Yahoo : profil bas pour hauts profits !

par Laurent Monserrat
vendredi 16 novembre 2007

Le business n’a d’yeux que pour que les chiffres surtout s’ils tournent en faveur des dividendes. Alors Yahoo peut dénoncer un journaliste chinois et participer à son inculpation pour dix ans de prison ; tant que l’entreprise poursuit ses objectifs commerciaux, tout va pour le mieux. Il faut reconnaître que la collaboration rapporte dans la mesure où elle contribue à l’ouverture de marchés à valeur exponentielle.

Malheureusement pour la firme américaine, la condamnation de ce journaliste chinois a vite fait le tour du monde, au point même que Yahoo s’est trouvé dans l’obligation de répondre aux accusations de « collaboration avec un régime répressif ».

Pendant plusieurs mois, Jerry Yang, le directeur exécutif de Yahoo et Michael Callahan, son directeur juridique ont tenté de se disculper. Mais l’enquête menée par le Congrès américain a confirmé qu’ils étaient bel et bien au courant des intentions des autorités chinoises, au moment où ils ont transmis à la police, l’identité du journaliste Shi Tao.

Accusé de « lâcheté », « d’irresponsabilité », Yahoo s’est vu indiquer par des parlementaires outrés, la nécessité de venir au moins en aide financièrement à la famille du journaliste chinois. Un moindre mal pour l’entreprise prospère !

La décision des parlementaires américains n’a ni la teneur ni la portée d’une décision de justice. En ce sens, Yahoo se sort plutôt bien de cette affaire de « collaboration ». Au pire, la condamnation de ce journaliste ne sera qu’une mauvaise pub pour le géant qui se frotte les mains au regard des milliards de bénéfices que le marché chinois représente. Quant à Shi Tao, il devra se satisfaire de centaines de dollars offerts à sa famille durant ses dix ans d’emprisonnement.

Dans l’univers des nouvelles technologies, Yahoo est loin d’être seul à participer avec autant zèle au régime de Hu Jintao et à profiter de la main-d’œuvre exploitée et exploitable. D’ailleurs on voit mal la Maison-Blanche sanctionnant ces multinationales peu scrupuleuses, dans la mesure où toutes les firmes produisent leurs composants en Asie et convoitent ce paradis libéral où les droits de l’Homme sont quotidiennement bafoués.


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