabelle Mandraud, envoyée spéciale à Ouadane, laisse écrire « Le nord du Mali est une zone laissée libre pour le terrorisme » comme s’il s’agissait là d’une phrase de Mohamed Ould Abdel Aziz or ce dernier n’a jamais dit ça en ces termes…

En lisant l’article, on découvre la phrase entière qui comporte un mot important diplomatiquement qui tempère ladite fausse phrase mise en titre frauduleux par le journal Le Monde. Ce mot, c’est « pratiquement.. » or chaque mot compte. Voici la vraie phrase prononcée par Aziz « Le nord du Mali est une zone pratiquement laissée pour compte et libre pour le terrorisme ». Ce n’est pas la même chose que « le nord du Mali est zone laissée libre pour le terrorisme ». La nuance est de taille et un grand journal comme le monde devrait avoir des journalistes suffisamment professionnelles pour éviter de verser dans le trafic de propos surtout quand il s’agit d’un sujet si sensible expliqué par un chef d’état très impliqué dans le dossier et voisin du Mali ; partenaire important.
 
Vu ce qui se passe au nord Mali, qui peut dire que la zone n’est pas pratiquement aux mains de ceux que Abdel Aziz appelle les terroristes ? L’armée malienne fait ce qu’elle peut mais pratiquement en vain… Le pratiquement est très important, il a été retiré des mots du président pour mettre en titre une phrase frauduleuse qui a été reprise telle quelle par toute la presse africaine et même au-delà ; de sorte que même celles et ceux qui n’ont pas lu l’article pensent qu’Aziz a dit que « le nord mali est une zone laissée libre pour le terrorisme » ; ce qu’il n’a jamais dit en l'état.
 
Bilan, la coordination de l’opposition se fend d’un communiqué accusant le chef de l’état de tenir des propos dangereux pour la qualité de notre diplomatie et ses rapports avec nos précieux voisins.
 
Tout cela n’est pas sérieux comme il n’est pas sérieux non plus qu’il faille attendre un citoyen lambda pour faire la remarque !

http://www.cridem.org/C_Info.php?article=625937


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